Confessions et polaroids

Petite confession, une semaine après l’ouverture de ce blog : je ne suis plus de gauche.

Non pas pour autant que j’ai « glissé à droite » (bien que j’affectionne cette expression, qui n’est pas sans évoquer les interminables heures de curling qui nous attendent le mois prochain). En fait, et pour tout dire, j’ai toujours ressenti le plus profond mépris pour la majorité des idéologies classées à droite, et particulièrement pour le versant « pétainiste » des dites idéologies : le culte sénile du terroir, la culture française (oui oui, celle de Stendhal, de David et de Racine) réduite au cul de la vache et au marché-du-sud-ouest, tout cela ne provoque en moi que rire ou accès de bile, selon mon humeur. D’où le mépris total que j’ai pu éprouver pour un Chirac, par exemple (dont, soit dit en passant, seules les « affaires » ont pu attirer ma sympathie).

J’éprouve tout juste moins de mépris pour le versant cocardier de la droite : ce spectre des vrais-et-purs-patriotes qui se croient en droit de monopoliser le patriotisme – les Français étant de toute évidence trop bêtes pour qu’on puisse risquer de leur en laisser le libre usage-, d’en user comme bon leur semble et, chose plus comique encore, de décerner à chacun des brevets de bonne conduite patriotique.


Bien entendu, être un vrai-et-pur-patriote impose de respecter des règles de base :

– critiquer autant que possible le libéralisme, parce que le libéralisme, c’est le mal. En plus, le libéralisme, c’est anglo-saxon.

-critiquer autant que possible le « modèle britannique ». Prendre soin de mettre des guillemets à « modèle britannique », afin de bien montrer que les libéraux anglo-saxons ne vous la font pas, à vous. Si vous ne savez pas ce qu’est le « modèle britannique » et que quelqu’un demande ce qu’est le « modèle britannique » dont vous parlez, répondre : « ah, vous aussi, vous ne vous êtes pas laissé berner par ce prétendu « modèle britannique »! »

– critiquer autant que possible les Etats-Unis. Lors d’une discussion sur le dit-sujet, placer au moins une fois les mots suivants : impérialisme, cinéma commercial, Israël, Mac Donald, guerre, inculte, Georges Bush.

– avoir le torse gonflé et les larmes aux yeux lorsque vous évoquez l’épopée napoléonienne. Eviter cependant de la fêter en public, et vanter officiellement l’histoire anglaise : les anglo-saxons préfèrent, vous comprenez

Après les cuistres des brevets de patriotisme vient la droite « force de vente ». Ne sachant pas vraiment faire la différence entre les thèses d’Adam Smith et celles de Michel Edouard Leclerc, croyant dur comme fer que déjà en son époque, Napoléon devait lutter contre la racaille,  l’immigration et le réchauffement climatique, cette droite est à ce point inconséquente qu’elle en deviendrait presque sympathique.

Les représentants de cette droite pensent sincèrement que l’ère des idéologies est morte. Et c’est tant mieux, parce qu’une idéologie, c’est soit communiste, soit fasciste. Or, le fascisme, c’est mal. Presque autant que le communisme. Maintenant que les archaïsmes idéologiques sont morts, on peut enfin gouverner de manière pragmatique, c’est à dire de manière moderne, comme a su le faire avec un talent non discutable Jean Pierre Raffarin. Qu’est-ce que gouverner de manière moderne, te demanderas-tu, cher lecteur? C’est simple : tu vois l’épicerie de tonton Jacob? Eh bien, un Etat, c’est pareil.

Logiquement, la droite force de vente croit au destin présidentiel irrésistible de Xavier Bertrand et/ou de Jean François Coppé.

Si vous avez lu ce grand classique qu’est le livre de René Rémond sur Les droites en France, vous retrouverez dans cette brève description politique du temps présent les formes dégénérées de ces trois socles idéologiques de la droite française que furent les ailes conservatrice, bonapartiste et libérale. Et que sont devenus les véritables représentants de ces ailes politiques, me demanderez-vous? Certainement dissous dans la grande foire à la modernité qu’est devenue la droite dans ce pays, à l’image de la droite italienne (mais sans l’aspect mafieux qui lui donnerait, à la limite, un certain intérêt).

J’ai bien envie de terminer cet article sans parler de Sarkozy. D’abord parce qu’il ne m’intéresse pas. Ensuite, parce que j’aurai très bientôt l’occasion d’en parler dans un article consacré au futur opéra-comique dans lequel il se verra interrogé par Jean Pierre Pernod et son panel de vrais gens.

En attendant, chers lecteurs, je vous souhaite un bon dimanche!

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