Archive for avril 2010

Lâcheté des Américains…

avril 29, 2010

… cela n’arriverait jamais de ce côté-ci de l’Atlantique, où nos meilleurs dessinateurs ont le courage de représenter Benoît XVI en pédophile ou en nazi!

Des îles dans le ciel

avril 25, 2010

Source : Image Science and Analysis Laboratory, NASA-Johnson Space Center.

L’Espagne, la vérité, la politique

avril 24, 2010

Actualité européenne aujourd’hui, avec l’affaire du juge Garzon.

Ce juge espagnol s’est rendu célèbre dans le passé pour la mise en accusation de l’ancien dictateur chilien Augusto Pinochet, accusation qui s’est achevée de manière particulièrement grand-guignolesque après avoir suscité nombre d’espoirs.

Or, voilà qu’après les fantômes de Pinochet, Garzon s’est attaqué à ceux de Francisco Franco, ancien « caudillo » de l’Espagne de 1939 à 1975, entré dans l’histoire bien plus par la guerre civile (1936-1939) qui suit sa tentative de coup d’Etat du 17 juillet 1936 que pour le régime dictatorial et ultraconservateur qu’il mit en place après sa victoire. Le projet de Baltasar Garzon consiste à obtenir réparation des crimes franquistes pour ses victimes, à l’aide tant des archives que des charniers franquistes qu’il entend faire ressortir au grand jour.

Mais Baltasar Garzon, en éclairant les charniers à la lumière du jour et de la vérité, déterre en même temps une mémoire enfouie sous une loi d’amnistie datant du retour à la démocratie. Les plaies qu’il met à jour ravivent les clivages de la société espagnole, et conduisent logiquement ses adversaires à l’accuser de mener une affaire plus politique que judiciaire. Ainsi le juge se retrouve-t-il suspendu de ses fonctions, dans l’attente d’un procès pour excès de pouvoir (prévarication) mené par des associations de droite et d’extrême droite qui l’accusent de ne pas respecter la loi d’amnistie conclue trente ans plus tôt…

Les arguments de la gauche espagnole (qui défend le juge) sont axés sur le bien en soi de l’oeuvre judiciaire : en ouvrant les fosses communes, Garzon entend donner des noms aux (dizaines de) milliers d’anonymes enterrés là et restituer leur dignité aux familles des disparus. Se faisant, il confronte le pays a une vérité que la loi d’amnistie de 1977 entendait enfouir pour l’éternité : oui, l’Espagne fut bien soumise 40 ans durant à la tyrannie de quelques militaires, et c’est tout à l’honneur de la démocratie espagnole que de vouloir redonner une dignité à ceux qui se sont battus pour elle durant la guerre civile, en attaquant ceux qui l’ont combattue.

L’argumentaire de la droite (le clivage gauche/droite paraît absolu dans cette affaire) est axé sur la dimension politique de l’affaire : en déterrant les cadavres du passé, Garzon conduit l’Espagne à retrouver les vieux démons de la guerre civile, ce qui, loin de conduire à un élargissement de la démocratie, risque au contraire de la miner de l’intérieur sous les assauts de minorités vindicatives se parant du pur manteau de la justice pour mener en réalité un combat bassement politicien dont tous les Espagnols sortiront perdants.

Cette affaire est passionnante à plusieurs titres : d’abord, en ce qu’elle permet de mesurer l’importance de la mémoire pour la présent d’une nation (oui, l’identité nationale existe, et elle est adossée à un passé dont l’interprétation peut être réconciliatrice ou discordante). Ensuite, en ce qu’elle montre, encore une fois, que la vérité n’est pas forcément un bien. Et que la justice ne peut se faire à tout prix. S’il est bon qu’une nation se confronte aux errements de son passé, cela ne peut se faire au détriment de sa cohérence présente. Est-ce une bonne chose de confronter une nation à la vérité si cela doit la conduire à la discorde, voire à la guerre civile?

Le juge Garzon, dans sa recherche effrénée d’une justice universelle, n’obéit-il pas à une quête de pureté morale qui lui a -ironie du sort- fait perdre tout sens de la justice en tant que recherche de l’harmonie et de la meilleure voie pour la réconciliation?

En fait, la question centrale que pose cette affaire est le statut de la vérité dans la construction d’un collectif (qu’il soit d’ailleurs une nation, un parti politique ou une association quelconque). Dans quelle mesure l’harmonie collective nécessitera-t-elle un mensonge pour perdurer? Dans quelle mesure ces mensonges entravent-ils notre évolution et nous poussent-ils à accepter une part de vérité supplémentaire?Les exemples historiques sont en cela aussi divers que variés. D’un extrême à l’autre, nous retrouvons la négation pure et simple de l’extermination amérindienne par la mémoire américaine et la pleine intégration du génocide des juifs d’Europe par la mémoire allemande, l’une et l’autre attitude ayant pour trait commun d’être pleinement assumée et revendiquée par les deux peuples. Entre les deux, nous retrouvons tout le panel possible, de la réconciliation dans la vérité sud-africaine de 1994 à la reconnaissance progressive par la France des crimes de Vichy. Dans ce panel d’attitudes possibles, les Espagnols doivent trouver celle qui leur permette le meilleur vivre-ensemble possible. D’ici là, les questions resteront posées.

Avec pour seule réponse l’éternelle prééminence du politique sur le judiciaire, n’en déplaise aux fanatiques de la Vérité comme absolu.

Tout ce qui brille

avril 22, 2010

Après un long silence, me voici donc de retour!

Un retour dignement fêté par le cri d’amour que je m’en vais lancer -printemps oblige- envers une véritable bombe miraculeusement tombée au beau milieu du marais barométrique de notre cinéma national en ce début de printemps. Tout ce qui brille, car c’est là son titre, conte l’histoire de deux amies, Eli (Géraldine Nakache) et Lila (Leila Bekti) qui rêvent de s’évader de leur banlieue-bouygues riante de Puteaux à la recherche des lumières de Paris. De brillantes réussites en cuisants échecs et de mensonges en mensonges, les deux amies vont réussir à se faire une place dans le monde des appartements huppés de Neuilly dans lequel elles rencontreront la lumière chaude mais ambiguë de (la meilleure actrice de la galaxie) Virginie Ledoyen, impériale en dame de la haute (comme en tout, me ferez-vous remarquer).

Bien entendu, cette chaude lumière de la haute société n’ira pas sans brûler les ailes de nos deux banlieusardes, dont l’amitié sera mise à rude épreuve par la ruse, l’ambition, la vanité et quantité d’autres produits fournis par la belle société parisienne, mais sortira finalement renforcée de cette épreuve. Centré sur cette amitié féminine, le film a pu facilement être présenté comme un « film de filles », et je fus témoin du public apparemment visé par la communication et les critiques lors de chacune de mes séances, pour mon plus grand malheur lors de la première (pisseuses de 15 ans et pseudo-racailles -que peut-il y avoir de pire en ce bas-monde que des filles-pseudo-racailles?), mais pour mon plus grand bonheur lors de la seconde, il est vrai plus tardive (public quasi exclusivement féminin, moyenne d’âge 25 ans). Oui, cher lectorat féminin, ceci était un message principalement destiné au lectorat masculin de l’Eve Future, mais, à la guerre comme à la guerre, il s’agit de le convaincre, le bougre!

Pourtant, me répondras-tu, cher lectorat féminin, il y a un moyen bien plus simple de convaincre le public latent : la qualité du film. Ou plutôt ses multiples qualités, à commencer par une mise en scène tout simplement parfaite, et qui évite les écueils du cinéma français, qui ne cessent de me maintenir éloigné des productions de notre cinéma hexagonal.

Premier écueil : le film français parle. Sans cesse, à toutes les sauces, sans ne jamais rien signifier. Mais pire encore que le film qui parle dans le vide, le film qui parle pour faire avancer l’intrigue. S’opposant à toute logique cinématographique, combien de réalisateurs français déroulent leur intrigue non par le langage de l’image, mais par la parole de personnages ainsi théâtralisés. Ce drame du « théâtre filmé » qui n’est jamais bien loin dans les films français, Géraldine Nakache (qui est aussi la réalisatrice du film) l’évite à peu près totalement. Tout au contraire, les paroles très banales échangées par les amies acquièrent une signification profonde (milieu social, niveau culturel, humour sous-jacent) qui participe à l’ambiance et au ton du film sans jamais constituer le seul médiateur d’une intrigue avant tout servie par des procédés cinématographiques.

Second écueil : le film français n’aime pas la ville. S’il est obligé de filmer la ville (parce qu’il traite des problèmes de personnalité de Charles-Edouard, enfant parisien délaissé par un père diplomate et dont une mère cinéaste a acheté l’amour à coups de voyages au Japon et de Ferrari), le metteur en scène fera tout son possible pour ne pas livrer de plan large ou toute autre horreur qui pourrait mettre en valeur l’environnement urbain, voire -hérésie!- laisser penser que le personnage puisse constituer un révélateur de cet environnement. Il rendra aussi une photographie aussi terne que possible, de manière à suggérer la laideur intrinsèque de la ville pollueuse et dévoreuse de vies, à moins que ce ne soit pour restituer les vraies couleurs de la vraie vie de la vraie ville qu’on connaît tous. Rien de tel dans Tout ce qui brille : Paris y est filmée dans toute son ampleur. Non pas le Paris du VIème arrondissement, mais le Grand Paris, celui de Neuilly, de la Défense, de Puteaux comme des vingt arrondissements. D’ailleurs, tout le film souligne l’immensité, que ce soit celle, géographique, de la ville, ou celle, symbolique, des tours d’habitation de Puteaux. Tous les éléments symboliques de la ségrégation urbaine sont en place, sans qu’il ne soit jamais nécessaire de les nommer. La photographie est quant à elle particulièrement bien léchée. Et particulièrement discriminante : aux couleurs chaudes de Paris la nocturne s’oppose le terne et le grisé de Puteaux, l’ennuyeuse, la diurne. la réalisatrice ne cherche pas à tromper le spectateur, et c’est là un premier coup de canif dans notre molle conscience nationale : non, la banlieue ne brille pas et ne brillera jamais. Non, la banlieue n’est pas non plus l’endroit d’où sortiront les génies de demain. Juste un lieu quelconque, sans identité, sans goût, dans lequel il est bien difficile de projeter ses ambitions et sa volonté à 20 ans. Au contraire de Paris.

Troisième écueil : le film français n’aime pas la réalité. La réalité, vous comprenez, c’est plein de choses qui dérangent, voire pire, qui risquent d’interpeler le spectateur. Dès lors deux solutions : ou congédier la réalité (la tendance Eric Rohmer), ou l’enfermer dans un carcan suffisamment étroit pour qu’elle n’acquière pas de dimension au-delà de l’anecdotique (l’ensemble des « comédies françaises ») ou du militant pour public conquis d’avance (Chabrol). Dès lors, il est bien difficile pour le cinéma français d’enrichir un imaginaire dont il se coupe plus ou moins sciemment. Encore une fois, Tout ce qui brille explose joyeusement cette donnée et plonge directement au coeur de ce monde que nous subissons chaque jour sans que notre imaginaire bridé et sclérosé soit jamais en mesure de le saisir.

Un exemple : l’achat d’une paire de chaussures de luxe. Nos deux banlieusardes sont évidemment sans le sou. Alors qu’elles sont sur l’esplanade de la Défense, les voilà abordées par deux enfants, l’un noir, l’autre blanc, appelant dans un discours gentiment formaté à acheter quelques breloques pour que l’argent soit reversé aux habitants pauvres de Haïti. Ne s’en laissant pas compter, Eli et Lila rejettent sans ménagement les deux pauvres enfants et s’emparent de leurs t-shirts, tracts et autres breloques qu’elles s’empressent de revendre aux passants en usant à merveille de la corde misérabiliste, et réussissent ainsi à amasser une somme honteuse qu’elles dépensent immédiatement dans l’achat… de la luxueuse paire de chaussure qui leur manquait pour briller -du moins le croient-elles- dans les soirées mondaines. L’inscription « misericorde » figurant sur le survêtement de Lila ne fait que renforcer l’ironie de la scène et le message extrêmement violent qu’elle renferme : à trop chercher le bien dans la culpabilité et la vérité dans la misère, la société française – et tout particulièrement la gauche française- se condamne à succomber au charme du premier marchand du temple venu, pour peu qu’il sache correctement jouer de la corde culpabilisatrice et misérabiliste, tout aussi sûrement que les sociétés en proie aux délires nationalistes s’exposaient à succomber aux charmes du premier duce venu…

Le message est dur et il porte loin, pour peu qu’on veuille bien dresser l’oreille, mais il est servi par la mise en scène toute en légèreté qui nous fait passer ce coup de couteau dans le réel sous l’angle de l’humour noir. Point de paroles inutiles ici, juste une mise en scène, un éclairage, une musique. Et une scène tout bonnement drolatique (même si la salle riait jaune, pour le coup).

Mais le principal intérêt de Tout ce qui brille -comme, certainement, de toute bonne comédie- réside dans la dissection de la société qu’il opère. Une société que l’ascension mondaine d’Eli et Lila nous permettra de traverser de part en part.

Tout commende donc avec le désir des deux banlieusardes d’accéder aux soirées huppées de Paris. Les voilà donc parties de leur morne banlieue-bouygues, revêtues de ce qu’elles pensent être leurs plus beaux atours et prêtes à rejoindre la flamboyante capitale. Bien entendu, elles se voient refoulées de soirées en soirées. Parce que tout signale leur origine géographique : leurs tics d’expression, leur tenue, leur démarche. Parce qu’elles n’ont pas d’invitation, pas de connaissances, pas de réseau. Parce qu’elles sont hors du cercle.

Dès lors, que faire? Contacter la Halde et le MRAP afin de faire pièce à l’ignoble discrimination dont sont victimes les deux femmes? Insulter les videurs des soirées branchées dans un dernier dépit de « haine de banlieue »? Que nenni, bien loin des pulsions de morts de notre identité nationale, nos deux banlieusardes réagissent… par la ruse. Se faufilant dans une arrière-cour, jouant du coude, volant une invitation par-ci, une place par-là, tapant la discussion à de parfaits inconnus devenus des amis de 20 ans l’espace de quelques secondes, disséquant chacun des tics, chacune des manières de cette société inconnue en entomologiste de la réussite mondaine, Lila avance telle une reine, conquérante et carnassière, dans un milieu qu’elle s’approprie instantanément, allant jusqu’à jeter son dévolu sur une proie masculine de cette haute société qu’elle veut intégrer de force.

Mais c’est pourtant Eli, la plus modeste des deux, qui réussit à pénétrer le cercle en premier. En défendant de jeunes femmes de la haute société victimes d’un voleur à la tire, elle fait la connaissance d’Agathe -alias Virginie Ledoyen. Montée dans le luxueux appartement de la jeune bourgeoise, elle découvre cet autre monde entre émerveillement et exotisme.

Or, derrière les strass et les paires de chaussures hors de prix se dissimule le côté sombre de cette haute société parisienne magistralement incarnée par Virginie Ledoyen. Son personnage réellement empathique évolue vers une cruauté délicate mais affirmée au fur et à mesure que se déroule l’intrigue. C’est que la bourgeoise Agathe remarque bien vite la fausseté des deux banlieusardes, et ne tarde pas à leur faire remarquer -certes avec diplomatie- l’illégitimité de leur place.

Rien n’est plus révélateur de ce jeu magistral que la scène durant laquelle elle discute brièvement avec Eli avant de la regarder silencieusement, avec malice, comme pour jauger de son appartenance au cercle. Les codes d’Eli, sa tenue, son registre de langage d’autant plus révélateur qu’il se voudrait soutenu sans y parvenir, tout éclate aux yeux d’Agathe -comme à ceux du spectateur, d’où le comique de la situation- comme la marque de l’altérité d’Eli. Dès lors, ne restera plus pour la banlieusarde qu’à trouver sa juste place dans ce milieu qui n’est pas le sien et ne le sera jamais : de porte-manteau en baby-sitter, elle découvrira la cruauté de toucher une vie rêvée dont elle restera éternellement séparée par la frontière glacée des mille codes sociaux d’autant plus inaccessibles qu’ils sont implicites, et qu’elle ne peut donc les acquérir…

Et c’est dans cette constatation sociologique que réside toute la finesse du film : Agathe n’est pas moralement coupable. Elle ne fait qu’obéir à des codes sociaux qui sont pour elle implicites et évidents. En réagissant avec délicatesse et tact, puis avec virulence à l’entrisme agressif de Lila, elle ne fait que tracer les frontières existant entre deux cercles de la société qui interagissent sans pour autant se rencontrer (voir le personnage de Carole -Audrey Lamy). Ni bien, ni mal : chaque personnage est habité de son rôle social et de la position -du statut- qu’il entend occuper dans le monde parisien. Chacun agit envers l’autre selon la grille de l’honneur (tenir son rang) et de la honte. Ainsi, déclarer vivre à Puteaux est une déchéance, au même titre que le noble était déchu s’il travaillait sous l’Ancien Régime. Et c’est l’attachement fanatique à ce rôle social qui conduit Lila à la déchéance et la réduit à l’humiliation personnelle, seul moyen -croit-elle- de préserver son statut dans le premier cercle.

Ainsi, Tout ce qui brille nous renvoie à une réalité limpide : si vous voulez comprendre la France de 2010, plutôt que lire un rapport du MRAP ou de la Halde, plongez-vous dans Molière et Marivaux, car leurs leçons sont toujours nôtres. Les valeurs de la vieille noblesse sont la base de notre société, la dérision qu’elle pratiquait et qui reste une particularité française (comme je l’ai montré ici), son mépris total pour l’argent, son goût immodéré du beau et de la discussion, et son attachement à l’individu comme pouvoir et forme d’art. Mais aussi son mépris du parvenu et de tout ce qui ne respecte pas sa juste place dans la société, son assurance de posséder l’exclusivité du bon goût et sa prétention à l’imposer au reste de la société, et, enfin, son incapacité à comprendre le ressentiment qu’elle peut provoquer chez qui n’appartient pas à son ordre. Tout cela était la réalité de Versailles, et reste notre réalité.

En refusant de la voir en face, nous refusons de nous regarder dans la glace. En la criminalisant sous les vocables du « racisme » ou de la « discrimination », nous nous enfermons dans un rejet radical de nous-mêmes qui ne peut nous conduire qu’à l’impasse. Cet archétype aristocratique est-il bon? Là n’est pas la question : que nous le voulions ou non, il reste la base de notre division sociale. Ce que l’impitoyable Terreur, ce que dix révolutions et quarante ans de Parti Communiste n’ont pas réussi à effacer, croyez-vous donc que quelques inquisiteurs pitoyables drapés de leurs habits de Savonarole et de leur fiel réussiront à le réaliser? Laissez-moi rire!

En attendant, et malgré que leur projet soit condamné à l’échec, ces psychotiques de la discrimination ne cessent de dresser la société contre elle-même dans un grand élan nihiliste et autodestructeur, mêlant joyeusement le vrai au faux dans un grand ricanement engagé et festif, dressant chaque jour les bûchers sur lesquels quelque pauvre fauteur de malpensée expie pour les fautes intériorisées comme telles par l’ensemble de la société.

Et c’est toute la grandeur de Tout ce qui brille de mettre enfin l’humour du côté de la grâce et de la vie, contre le ressentiment, contre la haine, contre la déréliction.

Et de ramener enfin, un tant soit peu, la banlieue du côté de la vie.

Date de sortie cinéma : 24 mars 2010

Réalisé par Géraldine Nakache, Hervé Mimran

Avec Leïla Bekhti, Géraldine Nakache, Audrey Lamy, Virginie Ledoyen
Durée : 01h40min Année de production : 2009
Distributeur : Pathé distribution

Discriminons ensemble!

avril 21, 2010

Là, c’est du gros, que dis-je, de l’hénaurme!

Je ne résiste pas au plaisir de livrer le bijou dans son intégralité :

Le député-maire de Tremblay-en-France, François Asensi (PCF), a annoncé mercredi qu’il allait déposer plainte contre TF1, qui avait diffusé le 29 mars un reportage sur le trafic de drogue dans cette ville.

Près d’un million d’euros en liquide et de la drogue avaient été saisis quelques heures avant la diffusion du reportage intitulé «Mon voisin est un dealer». Deux jours après, un bus avait été incendié puis d’autres caillassés dans la ville, qui connaît toujours une certaine tension. «La concomitance de l’opération de police et du reportage a créé un mélange détonnant», a déploré le maire lors d’une conférence de presse.

François Asensi a qualifié le reportage de «racoleur», «caricatural», «voyeuriste». «L’image de notre ville en est profondément affectée», a déclaré l’élu.

«Nous allons saisir vendredi au plus tard le tribunal de grande instance de Bobigny pour préjudice à l’image de Tremblay», a dit le député-maire. Il a également prévu de saisir le conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) pour «faire examiner les conditions dans lesquelles TF1 et Elephant Cie ont réalisé le reportage».


Discrimination territoriale

«Des doutes sérieux ont été exprimés sur les conditions de réalisation du reportage depuis sa diffusion», a-t-il encore dit, rappelant que le rappeur Larsen, qui avait accompagné la journaliste dans Tremblay, s’était dissocié du reportage.

François Asensi a affirmé avoir reçu mercredi une citation à comparaître devant le tribunal de Paris pour diffamation de la part de la société d’Emmanuel Chain Elephant et cie, qui a produit le reportage.

Un citoyen de Tremblay, employé de la mairie, qui apparaissait dans le reportage, Félix Sedaminou, a également prévu de déposer plainte, se sentant «trahi» par TF1. La journaliste «m’a demandé ce que je pensais de l’état de mon immeuble, (…) je ne savais pas que c’était pour TF1 et qu’ils venaient faire un reportage sur la drogue», explique-t-il.

Ses propos auraient été montés dans un contexte différent de ce sur quoi il était interrogé. Par ailleurs, François Asensi a déclaré que «la municipalité (se réservait) le droit de saisir la Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations) au motif d’une discrimination territoriale», la ville étant exclue du programme de rénovation urbaine.

(source AFP)

Brasilia : un exemple de discrimination?

Maintenant, notre grand jeu concours :

toi aussi, cher lecteur, dresse la liste de toutes les discriminations territoriales auxquelles tu as déjà été confronté.

Tu disposes pour cela :

– d’une carte IGN au 1/25000 de ta région natale, ou, à défaut, d’une carte au 1/500 000 de la mer d’Aral

– d’une boussole

– du DVD de Dune

– de 25 grammes de résine de cannabis et/ou de la photographie représentant le hall d’entrée G de l’immeuble 743 de la zone d’habitat concerté « Pablo Picasso » à Vénissieux.

– du dernier enregistrement sonore du Blob

– d’une photographie de la mission Apollo 12 représentant la surface lunaire après le coucher du soleil.

– du véritable plan d’accès au coeur du réacteur n°4 de la centrale électrique de Tchernobyl.

Le vainqueur remportera un magnifique appartement en zone non-discriminée (livraison prévue vers 2090, suivant l’avancement de la mission martienne) ainsi qu’un magnifique cd de Dave.

Que le meilleur gagne!