Cycle villes européennes : Amsterdam

Amsterdam et Prague. Deux villes européennes, deux villes que tout oppose : l’une, plongée dans la mer, regarde encore les pays lointains et exotiques, les océans interminables et la dure vie des marins sur les vaisseaux de bois. L’autre, posée au coeur du continent, laisse encore percevoir derrière les mornes vestiges du communisme, le luxe ostentatoire de son passé impérial.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que (du moins au départ de Paris) le voyage pour Amsterdam est une véritable sinécure. A vrai dire, le plus grand risque qui guette le conducteur vient de l’ennui mortifiant du paysage. Quoi d’étonnant à ce que, de Bouvines à Waterloo, tant de batailles se soient déroulées en cette morne plaine où nul obstacle ne bloquait les ambitions des rois ?

Une fois arrivé à Amsterdam, il faut bien se rendre à l’évidence : il y aura de l’eau. Beaucoup d’eau. C’est donc entre deux canaux que l’on se gare (gratuitement, les Pays-Bas n’exportant pas leurs PV vers la France : qui a dit que l’absence de construction européenne était une mauvaise chose?) peu avant de se rendre vers le centre-ville, guidés par d’autres canaux que nous pouvons suivre jusqu’à tomber sur un énième canal, à moins que l’avant dernier canal ne nous ait finalement conduit à la mer!
Mais c’est certainement la mauvaise foi du pied montagnard qui parle en moi, car selon ce plan de la « ville-centre » (dire : windebrük) au XVIIIème siècle, le plan des canaux obéit en fait à un ordre parfaitement rationnel.

Observez sur ce plan la manière dont les canaux entourent l’île centrale en formant une série de réseaux parallèles. Il faudrait être stupide, ou avoir absorbé des produits spécifiquement néerlandais, pour envisager de s’y perdre.

Mais à Amsterdam, il y a plus que de l’eau : il y a un port. Bon, certes, cela fait bien longtemps que le port d’Amsterdam n’en est plus vraiment un, mais on se rappelle, au détour d’une vieille frégate arborant fièrement l’étendard tricolore marqué de la VOC ou en passant près de la magnifique gare centrale construite en front de mer, la destinée maritime de la ville, et l’incroyable puissance que la minuscule Hollande a su en retirer, elle qui a pu tenir deux siècles durant la dragée haute à l’Espagne de Philippe II et la France de Louis XIV, avant que de s’ouvrir trop facilement aux glorieuses armées de la Révolution.

La puissance maritime fit aussi de la république des Provinces-Unies une société dépourvue d’aristocratie, et, par conséquent, très égalitaire pour l’époque. L’aspect général des maisons (qui se ressemblent beaucoup et refusent toute ostentation : nous sommes en pays protestant) comme l’absence d’architecture monumentale marque clairement cela. On cherchera en vain à Amsterdam l’équivalent des grands hôtels particuliers et des palais parisiens, ou d’une place Stanislas… Bien que dépourvue de cette architecture de grandeur qui fait la gloire des villes françaises, Amsterdam n’en reste pas moins une ville au charme immense bien qu’indéfinissable, car il est difficile de le relier à un « grand » monument, une « grande » place qu’il faudrait absolument visiter.

Mais Amsterdam, ce n’est pas qu’une grande histoire maritime, c’est aussi un présent… euh… spécial. Car il faut le dire, l’amateur de sensations fortes (ou plus douces, d’ailleurs) trouve à Amsterdam tous motifs d’être satisfait. Attention, cependant, car les produits, substances et biens immatériels susceptibles d’être consommés à Amsterdam peuvent s’avérer dangereux. Aussi, une petite classification s’impose, que nous ferons arbitrairement commencer du plus inoffensif pour l’achever au plus nocif des produits en vente libre à Amsterdam.

1. La mimolette


Sympathique formage néerlandais, la mimolette a la particularité de ne posséder ni odeur ni goût particulier. Accompagne généreusement vos repas, particulièrement lors de l’entrée, du plat de résistance et du dessert. Peut aussi être servi à l’apéritif.

2. le cannabis


Plante typique des Pays-Bas. Pousse dans des lieux extrêmement nombreux nommés « coffee-shop ». S’accompagne généralement de fumée et d’une odeur caractéristique. Suscite un grand engouement fêté durant la saison du cannabis, qui se déroule généralement durant toute l’année. malheureusement, la plupart des fumeurs de cannabis n’ont pas conscience de participer à une grande tradition néerlandaise, situation à laquelle l’office du tourisme tente de remédier.

3. la tulipe


L’autre plante typique des Pays-Bas, uniquement visible sous forme de sachets plastifiés (à l’exception de la saison des tulipes où les sachets libèrent provisoirement les fleurs). Attention : seuls les sachets comportant la mention « graine de tulipe du pays » contiennent effectivement des graines de tulipes. Les sachets non-identifiés contiennent généralement des graines d’autres espèces végétales (fougère, rhododendron, pavot). La dangerosité  relative de la tulipe vient de ce que certains tentent de la fumer : la mairie se déclare démunie devant ce nouveau phénomène.

4. la pute

La pute néerlandaise base son commerce sur la frustration. En effet, bien que largement plus attirante que son homologue des autres pays européens, elle se dissimule derrière une vitre qui lui permet paradoxalement de s’exhiber de manière bien plus provocante, suscitant ainsi chez l’Européen moyen une réaction pouvant l’amener à dépenser 30 euros pour dix minutes de sexe (compter par la suite 30 euros à la minute) afin de ne pas repartir frustré. A noter que la thèse selon laquelle les lumières rouges associées aux putes seraient dues à leur affiliation au Parti Communiste néerlandais reste discutée.

5. le vélo (aussi connu sous le nom de bicyclette)

Aux Pays-Bas, le vélo est un objet de la vie quotidienne. Il est de plus muni d’une arme extrêmement dissuasive vis à vis des autres usagers de la route : la sonnette. La sonnette a permis de libérer l’espace des pistes cyclables de piétons et autres objets encombrants. Cependant, des études ayant prouvé que l’usage immodéré de la sonnette provoquait chez les piétons de nombreuses crises cardiaques, voire des réactions de panique qui les conduisaient à se jeter dans les canaux, l’usage de la sonnette a depuis été sévèrement règlementé, avec plus ou moins de succès (en 2008, la sonnette était ainsi encore la troisième cause de mortalité aux Pays-Bas).

6. La croquette (en néerlandais, se dit windebrük)

Première cause de mortalité aux Pays-Bas, la croquette est un objet alimentaire non identifié. Les spécialistes discutent de son origine comme de son utilité réelle. Les « rationalistes » tenant de la thèse selon laquelle la croquette serait une arme de destruction massive des Pays-Bas s’opposent aux « mythologues » pour qui la croquette serait une subsistance des cultes sataniques entretenus par des sectes protestantes entre la fin du XVIème siècle et le milieu du XVIIème siècle. la croquette servirait selon ces derniers aux rituels de passage à l’âge adulte qui permet au garçon de témoigner de sa force virile et du dépassement de soi par l’ingestion d’une croquette entière!

C’est d’ailleurs après avoir survécu à l’ingestion d’une croquette (et après que son armée eut été anéantie par un bataillon de vélocypedistes hollandais) que Louis XIV décida de faire des Pays-Bas le territoire européen de la diplomatie : Utrecht, Rastatt, Nimegue, la Haye, autant de villes, autant de Traités de paix signés entre les grandes puissances européennes qui forgèrent sur ce minuscules bout de territoire le système diplomatique classique qui régit les relations internationales jusqu’en 1914!

Et c’est sûrement dans la continuité de cette tradition paneuropéenne qu’Amsterdam reste sûrement aujourd’hui l’une des villes les plus accueillantes qui soient, et qui le restera, du moins faut-il l’espérer

Sur ce, comme le disent les Néerlandais, windebrük à tous!

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7 Réponses to “Cycle villes européennes : Amsterdam”

  1. mistaz1 Says:

    j’aimerais savoir l’effet que cause l’ingestion de graines de pavot

  2. Rocco Says:

    Pas mal. Assez marrant, je trouve. Cependant je pense que vous avez oublié de parler du hareng hollandais, assez typique, qui est vendu dans des sortes de kiosque à hareng, un peu comme en France où l’on trouve des cabanes à steak frites.

  3. asri Says:

    salut cv je chercher un travail en amsterdam

  4. fatima Says:

    salut cv je chercher un travail svp

  5. sara Says:

    salut cv moi un joune fille de maroc je chercher un travail commme satatistique pour ordinateour svp la age 25 ans

  6. fati Says:

    i picket your adressform a magasien called maroccan student last febrie i garaduated form my secon day school with a diplom linformatque as am intersted in pursuing abroad in a special

  7. oli Says:

    rocco jpartage ton avis et j aime ton comm ^^

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