L’Eve future s’engage

La première fois que je rencontrai Dominique de Villepin, ce fut sur un étal de la FNAC. Son autoportrait trônait, tel un buste de César, probablement oublié par quelque lecteur que le poids du dit-ouvrage avait sûrement incité à oublier au beau milieu du rayon « politique étrangère » qui se trouvait alors être le plus proche de lui.

Je traversais une période difficile de ma vie : mes cheveux tombaient. Logiquement, lorsque je vis au loin la crinière magnifique, mon sang ne fit qu’un tour. Les yeux débordant de larmes, le coeur battant, les muscles de contractant, je me précipitai au rayon politique étrangère afin de pouvoir toucher de mes propres mains celui qui était déjà devenu, l’espace de quelques secondes, mon nouveau Messie. L’homme qui pourrait enfin combler le territoire vierge sur ma tête, délimité par cette tonsure dont je me rendis compte plus tard qu’elle exteriorisait sûrement le vide métaphysique qui m’habitait alors.

A peine rentré chez moi, je me mis à la lecture de l’ouvrage que je ne lâchai plus. Peu importait l’absence de conseil capillaire (bien qu’une marque de shampoing, voire une bonne adresse de coiffeur n’eut pas été de trop), je n’en étais plus là. Deux jours durant, je dévorai le livre qui semblait être, à première vue, une autobiographie romancée de Dominique (tu permets que je t’appelle Dominique?). Les pages s’enchaînant, j’imaginais Dominique, le sabre à la main, provoquer en duel l’émir du Qatar ou le président américain. Je le voyais sauter par-dessus les montagnes afin de délivrer la belle princesse Ingrid emprisonnée par l’horrible colombien Uribus dans sa jungle poisseuse.

Enfin, arrivé à l’apogée de son règne de gloire, je pleurai moi-aussi aux côtés de Mouammar et de Robert en écoutant l’indépassable discours prononcé à l’ANU. Mes voisins durent d’ailleurs me prendre pour un fou lorsque, à la fin du discours et alors que mes quelques cheveux se trouvaient projetés en plein ANU, à des milliers de kilomètres du reste de mon corps, je me mis à applaudir frénétiquement, emporté que j’étais par la gloire villepinienne!

Mais qui n’a pas lu son livre, ou écouté ses discours, ne peut saisir le sentiment qui étreint l’auditeur devant la prose développée par Dominique. Aussi, et non sans vous inviter à y adhérer, je vous livre la pertinente analyse de l’oeuvre villepinienne par un commentateur d’un grand site d’achat en ligne :

« En vérité le livre est un palimpseste: A la surface, les écrivains, leurs idées et leurs batailles sont présentés ; mais les conclusions principales brillent en dessous. Et c’est ça qui compte. De l’underground émerge un discours de valeurs. L’auteur accomplit un travail de conscience permanent formulé en pleine nuit. Ecrire un livre sur ses nuits blanches en tant que premier ministre est en soi un fait courageux. Ces nuits souvent solitaires et douloureuses sont en même temps les seules heures de réflexion, de silence et de paix, permises à un ministre. Indirectement DDV nous montre aussi sa méthode à confronter la politique quotidienne. »

Or, cette politique quotidienne qui étreint le coeur de l’homme tel un serpent, Dominique va y être confronté directement, sous la forme de l’infâme docteur Sarkozus. Originaire des lointains marécages de l’Est, le docteur Sarkozus s’est rendu maître d’un ministère stratégique, à partir duquel il ourdit un complot réfléchi de longue date : devenir tyran à la place du président. Armé de sa hargne, de sa méchanceté et de toute l’intelligence pernicieuse que lui donne son éducation plébéienne, Sarkozus ne va avoir de cesse de détruire celui qu’il pressent comme étant son seul ennemi sur la route du pouvoir : Dominique. Aussi va-t-il s’employer à monter des machinations toutes plus atroces les unes que les autres afin d’abattre le grand homme. Mais Dominique n’est pas homme à renoncer face à la vilenie et la méchanceté! Et surtout, il n’est pas homme à devenir méchant et à monter des machinations stupides et absurdes pour rendre les coups à son vicieux adversaire! Aussi, infâme tragédie, l’horrible docteur Sarkozus parvient-il à tromper le brave paysan français en lui instillant ses idées poisseuses qu’une nature trop faible et un esprit trop dégrossi n’ont pas réussi à déceler.

La gentillesse, cette fois, a échoué. Les Français sont décidément des veaux. Mais comme le disait le Général, éternelle source d’inspiration de Dominique : une bataille est perdue, mais la guerre ne l’est pas. Ainsi continue-t-il le combat, envers et contre tous, et malgré toutes les embûches que l’infâme tyran Sarkozus et ses immondes complices dressent sur son passage! Car le règne de la gentillesse et du bisou a trouvé son souverain. Car Dominique est le seul a pouvoir enfanter un monde sur lequel jamais plus la pluie ne tombera!

Aussi, parce qu’il faut être gentil, parce qu’il faut être solidaire, parce qu’il faut que Mahmoud, Robert et Hugo, ces braves représentants du monde libre, puissent enfin donner une voix à ceux qui n’en ont pas dans le respect de tous, parce que, enfin, il faut être bien coiffé, l’Eve future donne sa voix à Dominique. Elle vote pour un nouvel ordre mondial qui fasse prévaloir le droit et la justice, et ose enfin dire non à la guerre et aux pointes sèches!

Elle vote République Solidaire!

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3 Réponses to “L’Eve future s’engage”

  1. Hyarion Says:

    Votez Cthulhu !

  2. DANTE Says:

    Merci pour ce bel article qui m’a véritablement donné le frisson et m’a convaincu que le Sauveur en personne était bien sur Terre !

    Merci pour ce vibrant appel, ce plaidoyer que nous attendions. Ayant également des problèmes de calvitie avancée, j’admire tout autant le magnifique broshing – que dis-je – la tenture capillaire qui orne l’illustre tête de notre rédempteur à tous !

    Vas-y Dominique, fais-nous rêver !

    Dante.

  3. Vallesmarineris Says:

    Hyarion, je ne voudrais pas trahir des secrets électoraux, mais Cthulhu pense appeler à voter Villepin pour le second tour… Autant anticiper…

    Dante : oui, tenture capillaire est un minimum pour désigner ce que, pour paraphraser Hegel, nous pourrions nommer un métaphysicien du cheveu.

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