Décroissance, talibans et bisounours

Rue89 vient de proposer l’article d’un certain Paul Ariès, docteur ès malbouffe, scientologie, pédophilie et mondialisation, devenu à en croire sa notice wikipedia le penseur de référence du mouvement décroissant. Dans cet article, Paul Ariès décrit les conditions qui pourraient selon lui permettre l’émergence d’un grand acteur politique de la décroissance en France. Mais tout d’abord, et avant que d’aborder l’article proprement dit, il me faut répondre à la question suivante :

1. Le mouvement décroissant, qu’est-ce?

Imaginez un monde dans lequel votre rendez-vous chez le dentiste n’est plus reporté à 4 mois faute de praticiens suffisants, mais à 4 ans, car, pour votre bien, il ne faut pas qu’il y ait trop de praticiens.

Imaginez un monde dans lequel on ne vous propose plus d’acheter un nouveau réfrigérateur lorsque le votre cesse de fonctionner, mais dans lequel on vous propose de réhabiliter votre ancien frigo afin de le transformer en simple garde-manger.
Pour votre bien, évidemment.

La décroissance, c’est donc un enfer imaginé par quelques esprits tordus, dans lequel des fonctionnaires habilités de la décroissance jugeraient de la viabilité de tout nouvel achat d’un téléviseur couleur Thompson modèle 1988 que vous prévoiriez de faire pour noël (une fête d’ailleurs réprouvée par le ministère du développement durable pour incitation à la consommation). Un enfer pour tous, donc. Mais pas pour Paul Ariès. Pour lui, la décroissance, c’est une utopie.

2. La décroissance selon Paul Ariès

Pour Paul (tu permets que je t’appelle Paul?), la décroissance repose sur un constat évident : « Comme on sait que le gâteau -le PIB- ne peut plus grossir, la grande question devient celle du partage. Nous marquons le retour des « partageux ». »

Donc, Paul, j’aimerai te présenter Dorothée, de Sciences Humaines, l’auteure d’un article qui va beaucoup t’intéresser. Et oui, Paul, le PIB mondial n’a jamais plus augmenté dans l’histoire que ces trente dernières années! Mais soyons grand seigneur, et continuons notre lecture comme si nous n’avions rien remarqué.

« Je me reconnais pleinement dans le mouvement lancé par d’anciens résistants autour de la republication du programme du Conseil national de la résistance, »Les Jours heureux ». Au moment où la France était ruinée, à genoux sur le plan économique et industriel, on a su trouver effectivement les moyens financiers pour permettre cette solidarité avec la Sécurité sociale. Aujourd’hui, avec une France beaucoup plus riche, on voudrait casser cette Sécurité sociale. Il nous semble possible de rénover, d’approfondir les services publics. »

Bon.
Tout d’abord, j’aimerai qu’on m’explique ce que signifie la décongélation du programme du CNR auquel on assiste depuis quelques années. Honnêtement, il n’y a pas plus récent? Voire plus ancien? Après tout, tant qu’à faire un tour aux archives, pourquoi ne pas invoquer le Serment du jeu de paume? l’Edit de Nantes? Voire la Loi Salique?

Mais admettons : les résistants, depuis leurs cercueils, font entendre leur voix. Paul invoque la vengeance terrible des glorieux aînés qui se réveilleront et viendront, dans un remake plus ou moins minable de la nuit des morts-vivants, dévorer nos âmes de traîtres. Il nous faut donc dès aujourd’hui préparer le passé l’avenir en exhumant d’anciens résistants pour les présenter à la présidentielle de 2012.

Sans rire, ce n’est pas un argument de pilleur de tombes, ça? Ou plutôt de détrousseur de cadavres…

Mais poursuivons, sans remarquer la contradiction entre l’idée de décroissance et l’éloge d’un programme de sécurité sociale permis par la très forte croissance des Trente Glorieuses…

« Ce revenu garanti est aussi un pari anthropologique, je veux dire que nous sommes conscients que ça peut foirer. Il s’agit de dire que nous ne sommes pas seulement des forçats du travail et de la consommation, mais beaucoup d’autres choses. »

Arrivé là, cher Paul, j’ai bien envie de te dire « merveilleux ». Par hasard, tu ne serais pas au courant d’un ou deux de ses « paris anthropologiques » ayant conduit à des résultats assez peu orthodoxes? Hein? non? dommage, parce que justement, ils ont foiré…
C’est en général ce qui se produit lorsque des apprentis sorciers dotés des meilleures intentions du monde prennent une société postmoderne pour un legoland. En même temps, si pour toi le XXème siècle se résume aux congés payés et à la sécu, je comprends que tu ne saisisses pas vraiment…

« Le succès d’estime du terme de décroissance permet à chacun de mettre des mots sur ce que chacun ressent : on ne peut pas continuer à produire et consommer plus. Et pas seulement sur le plan écologique, mais humain, sans aller jusqu’à péter les plombs. »

Eh bien voilà, Paul, on aborde enfin la question centrale : la décroissance est une question de comportement personnel et de responsabilité individuelle. Effectivement, concevoir la vie sous le seul angle du consommateur abreuvé de publicités à longueur de journée est « anthropologiquement » impossible. Mais avions-nous besoin de toi pour le deviner? Et surtout, Paul, était-il nécessaire de fonder un mouvement politique pour cela?

Alors, qu’est-ce que tu dirais de laisser tout simplement vivre les êtres humains tels qu’ils l’entendent (on dit aussi « librement »)? Mais peut-être penses-tu que la nature humaine imparfaite requiert tes Lumières, ta Supériorité de vue et ton plan quinquennal pour enfin s’accomplir pleinement?

Mais laissons ce ton sérieux, et concluons cet article sur une dernière citation de notre inimitable décroissant :

« Nous nous sommes dotés de deux outils :

  • une charte a minima -il ne faut pas le cacher, la décroissance c’est aussi une auberge espagnole…-,
  • et un logo pour assurer la visibilité du mouvement, l’escargot. »

Tenez-vous le pour dit : l’avenir sera long. Très long.

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24 Réponses to “Décroissance, talibans et bisounours”

  1. Gaïa Says:

    J’ai découvert la décroissance depuis peu, et pour moi, c’est devenu une idée à développer. Pourtant, j’essaie d’y voir plus clair, et du coup, je lis autant de sujet « pour » que de sujet « contre ». Ce n’est à mon avis que de cette manière qu’on pourra faire avancer le débat, au lieu de camper sur ses positions.

    Donc, votre article est intéressant, parce que vous dénoncez les faiblesses de cette idée, qui est pourtant partie d’ une bonne base. Mais j’aimerais savoir de quel « paris anthropologiques foiré » vous parlez?

    Est-ce que vous ne trouvez pas que l’être humain vit déjà comme il le sent? Vous parlez d’une idée développé par P. Ariès comme d’une non-découverte… on avait pas besoin de lui pour s’en rendre compte. Mais si lui n’en parle pas, qui le fera?

    On pointe du doigt les dérives d’un libertarisme qui nous amène vers le crash. Mais si à moment donné on ne freine pas, vous vous rendez bien compte que nous paieront le prix fort. A moins que vous ne fassiez parti de ces élites pour lesquelles les gens d’en bas n’ont absolument aucune importance…

  2. vallesmarineris Says:

    Bienvenue en ces lieux chère Gaia.

    Tout d’abord, je me dois d’être tout à fait franc avec vous : oui, je fais partie de ces élites privilégiées qui ont leur accès dans le bunker secret de l’OTAN en cas de catastrophe planétaire ou de décomposition de l’Etat.

    Plus sérieusement, le « crash » n’est qu’une version moderne et inversée de la Parousie : alors que la Chrétienté devait s’accomplir en honorant Jésus et en attirant tout le troupeau humain en son sein avant le retour du Sauveur, l’Empire écolo doit honorer son bilan carbone en attirant tout le troupeau humain pour éviter la survenue du Destructeur, le grand et vénéré « crash ». ;)

    A moins que la Terre ne soit un système intelligent et conscient de lui-même (et qu’elle ait décidé de nous éliminer), ou à moins qu’un énorme astéroïde ne croise notre route d’ici-là, il n’y a pas le moindre début de raison de penser que nous aurons à subir un cataclysme planétaire durant le prochain siècle.

    Vous comprendrez donc que, partant de là, je ne sois pas particulièrement branché écologie ni (encore moins!) décroissance. ;)

    • Gaïa Says:

      Bonjour et merci pour l’accueil.

      Bon, je ne pense pas non plus que nous subirons un cataclysme planétaire, je pense que nous, en tant qu’être humain, transformons ce que nous appelons la nature, et que cela aura un impact sur la vie de chacun. Quand je lis, que les capitalistes rois du pétrole se ruent dans l’antarctique pour trouer un peu plus la planète et exploiter (c’est le vrai mot) ce qui reste des gisements de pétrole et de gaz, il y a de quoi se poser des questions… pourquoi ces énergies? Parce qu’on a besoin d’elles, nous en dépendons, et là il y a quand même un vrai problème.

      Si vous faites partie des privilégiés ayant accès au bunker de l’Otan (vous allez trop au cinéma!) , vous savez que ce sont des milliardaires qui détiennent le « marché » des énergies.

      Cependant, encore une fois, je comprends votre scepticisme devant l’idéologie du sauveur… sauf que je ne crois pas que Mr Ariès s’érige en sauveur, je crois que cette idée de décroissance dérange tellement les manitous de la croissance, qu’il est plus pratique de faire passer ses idées pour des thèses d’illuminés.

      Et puis la décroissance va avec l’écologie, mais ce n’est pas l’écologie. L’écologie n’est d’ailleurs pas un programme politique, malgré ce qu’on voudrait nous faire croire avec EE…mais bon, c’est encore un autre sujet.

      Il faut que je lise un peu plus de vos article.

  3. Roth Says:

    J’aimerais répondre à certaines approximations et amalgames de cet argumentaire :

    – Tout d’abord, Paul Ariès n’a jamais parlé d’établir un quota de dentistes, et encore moins de choisir les télés des gens pour eux. De façon générale, un projet politique qui reprendrait les thèses de la décroissance n’imposerait pas grand chose aux gens : il PERMET aux gens de consommer moins. C’est plutôt la société d’aujourd’hui qui nous oblige à certaines consommations : nous devons acheter une voiture car les transports en commun sont trop peu développé, nous sommes obligés de travailler 35 heures pour payer la voiture pour aller travailler…
    De toute façon, si le projet de Paul Ariès devait être adopté, c’est qu’une majorité de la population aura approuvé l’idée de simplicité volontaire. Par ailleurs, la démocratie locale et directe est indissociable des projets des objecteurs de croissance. En conséquence, ce projet ne saurait allez à l’encontre de la volonté des citoyens.

    – Pourquoi y aurait-il moins de praticiens, d’abord ? Une grande proportion de la population est aujourd’hui affairée à maximiser les profits des entreprises. Sans reconvertir brutalement, imaginez seulement que cette même proportion, à long terme, était réaffectée vers des métiers utiles tels que les « praticiens », il y en aurait beaucoup plus !

    – Paul Ariès n’est pas un pilleur de tombe : il rappelle simplement que la France a su se doter d’un système social ambitieux alors même que la France était au plus mal. Vous avez raison de dire que ce système a profité d’une forte croissance… Mais Serge Latouche (autre auteur émérite que je vous recommande) rappelle que le niveau de production de 1960 était encore soutenable, si on parle en terme d’empreinte écologique. Il ne s’agit donc pas de revenir au Moyen-âge ; le niveau de richesse de 1960 suffirait amplement a faire subsister le projet de Paul Ariès.

    – Enfin, rappelez-vous que Paul Ariès lui-même recommande la politique des petits pas, et non pas le grand soir. En d’autres termes, il ne va pas mettre le pays sans dessus dessous du jour au lendemain ! Votre « apprenti sorcier » ne va pas détruire la France en un mandat (les dirigeants actuels le font déjà très bien…! )

    Je vous recommande donc la lecture des livres des auteurs sus-cités pour mieux connaitre la décroissance. Laissez-moi également vous recommander le site de l’IEESDS : http://decroissance.org/

    • Gaïa Says:

      Je suis tout à fait d’accord avec vous.

      En tout cas, cette idée à le mérite de faire réfléchir une partie de la population….

  4. Pav Says:

    Cher vallesmarineris,

    Puisque votre pseudo est le nom d’une vallée de mars, je vous conseil la lecture de « Mars la rouge », « Mars la verte » et « Mars la bleue » de Kim Stanley Robinson. C’est de la Hard SF, c’est a dire que la science du livre y est plutôt réaliste.

    Y sont abordes les thème dans un future proche de la terraformation de mars mais aussi du développement, du pouvoir des multinationales et du libéralisme poussé a l’extrême, du climat, du contrat social …etc
    Ça vous permettra surement d’enrichir votre réflexion de manière divertissante.

    Ensuite, puisque vous semblez prêter des sentiments irrationnels a tous ceux qui osent dire que le paradis libéral dans lequel nous vivons n’est pas la voie du salut éternel, parlons chiffres, parlons faits scientifique avérés !

    Furetez par exemple sur le site http://www.manicore.com, site d’un polytechnicien, argumenté avec chiffres et références et après vous pourrez vous essayer a avoir de vrais arguments, autres que de l’anticommunisme épidermique et hors sujet.

  5. vallesmarineris Says:

    Cher Pav, merci pour votre commentaire et bienvenue en ces modestes lieux!

    En dehors du fait que le premier tome de la trilogie martienne est l’une des oeuvres de SF les plus soporifiques qu’il m’ait été données de lire (sur le sujet, je préfère de loin un bon vieux Total Recall), elle apporte effectivement un point de vue personnel et réfléchi sur le développement à venir de l’humanité. Cependant, merci à Stanley Robinson, mais je n’avais pas besoin de son aide pour réfléchir à cela (et pour tout dire, l’aide de Dick, de Sterling, de Poe ou de Villiers de l’Isle-Adam me fut bien plus précieuse).

    Pour ce qui est des sentiments irrationnels, cher Pav, je ne m’exclue pas du lot commun. C’est une croyance très cartésienne -et très superficielle- que celle de l’homme « rationnel » transformé en mécanique pensante : depuis, les réflexions des moralistes français, de Hume, des penseurs libéraux, voire de Nietzsche ont largement démonté le mythe de « l’homme rationnel », sur lequel le XXème siècle est venu jeter un jour bien cruel…

    Donc je vous remercie bien pour vos conseils politiques et scientifiques (j’aime beaucoup l’expression « anticommunisme épidermique », soit dit en passant), mais en attendant que les faits viennent effectivement confirmer la survenue d’un hypothétique Jugement Dernier économico-climatique, je préfère apprendre à ne pas m’inquiéter, et à aimer la bombe ;)

  6. Tassin Says:

    Texte assez caricatural qui semble émaner d’une personne donnant ses a-priori sur un sujet à propos duquel il n’a lu aucun livre.

    Puisque vous citez la revue Sciences Humaines, vous serez étonné ou content de voir que l’avant dernier numéro (le 19) comporte un grand dossier sur l’écologie et 4 pages sur la décroissance, bien loin des clichés que vous nous servez ici.

    Amicalement,

  7. Tassin Says:

    Le lien vers le sommaire et la tête des articles en question :

    http://www.scienceshumaines.com/les-pensees-vertes_fr_378.htm

  8. René de Sévérac Says:

    J’arrive un peu tard et je ne m’attarderai pas.
    Je suis un « fidèle » de Ivan Illich (mort en 2002) que la Bien-Pensance a su censurer assez tôt. Je crois à la nécessité d’une décroissance volontaire, mais, je ne crois pas à une politique de Décroissance; de même que je ne crois à la fuite en avant des politiques de Croissance.

    Cette année, monsieur Sarkozy nous a gratifié d’une prospérité illusoire (Production 100, Consommation 107.8); combien de temps cela peut-il durer ? Encore, le PNB (« 100 ») est – comme le disait Illich – « la somme arithmétique de ce qu’on mange et de ce qu’on chie « .

    Alors, on peut bien débattre de la Croissance/Décroissance !

  9. vallesmarineris Says:

    Chez l’Eve future, « trop tard » n’existe pas, voyons ;)

    Je ne vous suis pas : la croissance reste pour moi une évidence historique (eu égard à ce qu’est la marche triomphale du capitalisme depuis le XIXème) qui n’est remise en cause nulle part ailleurs qu’ici. Cependant, je respecte évidemment votre opinion, d’autant plus qu’Ivan Illich (que je confesse n’avoir jamais lu) semblait un esprit bien plus fin et pertinent que le grossier personnage auquel je réponds dans cet article.

    bon, après, mes opinions sur la décroissance trouvent aussi leur origine dans mon vécu : tout mon esprit s’est formé par la SF et dans l’idée que d’ici quelques siècles, nous nous disperserons dans le système solaire pour vivre dans quelque boite de conserve géante en orbite autours de Mars ou d’Europe… L’idée d’une décroissance nous amenant à nous contenter de ce que nous possédons déjà est pour moi l’abomination ;)

  10. pav Says:

    Puisque vous parlez de SF, avouez que la plus intéressante est celle qui est un peu dystopique. Entre nous la SF qui ne fait que plaquer l’histoire des Etats Unis du XXeme sur l’histoire de la conquête de la galaxie, ça m’emmerde un peu.

    En ce qui concerne l’idée que l’humanité va croitre vers les étoiles, on ne peut pas ne pas émettre un jour l’idée que peut-être le voyage supraliminaire est simplement impossible et que entre nos désir et la réalité, la réalité prime.

    Si l’on doit s’enfermer dans des boites de conserves dans le vide intersidéral, situation qui vous en conviendrez est peu propice a la croissance matérielle, il va bien falloir apprendre avant de se lancer a vivre avec ce que l’on a et pas plus (ce dont les sociétés occidentales actuelles sont incapable).

    Autre hypothèse, peut être que la seule chose que l’on pourra faire voyager entre les étoiles c’est de l’information et de la télé-présence et que donc dans tous les cas il faudra bien continuer a faire avec ce qu’on a, c.a.d. une petite sphère qui n’est pas si grande que ça.

    Dernière hypothèse, peut-être qu’il faudra encore 1000 ans de progrès scientifique et technique avant de pouvoir vraiment s’affranchir de notre puits gravitique autrement que de manière anecdotique, auquel cas on en revient aux même conclusions que précédemment : on peut pas tout casser ici sur terre en ce disant : « m’en fout dans 20 ans je s’rais plus la ».

  11. vallesmarineris Says:

    Pav : bien entendu. L’exploration de l’espace prendra du temps, et si je suis certain que l’exploitation minière de la ceinture d’astéroïdes se fera dans des délais assez courts (d’ici un à deux siècles), une hypothétique colonisation de peuplement prendra un temps beaucoup plus long. Et il va sans dire que je ne parle ici que du système solaire. Pour aller voir ailleurs, il faudrait déjouer les lois de la physique…

    Il n’en reste pas moins, en effet, que la Terre reste en attendant notre seul foyer, et qu’il nous faut le préserver. Raison pour laquelle, la pression écologique montant, nous serons bien obligés de nous adapter comme nous avons toujours sur le faire, et dans des conditions infiniment plus périlleuses…

    Pensons à la possibilité que chacun puisse produire à terme sa propre énergie grâce aux panneaux solaires et autres éoliennes de plus en plus efficace en terme de rendement énergétique (sans compter la géothermie, la biomasse…), au retraitement des déchets de plus en plus efficace, aux capteurs de carbone, au développement du transport public dans les villes, du fret ferroviaire, des trains à grande vitesse… Les solutions sont d’une telle diversité que la question n’est pas « comment nous adapter à l’après-pétrole? » mais plutôt « quand n’aurons-nous plus d’autre choix? ». Après, la condition sine qua non de cette adaptation repose sur un appareil productif efficace, donc sur une poursuite de la croissance économique…

    Pour ce qui est de la SF, j’avoue m’être formé au biberon de l’Age d’or avec son cortège d’Asimov, de Van Vogt et autres Heinlein ; aussi, je garderai toujours une estime pour cet âge « primitif » du space opera. Même si, évidemment, la SF prospective et réflexive de K. Dick, Sterling ou Ballard apporte une toute autre satisfaction intellectuelle ;)

  12. Dafir Says:

    J’avais jamais lu une telle bouse sur Internet… Mais quelle malhonnête intellectuelle sans borne faut-il avoir pour oser écrire ça ?

  13. René de Sévérac Says:

    C’est la remarque de « Dafir » qui me fait réagir.
    Je suis retourné lire le billet et quelques com’ dont le mien.
    Et le votre (vallesmarineris) du 24.09 et les suivants relatifs à la SF.

    Sur le fond de Décroissance, le débat est vicié parce que chacun voit le futur par extrapolation du monde moderne « la richesse des pauvres » (gisement illimité) requiers toujours plus (à moins d’imposer le partage -lui-même absurde-). Il n’y a donc pas de solution.
    Et même Benoit XVI (que j’aime beaucoup) considère (dans Veritas in Caritate) que la « justice » passe par une économie de même nature mais plus « humaine ».

    Quelques exemples :
    Total fait de gros investissements en Alberta pour extraire du pétrole de sables bitumineux : ils détruisent d’énormes espaces avec d’énormes scrappers, chauffent d’énormes quantités de sable pour produire quelques barils. Bref, ils consomment deux barils de pétrole por en produire trois.
    Les travailleurs, pour réduire le coût de leur habitation, construisent à des dizaines de km de leur lieu de travail; de même les entreprises créent les centres dans des zones d’activité loin des habitations.
    Evidemment, les corons ne sont pas l’idéal architectural.

    Ces quelques illustrations n’ont pas d’autre but que de montrer que la société des siècles suivants (si elle existe) exige le tabula rasa.

    Alors quand j’entends parler de peupler les galaxies, je m’interroge sur les capacités mathématiques de ces propagandistes.

    Optimistes, Good Luck.

    • vallesmarineris Says:

      Pour la dernière fois, je ne suis aucunement un optimiste ontologique : « l’homme » fera encore la guerre dans 10000 ans. Il commettra des meurtres, selon des modes opératoires probablement toujours plus atroces et « raffinés ».
      Et si un jour l’âge des nations s’éteint, ce sera pour laisser place non à une humanité ouverte et interconnectée, mais au contraire à de nouveaux clivages probablement tout aussi virulents (technologiques? sociaux?)…

      En fait, je me rattache plus aux pessimistes qu’aux optimistes : la construction européenne (dans son idée de paix perpétuelle par le droit pur) m’apparaît comme une farce, et je reste plus que circonspect devant le dégoût instinctif que ressentent mes contemporains envers l’idée d’un choc des civilisations.

      Et c’est précisément mon pessimisme intégral quant à la nature humaine qui m’amène à m’étonner sans cesse de notre inimaginable capacité à créer malgré tout (j’aimerai bien savoir utiliser le html pour mettre en italique). A nous adapter en toutes circonstances. A faire face à notre capacité illimitée d’autodestruction.

      En ce sens, je voue à « l’homme » une confiance intégrale : non pas en tant qu’il est raisonnable (il ne le sera jamais), mais en cela que sa « folie » l’oblige en permanence à chercher le moyen de survivre, malgré lui-même, et malgré les contingences de la nature…

      Enfin, je pense que votre idée de tabula rasa fait de vous le véritable optimiste en ces lieux. ;)

  14. René de Sévérac Says:

    Juste un mot.
    Ma conclusion (Optimistes, Good Luck) ne vous était pas adressée en propre, mais à ceux qui évoquent les mondes futurs imaginés à partir de scenarii de SF.
    Pour mettre en gras, bold en anglais ou italique placer la lettre b ou i entre pour ouvrir la zone dont on change la fonte; pareil pour fermer avec /b ou /i.

  15. betje klier Says:

    Auriez-vous la gentillesse de me dire d’ou vient la photo noir + blanc de la Statue de la liberte? Merci, bk

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