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Cycle villes européennes : Prague

septembre 9, 2010

Amsterdam et Prague. Deux villes européennes, deux villes que tout oppose : l’une, plongée dans la mer, regarde encore les pays lointains et exotiques, les océans interminables et la dure vie des marins sur les vaisseaux de bois. L’autre, posée au coeur du continent, laisse encore percevoir derrière les mornes vestiges du communisme, le luxe ostentatoire de son passé impérial.

Alors que le voyage pour Amsterdam se signalait par l’ennui des interminables plaines belges -pays heureusement très petit, l’arrivée en République tchèque est plus rocambolesque : une fois passé Nuremberg, le paysage change radicalement. Aux plaines du Bade-Wurtemberg succèdent désormais des montagnes couvertes de sombres forêts de conifères. Et l’adjectif « sombre » n’est pas rhétorique : le sommet des gigantesques pins (font-ils 40, 50 mètres?) est à ce point épais qu’il empêche toute lumière de filtrer. On croirait voir les elfes sortir de ces bois épais et s’étendre tranquillement dans l’or des champs de blé!

Une fois redescendues les montagnes de Bohème, et alors que nous nous attendions à parvenir dans une de ces régions recouvertes d’un noir linceul de cendres délicatement déposé par les cheminées de quelque conglomérat industriel soviétoïde, il fallu bien nous rendre à l’évidence : l’anticommunisme primaire de certains membres du groupe nous avait trompé. Non seulement la plaine bohémienne n’était pas toute entière transformée en zone interdite réservée aux stalkers de l’Education Nationale (ou aux ultimes membres du Parti Communiste Français), mais qui plus est, elle était plutôt accueillante, inondée de soleil et de panneaux publicitaires géants et de vie! Si bien qu’il ne nous restait plus qu’à ranger nos compteurs Geiger (qui ne donnaient que des taux de radioactivité 7 fois supérieurs à la norme, contre 50 selon le guide du routard) et à nous dévêtir des combinaisons anti-radiation, qui, il est vrai, commençaient à nous peser depuis la frontière allemande.

D’autant plus que (et là, les lecteurs ainés de ce blog qui voudraient tenter l’aventure bohémienne sont priés d’écouter attentivement), contrairement à une idée souvent répandue par les plus sudistes d’entre nous, il ne fait pas froid en Europe centrale. Il y fait même chaud. Très chaud! C’est donc armés de brumisateurs et de parapluies (à défaut d’ombrelles) que nous sortîmes de la voiture  afin de gagner le havre climatisé de l’hôtel…

… Peu avant d’en ressortir,  non sans avoir auparavant profité de la douche glacée de notre chambre afin d’affronter l’infernale chaleur du dehors (il est pourtant 22h!) mais aussi, force est de l’avouer, l’impressionnante beauté de la ville!

Car, trêve de plaisanterie : Prague est sans aucun doute l’une des plus belles villes du monde. Ce que je m’en vais montrer tout de suite, preuves à l’appui,

1. Le Château

La vieille ville sur la rive gauche de la Vltava (prononcer « Vltava ») est dominée par le Château, ancienne résidence des rois de Bohême aujourd’hui occupée par la présidence tchèque. En fait de « château », il s’agit d’un immense complexe de palais dominé en son centre par la splendide cathédrale Saint-Guy (photo ci-dessus : une peinture murale de la chapelle Saint Venceslas), et qui évoque le Kremlin tant par sa taille que par sa position dans la ville. A noter la légende praguoise selon laquelle il serait impossible d’accéder au Château, de nombreuses personnes étant mortes en tentant de le faire… Bien évidemment, le touriste ne doit pas écouter ces élucubrations!

2 la grande horloge astronomique

Edifiée alors que le géocentrisme régnait encore en maître, l’horloge de Prague permet de distinguer les mouvements de la lune et du soleil autours de la Terre. Son fonctionnement basé sur le système de Ptolémée reste d’ailleurs très obscur, et toute étude y fut interdite après qu’un groupe de scientifiques de l’université de Brno (prononcer « Brno ») se soit laissé mourir de faim  sans être parvenus à remporter le pari qu’ils avaient fait avec leurs collègues de Prague, pari selon lequel ils ne devaient pas se sustenter avant d’avoir pu lire la date du jour sur l’horloge astronomique. Leurs collègues de Prague, ayant appris la nouvelle, se seraient alors jetés d’une fenêtre par dépit, épisode resté célèbre sous le nom de défenestration de Prague.

3. Les églises


Après que la peste réformée eut été extirpée jusque dans les bas-fonds les plus sordides de la ville, il était nécessaire d’affirmer que Prague n’avait jamais cessé d’être la perle catholique de l’Empire, pure de toute influence protestante. Aussi les Habsbourg construisirent-ils de nombreuses églises baroques, toutes plus magnifiques les unes que les autres, comme l’église Saint-Nicolas que vous pouvez admirer sur la photo ci-dessus.

4. Le quartier juif

Prague s’est toujours montré tolérante, y compris envers les juifs! Aussi leur a-t-elle confié un quartier inondable sur la rive droite de la Vltava, dans lequel ils pouvaient construite toutes sortes de bâtiments propres à leur culture (bijouteries, banques, magasins de fourrure, synagogues). Attention : notre public sensible doit savoir que le port de la kippa est obligatoire pour pénétrer dans une synagogue, ce qui, bien entendu, n’est signalé à l’honnête non-juif qu’après le paiement du ticket d’entrée (non remboursable).

5. Les moyens de transport pragois

Trois moyens de transport coexistent à Prague :

1. le tramway : entièrement gratuit, le tramway accueille 20h sur 24 le voyageur qui ne doit pas se laisser intimider par l’apparence soviétoïde des rames. Les chauffeurs, en revanche, ont été récemment remplacés par des robots à l’apparence humaine, mais l’office des transports pragois assure qu’il n’y a aucun danger!

2. le cheval : alternative au tramway, il donne une plus grande liberté de mouvement mais présente un rapport coût/vitesse relativement défavorable depuis que la municipalité a interdit le galop en centre-ville. Aussi, nous conseillons plutôt :

3. la skoda : voiture typique de l’industrie bohémienne, la skoda fut longtemps surnommée en Europe de l’est « la lada du pauvre ». Il fallut attendre la fin du communisme pour que justice soit enfin rendue à cette voiture certes un peu bruyante, mais solide et ô combien attachante. Peu de gens savent par exemple que la skoda est capable de parcourir jusqu’à 250km sans aucun ennui mécanique. Il est loin le temps où les assurances exigeaients une assurance-vie avant de laisser leurs clients acheter une skoda! Et c’est aujourd’hui toute la fierté de l’industrie tchèque que de permettre aux Pragois de parcourir leur ville ou les charmantes campagnes de Bohème au volant d’authentiques modèles de collection 1968, 1977 ou 1984!

Prague est donc l’une des plus belles villes du monde. Joyau de l’architecture baroque, elle témoigne par ses monuments de son ancienne position de capitale impériale nichée au coeur de l’Europe, entre ces vingt nations qui coexistaient pacifiquement sous la douce férule des Habsbourg. Tout semble l’opposer à Amsterdam, cette capitale du futur, et pourtant telle est l’Europe, de tout temps partagée entre la construction continentale et l’appel du grand large, entre les monuments millénaires et les navires largués vers l’inconnu, entre le poids de l’histoire et la liberté du présent!

Et pourtant, ces deux faces d’un même continent, d’une même culture, forment bien un tout. Auquel j’appartiens, plus que jamais!

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Manifeste pour un racisme vertueux

juin 6, 2010

On associe souvent racisme et antisémitisme.

A tort, selon moi : l’antisémitisme est un phénomène intellectuellement bien plus intéressant que le racisme.

Honnêtement, de nos jours, qui sont les racistes, les véritables racistes, capables de disserter des heures durant sur la classification des races suivant leur degré d’évolution tout en se contorsionnant pour prouver que Murakami, Rushdie ou Pouchkine sont bien des représentants purs de la race supérieure? Pouvez-vous en citer un seul? Pouvez-vous trouver un seul site honorablement raciste? (attention : je ne parle pas de cette banale xénophobie de PMU exposée à longueur de journée chez les neuneus de François Dessouche, et dont la seule activité intellectuelle semble consister à compter les racailles dans la banlieue du coin).

Réflexion faite, pourtant, j’en trouverais bien un. (ça va le MRAP, pas trop déçu?)

Et encore, Kemi Seba se revendique autant de l’antisémitisme que du racisme. Pire  : en abandonnant officiellement le suprématisme noir, il semble délaisser le racisme pour se recentrer sur le créneau antisémite. Un signe des temps.

Maintenant se pose évidemment la question : qu’est-ce qui rend l’antisémitisme si intemporel, et, osons le mot, si glamour?

Du laius inutile de réponses moralisantes (la « bête immonde » tapie en chacun de nous, la « connerie humaine ») ou auto-justificatrices (les juifs sont trop « repliés » sur eux-mêmes, ils instrumentalisent leurs malheurs depuis 25 siècles : la preuve, lisez la Bible XD mdr), on peut détacher une base de réflexion : le juif est un objet de projection. Mieux : il est la meilleure machine à fantasme jamais conçue.

Du philosémite à l’antisémite, chacun peut y aller de sa petite construction intellectuelle plus ou moins névrotique, l’un voyant dans « le juif » la réalisation parfaite de l’esprit internationalisé et détaché des basses contraintes nationales et territoriales des autres peuples, un modèle d’autant plus parfait qu’il est vacciné à jamais de la petitesse nationaliste et militariste par les gaz d’Auschwitz. L’autre, au contraire, voit dans le juif apatride l’horreur d’une humanité dépourvue de territoire et de conscience. Agissant par pur intérêt, le juif ignore la profondeur d’un sentiment et n’a de cesse de désirer ce qui lui manque. Etre du vide et de l’absence, il porte symboliquement le poids de tous les malheurs du monde.

Et c’est là, au sein même de ce double fantasme entretenu par le philo et l’antisémite que se niche Israël.

Qu’est-ce qu’Israël? Un Etat. Un Etat comme on n’en fait plus depuis des siècles (à part en Russie et -peut-être- aux Etats-Unis), plus attaché à sa souveraineté qu’un Louis XIV, à son armée qu’un Napoléon et à son territoire qu’un Français. Une construction politique du XXème siècle, mais qui semble sortie armée et casquée du XVIIème. Point donc de ces constructions politiques grotesques qui, des nationalismes arabes aux « chants d’espoir » socialistes ou fascistes en passant par les militarismes latino-américains, ont plongé par milliards les êtres humains dans l’arbitraire, la terreur et la démence.

Juste un Etat souverain au sens fort du terme, dont on ne juge pas la diplomatie avec les critères de Maastricht et de Rome, mais avec ceux de Westphalie, de Nimègue et de Vienne. Un Etat convaincu, contre toutes les leçons des Européens postmodernes, que la liberté et le droit ne se conservent qu’au fil de l’épée. Pire : un Etat qui, malgré son militarisme, n’en croit pas moins charnellement aux vertus de la démocratie, du droit et de liberté, et réussit tout autant à les mettre en pratique que n’importe quelle démocratie postmoderne soumise au diktat permanent de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, et cela va sans dire, infiniment mieux que la série brevetée d’Etats dégénérés issus des poubelles idéologiques du XXème siècle.

Pour le philosémite, postmoderne et éthéré, l’Israélien est donc la trahison de son idéal. Il est celui qui a renié son identité, ou, plus précisément, l’identité que le philosémite projetait en lui. Chaque minute de l’existence d’Israël est  une trahison. Chaque goutte de sang versée au nom de cet Etat est un crime plus épouvantable que le pire des génocides, raison pour laquelle la mort d’un seul Palestinien mérite plus d’attention que celle de millions de Coréens du Nord anéantis par leur propre gouvernement. Car, vous comprenez, d’un côté, il y a normalité : les dictatures tuent, c’est dans l’ordre des choses. En revanche, un Israélien tuant son prochain, voilà le seul Crime!

Et, vérifiant l’adage selon lequel il n’est pire ennemi qu’un idéaliste déçu, les philosémites sont peu à peu devenus les plus grands convoyeurs du fiel anti-israélien. Obsédés par Israël comme l’amoureux transi pour la femme tant aimée, ils ne cessent de la suivre, de l’épier, de lui accorder sans cesse une attention dont elle se passerait bien, la pauvre, mais qu’elle ne peut rejeter d’un revers de main, quoique
Bien entendu, Israël n’est jamais assez irréprochable, ses mots sont toujours trop tranchants, ses gestes n’ont jamais tant de grâce que lorsqu’ils nous sont destinés. Et ses amants, ses amants…!

Dans quel désespoir ces amoureux transis sont-ils de voir l’objet de tous leurs désirs convoler en justes noces avec ce qu’ils considèrent comme l’ennemi par excellence, cet (autre) Etat croyant encore aux vertus de l’histoire et de la liberté, cet Empire… Quels efforts ne font-ils pas pour remettre cette femme tant aimée dans le droit chemin! Combien de pétition, combien d’articles, combien de livres et de contributions! Et tout cela en vain…

Si bien qu’enfin, dérivant dans l’océan de sa mélancolie, le philosémite voit l’éternel objet de son amour quitter sa banale conversation sans même lui accorder un regard, ni un mot, et voguer vers d’autres rivages.

C’est le retour à la réalité, brutal. Finalement, cette grande indifférente, cette femme rebelle, méritait-elle mon amour? Et ce rival qui lui logea une balle dans la poitrine jadis, n’avait-il pas de bonnes raisons de le faire? Ne dissimulait-elle pas en elle les germes de la trahison et de la discorde? Cette femme tant aimée n’aurait-elle été que mensonge et dissimulation? Sa beauté, ses mots aiguisés pour séduire, sa grâce : autant de mensonges, développés au fil des ans par une créature dont les mots, comme autant de serpents, répandaient leur venin sur mes idéaux, une créature perverse et dangereuse, une traitresse, une abomination.

Arrivé à ce point, on pourrait se dire qu’il n’est pire chose que le philosémite puisse penser d’Israël, et qu’il ne pourra faire pire que de haïr cet Etat de 7 ou 8 millions d’habitants. Pourtant, il y a pire encore : le philosémite peut se convaincre qu’il se doit de sauver Israël d’elle-même [petit intermède : Israël doit-il être considéré comme un nom propre de genre masculin ou féminin? Dans l’attente d’une éventuelle réponse et dans l’intérêt de ce récit métaphorique, nous continuerons à employer le féminin].

Dès lors, la ridicule Flottille pour la paix prend tout son sens. Ainsi que la réaction européenne après l’abordage : « c’est donc qu’elle est à ce point diabolique? », ne vaudrait-il mieux pas qu’elle n’ait jamais existé…

L’antisémite est en apparence plus simple que le philosémite. Considérant Israël comme l’Etat juif, autrement dit l’abomination, il n’a de cesse de vouloir le délégitimer. Pour cela, il utilise les chambres à gaz, une création des juifs eux-mêmes qui n’hésitent pas, dans leur monstruosité, à inventer les histoires les plus abracadabrantes [on peut relire L’étoile mystérieuse pour s’en convaincre : tiens, étrangement, on en parle moins que de Tintin au Congo] pour arracher à la communauté internationale le bout de terre qui servira de base de départ à sa méthodique conquête du monde. On en baillerait presque si, au négationnisme, ne s’ajoutait le très rebattu complot juif intergalactique, qui, du Protocole des Sages de Sion au CRIF, en passant par l’Alliance martienne et le Modem, n’avait de cesse de comploter affreusement pour nous imposer, euh, on ne sait trop quoi, mais sûrement quelque chose de terrifiant et d’indiscible.

Bien évidemment, après Auschwitz, les antisémites n’obtiennent en Occident qu’une audience clairsemée. Ils prêchent donc dans le désert et profitent de la base de repli offerte par le monde arabo-musulman en attendant des jours meilleurs. Or, ces jours ont fini par arriver.

Car on rigole, on s’amuse, mais pendant ce temps, une ligne de convergence vient de s’établir entre philo et antisémites : pour sauvegarder leur idéal, Israël doit être anéanti. Le discours de la délégitimation de l’existence d’Israël triomphe désormais en Europe. La femme au port altier est rattrapée par l’ancien amoureux, qui tente vainement de dissimuler ses bouffées de ressentiment sous le masque du transport sentimental ou de la rationalisation absurde.

Cette convergence est facilitée par une double évolution dans la thèse du complot juif : d’une part, la focalisation malsaine et pleurnicharde des sociétés européennes sur Auschwitz semble accréditer la thèse antisémite selon laquelle les juifs imposent leur domination par l’appel à la mémoire torturée (et donc à la faiblesse) des Européens. D’autre part, les bons rapports entre Israël et les communautés juives américaine ou française, chacune structurée par des organisations représentatives (AIPAC et Crif), offre un point de fixation concret à la théorie du complot mondial, qui peut ainsi être rationalisée sans avoir recours aux ridicules Protocoles et autres Illuminatis.

Et cette convergence ne se masque même plus, désormais, les tenants de l’ancien philosémitisme participant sans remords aux opérations de propagande du Hamas. Certes, leurs cries d’orfraie dès lors qu’on les place face au fait accompli réussissent à tromper quelques bonnes âmes.

Mais point de faux-semblants pour l’Eve, cette première femme qui en a vu passer des antisémites, par convois entiers. Remettre en cause la légitimité de l’Etat d’Israël, c’est remettre en cause son droit à l’existence. C’est donc, pour ceux qui ont le courage de leur opinion, rejeter en toute conscience 7 millions de juifs à la mer. Comment donc, « nous ne voulons pas cela »? Tant de commentaires haineux sur rue89 et le monde.fr pour maintenant jouer les mijorées? Lâches que vous êtes! Inconséquents dans votre sentimentalisme pleurnichard comme dans votre haine rance!

J’en viendrais presque à croire que c’est l’inconséquence de ses ennemis qui sauvera Israël, bien plus que ses chars d’assaut!

Quant à moi, je m’en vais rêver à un retour du racisme. Un racisme beau, neuf et parfait, qui puisse tout à la fois convaincre le monde de l’éminente supériorité de la race blanche tout en se parant du masque de la vertu et du droit international.

Mieux, je m’en vais rêver d’une résolution de l’ONU promouvant la supériorité de l’Occident, et qui sera, je n’en doute pas, approuvée par les représentants des races dégénérées d’Afrique et d’Asie sans que cela ne pose le moindre problème aux si nombreuses -et si dévouées- bonnes consciences que compte l’Europe occidentale…

Engagez-vous!

mai 31, 2010

Tu es européen, tu es jeune, tu te sens concerné par l’avenir du monde, le sort des Palestiniens et la cuisine à l’huile, tu es plein d’énergie mais tu ne sais pas comment exprimer ton amour débordant pour les grandes causes de ce monde? Rejoins donc la Flotte de la liberté!

La Flotte de la liberté te permettra de voyager en Méditerranée (tous frais payés*) à la découverte de paysages sublimes. Embarque sur un bateau de la liberté, et vient sillonner la mer sur les traces des grands citoyens engagés du passé, d’Ulysse à Pythéas, à la découverte des subtiles sirènes de notre temps, qui accompagneront de leur chant béni**  la mission humanitaire de la Flotte.

A travers ses escales nombreuses, la Flotte de la liberté te donnera un vaste aperçu de cette mer aux enjeux si complexes et fascinants. A chaque escale, tu auras l’occasion de confronter ta révolte et ton écoeurement à la révolte et à l’écoeurement de tant d’autres européens, qui, comme toi, sont révoltés et écoeurés du capitalisme, de la faim dans le monde, de la cuisine au beurre et du sort réservé aux Palestiniens par l’Etat impérialiste et colonialiste d’Israël. Chaque rencontre contribuera ainsi à forger une opinion pro-palestinienne et une révolte contre le sionisme criminel qui te sera propre, et fera de toi un être exceptionnel, citoyen éclairé et conscient des enjeux de notre temps!

Ainsi, devenu un homme nouveau dans les embruns de la mer millénaire, tu débarqueras sur les plages de Gaza***, cette immense prison à ciel ouvert dans laquelle survivent un million de Palestiniens, enfermés là sans raison par l’hydre sioniste. Tu y seras accueilli avec joie par nos représentants sur place qui t’indiqueront les chambres d’hôtel réservées par nos soins. La durée du séjour sur place dépendant de notre cher organisateur, tu pourras en profiter pour offrir tes talents aux chers administrateurs et amis de Gaza, qui donnent jusqu’à la dernière goutte de leur sueur pour le réconfort et le soutien aux civils gazaouis victimes de l’oppresseur sioniste. Là-bas, tu découvriras une nouvelle forme d’entraide et de générosité qui te permettront d’oeuvrer dans le sens des valeurs critiques et populaires que tu auras appris à apprécier durant ton périple.

Citoyen engagé, rejoins-nous donc!

Ceci est un message promotionnel en faveur de l’association « une flotte pour la Palestine »****


* La direction décline toute responsabilité dans les frais supplémentaires éventuellement occasionnés par la situation politique de certaines escales. Prévoir devises (euro, dollar, sterling, yen, CFA, -éventuellement deutsche mark pour parer à toute éventualité) en cas d’immobilisation imprévue du navire pour cause de déroutement ou d’abordage, ainsi que des cartes au 1/50 000 en cas (très peu probable) d’échouage.
** prévoir des écouteurs pour les heures de prières, auxquelles la direction recommande d’ailleurs de participer quelques fois (voir la partie « ouverture culturelle » du guide de voyage, p. 7 à 9).
***  La direction décline toute responsabilité en cas de problème dans le débarquement. Lors d’un éventuel abordage, veuillez vous conformer aux règles de sécurité définies en pages 12 et 13 (paragraphes 1.5 à 1.9), ainsi que les suppléments « inconvénients de voyage » réservés aux cas d’abordages par des troupes manifestement hostiles. Nous rappelons aux aimables participants que le lancer de tomates, d’oeufs ou de tout objet contondant sur des troupes hostiles reste déconseillé par l’ensemble de nos guides touristiques.
**** Association à but non lucratif. Vous pouvez contacter nos différents services aux agences suivantes : Beyrouth, Gaza, Londres, Sarajevo, Shiraz, Teheran, Tripoli, Tyr.

Victoire prévue de Georges Frêche

mars 16, 2010

Laurent Fabius : « mes pensées vont aux victimes de la Shoah »

« Dubaïgate », humour et vieilles dentelles

mars 11, 2010

J’aime bien Libé.
Ce journal appartient à la catégorie si rare (et tellement nécessaire) des boussoles sud, ces outils sur lesquels je peux avoir l’absolue confiance de pouvoir conformer mon opinion en toute situation, et en tout lieu.
Ainsi, sans même avoir besoin de réfléchir, je peux immédiatement répondre « noir » dès lors que Libé aura jugé « Blanc ».
Cela n’est pas vraiment possible avec un journal comme le Figaro, dont les prises de position nébuleuses, oscillant entre la nécessité de rendre service à l’action gouvernementale et le désir de promouvoir des valeurs réactionnaires-molles tout en ne se coupant pas du lectorat bourgeois modéré, ne permettent pas de définir une ligne cohérente, un sonderweig journalistique. Trop de compromis, trop de bêtise petite-bourgeoise (cette névrose des fonctionnaires et de « l’argent public »), mais parfois aussi, et bien que rarement, des propos de clarté et de raison (le meilleur journal en ce qui concerne l’actualité russe -certainement de vieux relents de Custine et de la guerre froide).

Bref.

Tout ceci pour en venir à ce petit article de Libé, qui fait suite à la désormais fameuse affaire du « Dubaïgate », durant laquelle des agents d’origine très possiblement israélienne ont abattu l’un des principaux fournisseurs d’armes du Hamas dans un quartier de Gaza où il partageait les peines de son peuple dans un des méga complexes hôteliers 10 étoiles qui pullulent dans la nouvelle Babylone pudibonde et survoltée qu’est devenu Dubaï.

Que nous conte donc cet article? La prochaine campagne publicitaire d’une chaîne de supermarchés israéliens inspirée du Dubaïgate, et alternant plans des déambulations des clients filmées par vidéosurveillance, et interview des mêmes clients dont le vocabulaire est celui employé par le gouvernement pour démentir avec étonnement et stupéfaction (haha) l’implication d’Israël dans l’assassinat du Dubaïgate.
C’est donc à un détournement malin de l’actualité récente que se livre ici le publicitaire.
La question qui peut alors être posée est celle de l’intérêt de cet article au sein d’un grand journal français (en dehors, bien sûr, de l’étrange fascination que les médias occidentaux semblent éprouver pour cette région du monde, et qui les pousse à examiner n’importe quel arrière-tiroir israelo-palestinien comme s’il s’agissait de la Pierre de Rosette). A la limite, on comprendrait qu’un canard de Tel Aviv traite de l’information dans sa rubrique « anecdotes », mais dans un grand quotidien français?
La réponse arrive en fin d’article : « L’opération témoigne aussi de la satisfaction assumée de la société israélienne après cette élimination ciblée »

Voilà la bête : non seulement les Israéliens assassinent des gens. Mais, diable, ils en sont heureux! Pire encore : ils en rient! Ils se permettent même -et c’est un comble- de rire d’eux-mêmes! Rire d’eux-mêmes, quand ils devraient s’autoflagéler! Voilà qui ne peut que choquer une société dans laquelle prononcer une phrase comportant les mots « arabe » ou « juif » provoque immédiatement prêches enflammés, confessions de péchés enfouis depuis treize générations, excommunications et appels à la Croisade contre le pensémal!
Alors, imaginez-vous : une société qui assume sereinement le fait de devoir tuer pour assurer son propre avenir, et qui, sachant la nécessité de l’acte, comprend qu’il est bien plus hygiénique d’en rire que d’en faire pénitence. Car la conscience ne se lave pas innocemment. Elle a besoin de coupables pour se faire, dont elle devra se débarrasser pour être enfin purifiée et reconquérir sa blancheur originelle. Or, comment trouver et désigner des coupables sans trancher au coeur du tissus civique, sans attenter à l’unité de la nation? Cela est impossible, et une société à la conscience pure ne peut qu’être une société en guerre perpétuelle. C’est ce que savaient Savonarole et Calvin, c’est ce que nous semblons redécouvrir.

Or, face à nous, nous avons le spectre de cette société vivante. Une société qui a encore une conscience assez forte pour supporter le poids de taches morales en se riant d’elles!
En comparaison, comme nous paraissons faibles! Comme nous avons laissé notre conscience dégénérer et s’affaiblir, à tel point qu’elle n’est plus capable aujourd’hui de supporter la moindre tâche, et ne peut nous laisser vivre sereinement sans être plus blanche que la plus fraiche des neiges! Comme nous paraissons petits et débrayés, nous, les moines et les inquisiteurs de ce monde, face à ce petit peuple assumant fièrement sa destinée dans une région qu’on croirait pourtant sortie de l’enfer!
Comme, enfin, nous paraissont sérieux pour les détails ridicules et, paradoxalement, si peu sérieux pour les choses d’importance!

« Il faut se méfier des gens qui ne rient jamais, ce ne sont pas des gens sérieux » disait Alphonse Allais. Cette maxime peut aussi s’appliquer aux peuples.
Bien entendu, c’est ce que Libé, pointe avancée et fier héraut d’une certaine décadence spirituelle, considère avec circonspection et méfiance.
Et c’est ce que nos futures Halde et autres commissariat au vivre-ensemble considèreront très bientôt comme des « dérapages », des « provocations », puis, peut-être, des crimes…

Quant à moi, après tous ces problèmes de conscience, je m’en vais écouter Carmen!

Le Complot

février 10, 2010

Avant de commencer à lire cet article, cher lecteur, il est préférable que tu ais pris de ton temps (certes précieux, mais c’est ce dévouement qui fait de toi un lecteur de qualité) afin de regarder ce petit reportage. Dépêche-toi, ce n’est censé rester que sept jours!

Tel Aviv, date inconnue.
Un bureau assez vaste et sombre.
Un planisphère, surmonté d’un compas et un œil du triangle. Une faible source de lumière l’éclaire.
Au dessous, deux personnes assises.

– Bonjour, mon cher David

– monsieur

– je vous ai fait venir car l’Organisation a décidé de passer à l’acte demain.

– Enfin, je me demandais quand cela viendrait, monsieur!

– vous n’êtes pas censé vous demander quoi que ce soit, David…

– excusez-moi, monsieur

– des goys ont déjà été exécutés pour moins que ça!

– excusez-moi, monsieur!

– et arrêtez de vous excuser, on dirait un Allemand! hahaha!

– hahaha!

– ces pauvres Allemands… 50 ans qu’on les fait chanter avec nos camps de vacances en Pologne!

– c’est bien vrai, monsieur!

– Déjà un grand coup de l’Organisation, mon cher David.

– J’en sais quelque chose, mon grand-père y a participé!

– c’est vrai?

– il travaillait dans les services d’information de l’Organisation basés en Pologne. C’est lui qui a recruté les figurants pour la prétendue « libération des camps ».

– tiens donc! Vous êtes plein de surprise, mon cher David!

– merci, monsieur !

– hum… Faîtes-moi plaisir, David…

– oui, monsieur ?

– Evitez de prendre ça pour un compliment à l’avenir. Je n’apprécie généralement pas les surprises.

– …

– et l’Organisation non plus.

– bien sûr, monsieur.

– et ne vous ventez pas trop de votre grand-père : de nombreux figurants buvaient tellement en Pologne qu’ils avaient leurs appareils photo autour du coup lors de l’arrivée des Soviétiques.

– je ne savais pas, monsieur.

– et leur chemise à fleur.

– cela me surprend…

– pourquoi croyez-vous que nous avons demandé aux Soviétiques de tourner des films sur la libération des camps plusieurs mois après ?

– …

– hahaha ! Ne faîtes pas cette tête dépitée, mon cher David : demain sera un grand jour. Et vous serez aux premières loges pour assister à cela ! Tout est-il prêt de votre côté ?

– oui, monsieur. Les banques sont contactées, nos actionnaires ont revendu leurs parts et nos employés de la côte Est ont pris un jour de congé.

– bien.

– nous avons bien eu quelques problèmes du côté des agents navigants, mais rien qui ne se soit réglé rapidement…

– ah oui, ces agents qui refusaient de travailler un jour de Shabbat…

– oui, monsieur. C’est la raison pour laquelle nous avons du remettre l’opération de quelques jours.

– Refuser de participer à un jour historique pour notre communauté… ces réactionnaires sont une plaie pour l’organisation, je l’ai toujours dit !

– oui, monsieur.

– au moins, les rationalistes athées que nous employions pendant la guerre ne nous posaient pas ce genre de problèmes.

– certes.

– cela fait longtemps que je demande à l’organisation de revoir son processus de recrutement, mais en vain. C’est comme ces symboles !

– oui, monsieur ?

– ce compas et cet œil au triangle sont devenus bien trop banalisés! Vous rendez-vous compte, David, que la moitié des membres de l’Organisation ne sont même plus capables de dire ce que cela signifie ?

– c’est effrayant, monsieur !

– effrayant ? Non, ce qui est effrayant, ce sont les réponses que j’ai obtenues dans le sondage organisé par nos instituts, et qui affirme que la moitié de nos membres croient que le compas est un symbole maçonnique.

– …

– vous rendez-vous compte, un symbole maçonnique !!

– une honte, monsieur !

– une infamie ! Et je ne parlerai même pas de l’autre moitié qui y voyait une bonne idée de logo pour leur boutique !
je l’ai encore dit au premier ministre, tout à l’heure.

– monsieur ?

– je sens à votre ton que vous avez une question

– effectivement, si vous le permettez, j’aurai bien…

– allez droit au but, David, vous savez combien les préambules m’ennuient !

– eh bien, je ne sais rien de ce qui va suivre la journée de demain…

– haha ! Je vois, mon cher David, je vois… Vous savez pourtant que la bonne marche de cette Organisation et l’atteinte des Buts qu’elle s’est fixée dépend de sa capacité à conserver une opacité totale pour le commun des mortels.

– certes, monsieur

– et que cette opacité dépend de l’étroitesse du cercle instruit du déroulement des opérations.

– oui, monsieur

– aussi, en théorie, je ne puis répondre à votre question. Mais nous sommes la veille d’un jour historique, et vous nous êtes fidèles, mon cher David, tout comme votre grand-père et votre père !

– merci beaucoup, monsieur

– ne me remerciez pas, David. Ce secret, vous devrez le garder. Ce sera un poids plus lourd que ce que vous n’aurez jamais eu à porter.

– j’espère en être digne, monsieur

– digne ? Est-on digne de faire l’histoire sans que cela ne soit jamais connu de personne ?

– je l’ignore, monsieur

– moi aussi, mon cher David. Mais l’Organisation seule compte, comme me l’a répété le premier ministre tout à l’heure. Voyez cette carte, David. Repérez-vous Israël ?

– Bien entendu, monsieur.

– non, David, c’est faux.

– Monsieur ?

– personne ne repère Israël sur une carte du monde, à moins de le connaître déjà.

– …

– personne, alors que la Chine, l’Inde, la Russie se voient tout de suite ! Mais cela va changer à tout jamais ! Le premier ministre a placé l’armée en alerte. Après-demain, nous décrèterons la mobilisation générale et, d’ici une semaine, ce qui se faisait appeler le « monde arabo-musulman » n’existera plus. Pendant que nous nous occuperons sans risque des arabes, nos esclaves nord-américains envahiront l’Asie centrale, et, de là, une coalition formée par les îles Salomon, la Papouasie Nouvelle-Guinée et les commandos de manchots empereur des Kerguelen occuperons l’Inde, le Pakistan et la Birmanie. Enfin, nos services infiltrés dans le Parti Communiste Chinois provoqueront des tremblements de terre et des épidémies de rhume des foins qui mettront à bas toutes leurs grandes villes, pendant que Bernard-Henri Levy, le Modem et Arnaud Viviant s’empareront des principaux médias en Europe. D’ici deux mois, mon cher David, nous serons les maîtres du monde.

– C’est extraordinaire, monsieur

– n’est-ce pas ?

– et comment ferons-nous pour diriger les gens qui ne sont pas, enfin, vous savez…

juifs, mon cher David, ne tournez pas autour du pot !

– oui, monsieur

– eh bien, nos sages ont des plans pour eux, mais je doute que cela leur plaise… hahaha !

– hahaha !

– mais trêve de plaisanterie, revenons à notre sujet, et résumez-moi une dernière fois la première phase de la procédure, mon cher David.

– Bien sûr, monsieur. A 8h14, heure de Washington, le vol UA175 décollera…

Apprenons à rire au Parti Socialiste

janvier 28, 2010