Archive for the ‘L'humour, c'est comme le chocolat’ Category

L’Eve future s’engage

septembre 15, 2010

La première fois que je rencontrai Dominique de Villepin, ce fut sur un étal de la FNAC. Son autoportrait trônait, tel un buste de César, probablement oublié par quelque lecteur que le poids du dit-ouvrage avait sûrement incité à oublier au beau milieu du rayon « politique étrangère » qui se trouvait alors être le plus proche de lui.

Je traversais une période difficile de ma vie : mes cheveux tombaient. Logiquement, lorsque je vis au loin la crinière magnifique, mon sang ne fit qu’un tour. Les yeux débordant de larmes, le coeur battant, les muscles de contractant, je me précipitai au rayon politique étrangère afin de pouvoir toucher de mes propres mains celui qui était déjà devenu, l’espace de quelques secondes, mon nouveau Messie. L’homme qui pourrait enfin combler le territoire vierge sur ma tête, délimité par cette tonsure dont je me rendis compte plus tard qu’elle exteriorisait sûrement le vide métaphysique qui m’habitait alors.

A peine rentré chez moi, je me mis à la lecture de l’ouvrage que je ne lâchai plus. Peu importait l’absence de conseil capillaire (bien qu’une marque de shampoing, voire une bonne adresse de coiffeur n’eut pas été de trop), je n’en étais plus là. Deux jours durant, je dévorai le livre qui semblait être, à première vue, une autobiographie romancée de Dominique (tu permets que je t’appelle Dominique?). Les pages s’enchaînant, j’imaginais Dominique, le sabre à la main, provoquer en duel l’émir du Qatar ou le président américain. Je le voyais sauter par-dessus les montagnes afin de délivrer la belle princesse Ingrid emprisonnée par l’horrible colombien Uribus dans sa jungle poisseuse.

Enfin, arrivé à l’apogée de son règne de gloire, je pleurai moi-aussi aux côtés de Mouammar et de Robert en écoutant l’indépassable discours prononcé à l’ANU. Mes voisins durent d’ailleurs me prendre pour un fou lorsque, à la fin du discours et alors que mes quelques cheveux se trouvaient projetés en plein ANU, à des milliers de kilomètres du reste de mon corps, je me mis à applaudir frénétiquement, emporté que j’étais par la gloire villepinienne!

Mais qui n’a pas lu son livre, ou écouté ses discours, ne peut saisir le sentiment qui étreint l’auditeur devant la prose développée par Dominique. Aussi, et non sans vous inviter à y adhérer, je vous livre la pertinente analyse de l’oeuvre villepinienne par un commentateur d’un grand site d’achat en ligne :

« En vérité le livre est un palimpseste: A la surface, les écrivains, leurs idées et leurs batailles sont présentés ; mais les conclusions principales brillent en dessous. Et c’est ça qui compte. De l’underground émerge un discours de valeurs. L’auteur accomplit un travail de conscience permanent formulé en pleine nuit. Ecrire un livre sur ses nuits blanches en tant que premier ministre est en soi un fait courageux. Ces nuits souvent solitaires et douloureuses sont en même temps les seules heures de réflexion, de silence et de paix, permises à un ministre. Indirectement DDV nous montre aussi sa méthode à confronter la politique quotidienne. »

Or, cette politique quotidienne qui étreint le coeur de l’homme tel un serpent, Dominique va y être confronté directement, sous la forme de l’infâme docteur Sarkozus. Originaire des lointains marécages de l’Est, le docteur Sarkozus s’est rendu maître d’un ministère stratégique, à partir duquel il ourdit un complot réfléchi de longue date : devenir tyran à la place du président. Armé de sa hargne, de sa méchanceté et de toute l’intelligence pernicieuse que lui donne son éducation plébéienne, Sarkozus ne va avoir de cesse de détruire celui qu’il pressent comme étant son seul ennemi sur la route du pouvoir : Dominique. Aussi va-t-il s’employer à monter des machinations toutes plus atroces les unes que les autres afin d’abattre le grand homme. Mais Dominique n’est pas homme à renoncer face à la vilenie et la méchanceté! Et surtout, il n’est pas homme à devenir méchant et à monter des machinations stupides et absurdes pour rendre les coups à son vicieux adversaire! Aussi, infâme tragédie, l’horrible docteur Sarkozus parvient-il à tromper le brave paysan français en lui instillant ses idées poisseuses qu’une nature trop faible et un esprit trop dégrossi n’ont pas réussi à déceler.

La gentillesse, cette fois, a échoué. Les Français sont décidément des veaux. Mais comme le disait le Général, éternelle source d’inspiration de Dominique : une bataille est perdue, mais la guerre ne l’est pas. Ainsi continue-t-il le combat, envers et contre tous, et malgré toutes les embûches que l’infâme tyran Sarkozus et ses immondes complices dressent sur son passage! Car le règne de la gentillesse et du bisou a trouvé son souverain. Car Dominique est le seul a pouvoir enfanter un monde sur lequel jamais plus la pluie ne tombera!

Aussi, parce qu’il faut être gentil, parce qu’il faut être solidaire, parce qu’il faut que Mahmoud, Robert et Hugo, ces braves représentants du monde libre, puissent enfin donner une voix à ceux qui n’en ont pas dans le respect de tous, parce que, enfin, il faut être bien coiffé, l’Eve future donne sa voix à Dominique. Elle vote pour un nouvel ordre mondial qui fasse prévaloir le droit et la justice, et ose enfin dire non à la guerre et aux pointes sèches!

Elle vote République Solidaire!

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Au PS, on n’a pas d’idées, mais on a des Congrès.

mai 29, 2010

« Au PS, le vrai travail commence », a confié Martine Aubry lors de la dernière Convention du Parti. L’occasion de revenir sur l’un des coups de génie organisationnel du PS : le Congrès.

Le congrès consiste à appeler un certain nombre de congressistes, les délégués, à les réunir dans une grande salle (point trop grande non plus, il est important qu’elle paraisse remplie) afin qu’ils viennent écouter des discours ennuyeux. A la fin d’un discours, les gentils organisateurs des congrès circulent dans les rangs afin de réveiller les délégués qui ont alors l’occasion d’applaudir. Cela leur est d’autant plus aisé que la fin d’un discours indique en général la survenue de la pause petits-fours.

Puisqu’il faut bien justifier la tenue d’un congrès, autrement que par la qualité des petits-fours et les prospectus touristiques disponibles dans l’office du tourisme de la ville organisatrice, les socialistes organisent en général une dispute.
La dispute est un rituel du congrès socialiste. Elle se mène en général entre des équipes, nommés des courants. Chaque courant est formé par un leader, appelé camarade (parfois charismatique, mais souvent non, dans la mesure où le charisme participe à une individualisation malsaine de la politique qui tend à mettre en évidence un personnage au détriment de ses idées : on appelle ça la pipolisation) et animé par des gentils organisateurs, aussi appelés personnes de conviction. Il arrive parfois qu’un courant soit formé par plusieurs camarades, au cas où un homme de conviction accéderait à la position convoitée de camarade de courant, ou lorsque plusieurs camarades décident de fusionner les motions.

La motion est le texte proposé par un courant. Il est formé d’un assemblage de phrases, débute par une majuscule et se termine généralement par un point (il arrivait souvent qu’une motion se termine par un point d’exclamation lorsque la dernière phrase était « à bas le capitalisme ! » ou encore « non à la droitisation du parti ! »). La motion présente généralement des idées pour un projet de société. Elle est remise à la direction après avoir reçu l’aval des comités de conformité morale, écologique, éthique et citoyenne.

Une fois toutes les motions remises, la dispute commence entre la motion A, pour une société « antilibérale et écologiquement responsable, dans le respect des libertés citoyennes de chacun », la motion B, pour un monde « plus juste et écologiquement responsable, dans le respect des libertés citoyennes de chacun » et la motion C, pour une société « qui promeuve le développement durable et la responsabilité écologique et sociale de tous, dans un monde où le libéralisme soit au service des citoyens, et non le contraire ».

Les disputes sont ritualisées : chaque camarade de courant vient exposer sa motion devant les autres en faisant un discours ennuyeux, que chaque délégué aura pu parcourir auparavant à l’écrit, de même que les services de presse qui en profitent pour manger des petits-fours. La réussite du courant durant le congrès se mesure généralement à l’écoute du discours par les autres camarades, qui peuvent :
– écouter avec un sourire poli. C’est généralement bon signe.
– écouter en hochant la tête. C’est généralement bon signe.
– écouter en faisant des blagues avec leur voisin(e), dont tout le monde se demande si c’est une vraie blague, ou uniquement un effet de mise en scène destiné à faire jaser les services de presse afin que les petits fours ne disparaissent pas tous avant la fin du discours. Quoiqu’il en soit, c’est généralement bon signe.
– ne pas être présent, mais indiquer que cette absence est due à des raisons externes à leur propre volonté, qui n’a donc rien à voir avec la teneur du discours et la qualité de la motion proposée par le courant, qui obtient bien évidemment tout leur soutien. C’est généralement bon signe aussi.

Lorsque les discours sont passés, les gentils membres du parti, aussi appelés les militants, sont appelés à voter pour décider laquelle, de la motion A, de la motion B ou de la motion C est la plus proche de leur sensibilité politique. Une fois le vote passé et les résultats connus, une synthèse entre les trois motions est proposée par le grand leader du parti, aussi appelé premier secrétaire. La synthèse consiste à prendre des mots dans la motion A, la motion B et la motion C, afin de les mélanger pour donner une motion ABC. Suivant le vote des militants, la motion ABC sera déséquilibrée en faveur de l’une ou l’autre des motions originelles. Par exemple, si la motion A est arrivée en tête, la synthèse sera ABC. De même, si la motion B est arrivée en tête, la synthèse sera ABC. Le camarade à la tête du courant dont la motion est arrivée la première se voit attribuer une place de choix à la direction du parti, aussi appelée le secrétariat national.

Les militants sont appelés à voter pour approuver la motion de synthèse. Il est rare que la motion de synthèse soit refusée, dans la mesure où aucun gentil organisateur ne circule pour réveiller les militants avant le vote. Une fois adoptée, la motion ABC devient le programme du parti jusqu’au prochain congrès. Le programme sert à patienter une fois que les petits-fours sont terminés.
A la fin du congrès, les survivants décident de la date du prochain congrès. Les autres sont renvoyés dans leur cellule, aussi appelée section du Parti. Enfin, certains reviennent à la vie et chantent l’Internationale. En général, ils meurent aussitôt après.

Faits divers : Siné Hebdo ferme

mars 30, 2010

L’ensemble de la rédaction de l’Eve Future se joint à Siné pour partager ce moment poignant.

Toi aussi, lecteur chéri, tu peux participer aux derniers jours de cette belle aventure en consultant ce site et, bien entendu,  celui-là.

PS : après avoir vainement cherché une couverture qui ne soit pas un crime contre le bon goût , l’Eve Future a finalement décidé d’offrir à Siné cette magnifique Trabant :

Pour en finir avec Stéphane Guillon

mars 24, 2010

Oui, je sais, cher lecteur, chère lectrice, tu voudrais que je change de sujet.
Tu trouves certainement que là, trop, c’est trop, et qu’il me faudrait quand même délivrer mon âme de l’étrange obsession qui semble s’être emparée de moi à propos de l’assujettit social à l’humour de caporal-chef qui orne depuis quelque jour ma prose délicate -quoique souvent fougueuse- de ces relents d’imbécilité troupière et de mélasse conformiste.

Et chose promise, chose due : comme l’indique le titre, passé cet article, il ne sera plus jamais question sur ce blog du camarade Stéphane Guillon et de la seule oeuvre à laquelle il se soit pour l’instant attelé -non sans un certain talent, à savoir la résurrection de cette manière délicate et racée de faire rire qu’était l’humour brejnevien.

Qu’est-ce que l’humour brejnevien, te demanderas-tu, cher lecteur, non sans avoir au préalable demandé à ton ami google te bien vouloir te fournir une ou deux indications de base au sujet du mot sus-mentionné qui n’en gardera pas moins sa profonde opacité pour toi, lecteur ignare au point de croire que les mots « praesidium suprême », « congrès du Parti » ou « camarade » tirent leur origine de la dernière saison de Star Trek -alors qu’il s’agit là, bien évidemment, d’une référence aux premiers épisodes des shtroumfs?

Bon, je vais résumer : voyez-vous les colonnes de chars des premiers mai moscovites? Et bien, vous tenez là l’essence même de l’humour brejnevien.
L’humour brejnevien avance avec la légèreté d’une colonne de blindés. Il s’annonce, sans grâce, sans goût, sans rien d’autre que le bruit de ses moteurs tournant à plein régime et le bruit dur, cassant, du fer sur le bitume.
Il n’avance pas, d’ailleurs, il défile. Car l’humour brejnevien ne se dévoile pas avec délicatesse : non, il se donne à voir sans retenue. Il se montre sous toutes ses facettes et tend bien haut ses canons de manière à ce que, si l’on est pas saisi de rire, on le soit au moins de crainte.
car l’humoriste brejnevien a besoin d’ennemis vers qui tendre ses canons. Attention, pas n’importe quel ennemi. Non : des ennemis visibles, identifiables, des ennemis sur lesquels il est facile d’apposer la marque « MAL ». Car pour l’humoriste brejnevien, l’humour est une croisade. Le sabre dans une main, la Bible/Le Capital/Le dernier Badiou (rayez la mention inutile) dans l’autre, il s’élance, fougueux, et dévore à grand coups d’images éculées, de formules à l’emporte-pièces et de comparaisons foireuses les centaines de kilomètres qui le séparent de la figure honnie de l’ennemi.

Dans le monde tel que le propose l’humoriste brejnevien, il n’est donc rien qui ne soit blanc ou noir. Dressé sur l’autel, les bras emportés par quelque mouvement vengeur, le regard de feu et le ton ironique-imprécateur, ce Savonarole des temps modernes se lance à l’attaque de l’Ennemi comme si l’avenir du monde en dépendait.
Ainsi, l’humoriste brejnevien ne trouvera d’aucun intérêt de prendre pour tête de turc Robert Badinter, Jean Gireaudoux, un cintre ou… soi-même.

Et oui, c’est le propre de l’humoriste brejnevien que de proposer des formes humoristiques aussi diverses et bigarrées qu’un défilé de blindés. Le propre de l’humour de bon goût est de parvenir à jouer sur les registres et les degrés de lecture, ainsi que sur les formes humoristiques : l’humour absurde, la dérision, le jeu de mot -point trop n’en faut-, le comique de situation, toutes formes d’humour qui peuvent aider, lorsqu’elles sont maîtrisées, à offrir au spectateur une diversité de degrés de lecture qui lui permettront peut-être, du moins peut-on l’espérer, de saisir la modestie de sa place dans un univers à ce point polysémique…

Point de tout ça chez l’humoriste brejnevien. L’humour y prend la plupart du temps la forme de la dérision (on imitera alors la voix et les tics de Nicolas Sarkozy pendant cinq minutes) ou de l’absurde, mais pas de n’importe quel absurde : l’absurde par le point godwin (on mettra alors Eric Besson/Zemmour/Brice Hortefeux/Georges Frêche -rayez la mention inutile- dans la peau d’un nazi afin de prouver avec tact et finesse à quel point leurs actions et leurs discours rappellent quand même les heures les plus sombres de notre histoire). Ainsi, la pauvreté stylistique se met au service d’une indigence intellectuelle militante, servant moins à éduquer le public qu’à le caporaliser et l’enrégimenter dans la lutte contre le Mal.

Et cela tombe bien, car tout comme les colonnes de blindés de la place rouge, le brejnevien n’est pas très exigeant vis à vis de son public : quelques gestes de la main plus ou moins robotiques, quelques vivats cachés derrière des lunettes noires suffiront à le contenter. Du moins en apparence. Car, en fait, l’humoriste brejnevien rêve encore et toujours du grand soir où le héros charismatique -entendez lui-même– baigné de lumière et auréolé de gloire guidera le fidèle troupeau vers l’avenir bâti en un glorieux édifice.
Et oui, c’est l’éternelle faiblesse de l’humoriste brejnevien que de toujours chercher la complicité de son public, quitte à en rajouter, encore et encore, quitte à se victimiser, encore et encore, pour chercher toujours l’approbation de son public.

Et il n’a pas trop de mal à obtenir cette approbation, car il offre à son public l’inestimable : une certitude.

Dans un monde de doutes où l’homme et la terre ne sont plus au centre  de toute chose, qu’il est bon de se sentir enfin emporté au coeur de LA lutte du Bien contre le Mal, au coeur de ce combat dantesque qui se joue entre la perpétuelle remontée du nazisme rampant et le camp du Bien auquel, nous, nous appartenons. Et que nous pouvons les regarder de haut, tous ces petits indigents qui ne comprennent rien à la grandeur de NOTRE combat! Leur relativisme n’est qu’un signe de leur impuissance. Ils se croient intelligents, mais ne sont qu’aveuglés! Et s’ils critiquent notre idole, c’est qu’ils sont jaloux, ou pire, c’est qu’ils sont de l’autre camp

Mal utilisé, l’humour est donc une arme de destruction massive.

C’est bien pour cela que le grand humoriste a peur de l’humour. Il en a peur pour les autres, tout d’abord, car il connait trop son pouvoir, son influence, sa capacité à électriser les foules mille fois mieux que n’importe quelle argumentation vibrante.
Il n’est qu’à voir le soin clinique que Desproges employait à mettre de la distance entre lui et son public pour comprendre le rapport très spécial (quasi pathologique?) du grand humoriste à l’humour.

Le grand humoriste combat son public. Ou, plus précisément, il combat toutes les simplicités de pensées et de langage, les facilités morales, les échappatoires du quotidien qui sont autant de signes de faiblesse et de petitesse. Le grand humoriste affine et anoblit, quitte à choquer, quitte à provoquer, quitte à défier son public. Non, nous fait-il comprendre, la rencontre avec « l’autre » n’est pas forcément un moment d’enrichissement (merci Desproges), quant à « l’engagement », c’est bien souvent le nom que l’on donne au manque d’inspiration (merci les Inconnus) ou au conformisme politique (merci desproges, encore). Le même Desproges qui savait tout à la fois décocher des flèches tueuses en quelques mots à Pinochet (là où d’autres auraient eu besoin de longs discours) tout en rhabillant Duras pour de longs hivers (et tant pis pour les hypocrites).
En confrontant le public à ses petitesses, et en lui faisant comprendre par une nécessaire autodérision que ses petitesses sont nos petitesses à tous, le grand humoriste décentre l’indidivu, le fait descendre de son piédestal et le confronte à sa modeste condition d’homme, sans pour autant le désespérer (sans quoi l’humour deviendrait cynisme).

C’est d’ailleurs pourquoi le grand humoriste a aussi peur de l’humour en lui-même, car il connaît trop la limite fluctuante et ténue qui sépare le drolatique de l’odieux. L’humoriste joue avec les limites, c’est là son rôle et son métier. Aussi, la moindre petite faute de goût, le moindre petit jeu de mot en trop, et le propos, de comique, devient bêtise, ou cynisme. Et c’est alors tout le rôle d’éducateur du comique qui disparaît, enterré par une lourdeur de style ou un jeu de mot facile.
Bien sûr, ce rôle éducateur et anoblissant de l’humour n’est certes pas celui que s’assigne le camarade Guillon, qui n’hésite donc pas à y aller à la truelle, maniant à qui de droit accents allemands et points godwins en furie, dans un salmigondis qui n’a plus d’humour que le nom dévoyé.

Et à mille lieux du monde de modestie, de retour sur soi-même, d’autodérision et d’absurde brossé par un desproges furieusement anticonformiste, nous avons droit au conformisme abrutissant et politiquement correct du camarade Guillon. Le conformisme infernal d’un combat du Bien contre le Mal, d’une histoire comme volonté du spectateur replacé au centre de toute chose.
le constat est sans appel : l’humour de Guillon est une fabrique de monomaniaques, prompts à s’indigner de chaque injustice ridicule, mais incapables de voir que l’humour de leur idole n’est que l’appel à la guerre de tous contre tous, et au désir narcissique suprême de contenter les petits plaisirs de chacun au détriment de notre pérennité à tous.

Sur ce, je m’en arrête là. J’en ai fini avec le camarade Guillon, à tout jamais. A moins, peut-être, qu’un jour, nous nous retrouvions d’un côté et de l’autre des barreaux que son « humour » n’aura pas manqué de redresser dans la future république démocratique française des bisounours.

PS : je reste néanmoins outré par la prise de position de France Inter. Ou bien la radio soutient son humoriste, ou bien elle le vire. Bien entendu,  je suis favorable à la première solution. L’inquiétant n’est pas que Guillon s’exprime, mais que personne ne semble en mesure de s’opposer à lui.

Le vigilomètre

mars 23, 2010

Etes-vous un bon citoyen?

N’avez-vous jamais été touché par une pensée déviante?

Vos avis sur les discriminations, Hitler, l’euthanasie et la dernière déclaration de Benoît XVI sont-ils conformes à la ligne éditoriale du XXème Congrès?

Toutes les réponses à ces questions, et à bien d’autres encore, disponibles immédiatement grâce au vigilomètre. Le vigilomètre, un indicateur qui vous permettra de mieux connaître votre attachement aux valeurs républicaines de respect de l’autre et de vigilance citoyenne face au retour de la bête immonde!

Disponible -gratuitement- sur cette adresse de bon goût.

Humour et dépendances

mars 22, 2010

Toi aussi, cher lecteur, tu peux aider Stéphane Guillon à dénicher des infos sensationnelles sur Eric Besson*.

Pour cela, il te suffit de voter pour l’une des propositions suivantes, en envoyant ta réponse par sms au 36150 (4€50 le sms). profites-en : pour chaque sms envoyé, une excuse de France Inter est offerte!

Dans la chronique de demain, Eric Besson sera donc :

1. Un lycanthrope

2. Le fils caché de Barbra Streisand et de Timothy Dalton

3. Chtulhu

4. Le véritable réalisateur de Dune

5. Un sèche-cheveu

Maintenant, cher lecteur, à toi de jouer!

*N’oublie pas que si tu veux aider Stéphane Guillon dans ses dénonciations citoyennes et participatives, tu peux contacter la section locale du Parti, ou envoyer un sms. Pour cela, tu tapes « humour » au 153030 (gratuit vers tout poste de vigilance citoyenne).

La pensée du jour

mars 22, 2010

« Désormais Guillon est le seul à jouer (avec Dieudo!) dans la cour des grands. »

Kaim94, sur dailymotion.

Victoire prévue de Georges Frêche

mars 16, 2010

Laurent Fabius : « mes pensées vont aux victimes de la Shoah »

Notre grand jeu concours : le fasciste du jour

mars 10, 2010

Le grand jeu concours du fasciste du jour est ouvert.
Ce jeu fera appel à votre sagacité, à votre sens de la déduction, et surtout, à votre intuition!

N’hésitez pas, pour participer, à aller loin dans l’outrance : le jeu en vaut la chandelle!

Vous pourrez remporter de magnifiques lots, parmi lesquels :
– un authentique jeu de faisceaux dédicacés par Alessandra Mussolini en personne
– un exemplaire de Mein Kampf de 1936 préfacé par Alfred Rosemberg (et signé de la main de l’exécuteur testamentaire du führer)
– un magnifique drapeau français marqué de la swastika, ayant servi à la légion Charlemagne entre 1941 et 1944.
– une compilation des plus grands tubes de l’Occupation, avec en bonus un authentique enregistrement des dernières paroles de jacques Doriot peu avant son départ pour l’Allemagne!
– et bien d’autres lots encore.

Pour participer à ce grand jeu concours, c’est simple, il vous suffit de parler.

Notre premier gagnant est : Gérard Longuet.
Bravo Gérard! Vous remportez cette magnifique francisque, dédicacée de la main du Maréchal en 1943!

A demain pour de nouvelles aventures, en collaboration avec nos partenaires de libe.fr, de rue 89 et de Siné Hebdo!

Un peu de légèreté dans ce monde de brutes

février 23, 2010