Archive for the ‘Mon royaume pour un cheval!’ Category

La dernière délation

octobre 1, 2010

Jusque là, Martin Hirsch m’était plutôt indifférent. Il appartenait à cette catégorie de bons chrétiens prêchant la paix, l’amour de l’autre, la joue gauche et autres Sermons sur la Montagne destinés aux bienheureux qui n’ont jamais eu entre leurs mains les leçons terribles de Hobbes ou Machiavel. A ces belles déclarations de tolérance et de paix, je préfère d’ailleurs de loin la sentence de Mao, pour qui « la révolution n’est pas un dîner de gala »… Que voulez-vous, on ne se refait pas, et que ceux qui croient encore à la bonté naturelle de l’homme ou aux bienfaits de l’ONU me jettent la première pierre!

Aussi, quelle surprise je n’eus pas cette semaine en apprenant tout d’abord que Martin Hirsch n’était plus membre du gouvernement (bon, d’accord, j’ignorais qu’il l’avait jamais été) et qu’il se préparait à publier un livre traitant d’un sujet sensible s’il en est : le conflit d’intérêt.

En France, le conflit d’intérêt fait partie de ces objets exotiques que l’on ressort  du cabinet de curiosité tous les 20 ou 30 ans, en même temps qu’un os de dinosaures ou le dentier de grande tatie (qui fut une aventurière en Indochine au premier temps de la colonisation), et dont la signification s’estompe aussitôt rangé, comme dissimulé par un éternel brouillard.

Mais qu’est-ce donc que ce « conflit d’intérêt »?

Imaginez un député qui soit en même temps maire d’une commune. Imaginez maintenant qu’à un moment donné, ce député doive voter une réforme des collectivités locales qui avantage la nation mais désavantage sa commune. Il est en pleine situation de conflit d’intérêt, c’est à dire une « situation irrégulière dans laquelle il se trouve avoir des intérêts personnels qui sont en concurrence avec la mission qui lui est confiée », ou, plus précisément en ce qui concerne notre député-maire, deux missions d’intérêt public contradictoires qui le forcent à choisir l’une des deux, c’est à dire à délaisser l’autre (et donc à trahir sa mission et l’engagement qu’il a pris envers ses électeurs).

Le conflit d’intérêt n’est défini dans aucune loi, aucun règlement précis, c’est une simple règle de bon sens qui veut que la femme d’un ministre qui interviewe ce même ministre ou son supérieur direct sera dans une situation où elle devra soit attaquer ce même ministre et risquer le divorce, soit mener une interview toute molle, toute gentille, toute consensuelle en préservant son mariage mais en trahissant sa mission de journaliste.

A travers ces deux exemples, on peut voir la particularité du conflit d’intérêt, qui est de placer le député-maire ou la journaliste dans une situation de cas de conscience. Or, comme je l’ai dit plus haut, la nature humaine est ainsi faîte que dans une situation donnée, le brave citoyen sera toujours enclin à craindre le pire : ainsi, il soupçonnera fatalement la journaliste de préférer son mari à son travail. Aussi, le meilleur moyen de contrer le soupçon et la défiance du citoyen est-il encore d’éviter toute potentialité de conflit d’intérêt : le député ne doit pas exercer de mandat local, la journaliste mariée au politique ne doit pas traiter de politique ou présenter un journal télévisé.

Et cela ne doit pas être pris à la légère : à travers le cas de conscience du journaliste/homme politique, c’est toute la confiance du citoyen envers le média et le monde politique qui est remise en question. C’est toute la légitimité d’un système politique qui s’effondre, comme s’est effondrée la légitimité de Radio-France du jour où le président de la République décida d’en nommer lui-même le directeur.

Arrive donc Martin Hirsch et son livre sur les conflits d’intérêts. Contrairement à ce qu’on a pu en dire à droite ou à gauche, il n’est pas marquant en ce qu’il révèle des situations de conflits d’intérêts, mais en ce qu’il met en lumière leur potentialité omniprésente dans le monde politique français. Son livre débute par un questionnaire-florilège du conflit d’intérêt dont j’avoue, malgré toutes les préventions et la perversité qui me sont propres, et m’ont déjà poussé entre autres à déclarer en ces lieux ma flamme à Dominique de Villepin ou à dire « ta gueule » à Jean-François Coppé ou « gros tas de merde » à Xavier Bertrand (ah, c’était pas encore fait?), j’avoue donc que malgré tout cela, ce quizz d’ouverture m’a carrément laissé sur le cul.

Florilège :

Q9. Parmi les catégories suivantes, laquelle est obligée de déclarer publiquement des intérêts qui peuvent entrer en conflit avec les responsabilités qu’elles exercent ?

(Réponse : les experts sanitaires)

Q1. Un député ne peut pas, pendant son mandat. . .

(Réponse : être nommé enseignant)

Q6. Existe-t-il un pays où un membre de la Cour suprême peut avoir son loyer pris en charge par un homme d’affaires étranger ?

(Devinez… Encore merci Jacques Chirac)

J’arrête là : le constat est déjà trop accablant. Bien évidemment, chacun a ses responsabilités dans cette réalité, et il ne s’agit pas de dédouaner une opinion publique qui réélit sans cesse des députés-maires-conseillers généraux-présidents de communauté de communes dont elle semble estimer qu’ils pourront profiter de leur position à l’Assemblée pour en tirer quelques avantages en faveur de leur commune

Cependant, s’il est très improbable que nous devenions un jour des fanatiques du conflit d’intérêt comme le sont les Anglo-Saxons, il faudrait ou bien que l’on cesse de se poser des questions sur la probité de nos hommes politiques et que l’on soit parfaitement heureux d’avoir pour représentants Patrick Balkany ou Charles Pasqua, ou bien que l’on tente enfin d’établir un minimum de règles de bon sens qui permette un certain modus vivendi entre notre penchant catholique pour l’hypocrisie et notre désir secret d’être enfin satisfaits de ce système politique (à moins que l’antisarkozysme ne soit à lui seul une réponse à tous nos défauts)…

Et puisqu’il faut bien commencer quelque part, il serait peut-être temps que les éditorialistes de ce pays assassinent en direct et sans sommation Gerard Longuet, pour qui (menaces à l’appui) la volonté démocratique de Hirsch s’apparente à la trahison d’un secret professionnel (oui ami lecteur, tu as bien lu : pour Gerard Longuet, la politique est  régie par le secret professionnel) ainsi que Jean-François Coppé pour qui les révélations de Hirsch s’apparentent aux délations antijuives de la seconde guerre mondiale.

Ils pourraient aussi en profiter pour mettre en accusation les dirigeants de ce Parti Socialiste si prompt habituellement à s’opposer à tout et n’importe quoi à grand renfort de phrases toutes faîtes et de points godwin en furie et qui, dans cette affaire, restent bien étrangement silencieux… N’est-ce pas Benoit? Mais peut-être Martin Hirsch n’a-t-il pas suffisamment une tête de victime? Ou peut-être devrait-il préalablement tirer à la chevrotine sur des policiers ou se lancer à la chasse aux journalistes pour recevoir le soutien d’élus PS?

En attendant  cet éventuel sursaut politique et médiatique, cher Martin Hirsch, toi que je ne connaissais ni d’Adam ni d’Eve et que j’avais même tendance à dénigrer jusque là, je me rends compte que tu viens de t’attaquer seul à l’un des fléaux majeurs de notre démocratie imparfaite, et l’Eve future t’assure donc, pour ce que cela vaut, de son entier soutien!

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Décroissance, talibans et bisounours

septembre 19, 2010

Rue89 vient de proposer l’article d’un certain Paul Ariès, docteur ès malbouffe, scientologie, pédophilie et mondialisation, devenu à en croire sa notice wikipedia le penseur de référence du mouvement décroissant. Dans cet article, Paul Ariès décrit les conditions qui pourraient selon lui permettre l’émergence d’un grand acteur politique de la décroissance en France. Mais tout d’abord, et avant que d’aborder l’article proprement dit, il me faut répondre à la question suivante :

1. Le mouvement décroissant, qu’est-ce?

Imaginez un monde dans lequel votre rendez-vous chez le dentiste n’est plus reporté à 4 mois faute de praticiens suffisants, mais à 4 ans, car, pour votre bien, il ne faut pas qu’il y ait trop de praticiens.

Imaginez un monde dans lequel on ne vous propose plus d’acheter un nouveau réfrigérateur lorsque le votre cesse de fonctionner, mais dans lequel on vous propose de réhabiliter votre ancien frigo afin de le transformer en simple garde-manger.
Pour votre bien, évidemment.

La décroissance, c’est donc un enfer imaginé par quelques esprits tordus, dans lequel des fonctionnaires habilités de la décroissance jugeraient de la viabilité de tout nouvel achat d’un téléviseur couleur Thompson modèle 1988 que vous prévoiriez de faire pour noël (une fête d’ailleurs réprouvée par le ministère du développement durable pour incitation à la consommation). Un enfer pour tous, donc. Mais pas pour Paul Ariès. Pour lui, la décroissance, c’est une utopie.

2. La décroissance selon Paul Ariès

Pour Paul (tu permets que je t’appelle Paul?), la décroissance repose sur un constat évident : « Comme on sait que le gâteau -le PIB- ne peut plus grossir, la grande question devient celle du partage. Nous marquons le retour des « partageux ». »

Donc, Paul, j’aimerai te présenter Dorothée, de Sciences Humaines, l’auteure d’un article qui va beaucoup t’intéresser. Et oui, Paul, le PIB mondial n’a jamais plus augmenté dans l’histoire que ces trente dernières années! Mais soyons grand seigneur, et continuons notre lecture comme si nous n’avions rien remarqué.

« Je me reconnais pleinement dans le mouvement lancé par d’anciens résistants autour de la republication du programme du Conseil national de la résistance, »Les Jours heureux ». Au moment où la France était ruinée, à genoux sur le plan économique et industriel, on a su trouver effectivement les moyens financiers pour permettre cette solidarité avec la Sécurité sociale. Aujourd’hui, avec une France beaucoup plus riche, on voudrait casser cette Sécurité sociale. Il nous semble possible de rénover, d’approfondir les services publics. »

Bon.
Tout d’abord, j’aimerai qu’on m’explique ce que signifie la décongélation du programme du CNR auquel on assiste depuis quelques années. Honnêtement, il n’y a pas plus récent? Voire plus ancien? Après tout, tant qu’à faire un tour aux archives, pourquoi ne pas invoquer le Serment du jeu de paume? l’Edit de Nantes? Voire la Loi Salique?

Mais admettons : les résistants, depuis leurs cercueils, font entendre leur voix. Paul invoque la vengeance terrible des glorieux aînés qui se réveilleront et viendront, dans un remake plus ou moins minable de la nuit des morts-vivants, dévorer nos âmes de traîtres. Il nous faut donc dès aujourd’hui préparer le passé l’avenir en exhumant d’anciens résistants pour les présenter à la présidentielle de 2012.

Sans rire, ce n’est pas un argument de pilleur de tombes, ça? Ou plutôt de détrousseur de cadavres…

Mais poursuivons, sans remarquer la contradiction entre l’idée de décroissance et l’éloge d’un programme de sécurité sociale permis par la très forte croissance des Trente Glorieuses…

« Ce revenu garanti est aussi un pari anthropologique, je veux dire que nous sommes conscients que ça peut foirer. Il s’agit de dire que nous ne sommes pas seulement des forçats du travail et de la consommation, mais beaucoup d’autres choses. »

Arrivé là, cher Paul, j’ai bien envie de te dire « merveilleux ». Par hasard, tu ne serais pas au courant d’un ou deux de ses « paris anthropologiques » ayant conduit à des résultats assez peu orthodoxes? Hein? non? dommage, parce que justement, ils ont foiré…
C’est en général ce qui se produit lorsque des apprentis sorciers dotés des meilleures intentions du monde prennent une société postmoderne pour un legoland. En même temps, si pour toi le XXème siècle se résume aux congés payés et à la sécu, je comprends que tu ne saisisses pas vraiment…

« Le succès d’estime du terme de décroissance permet à chacun de mettre des mots sur ce que chacun ressent : on ne peut pas continuer à produire et consommer plus. Et pas seulement sur le plan écologique, mais humain, sans aller jusqu’à péter les plombs. »

Eh bien voilà, Paul, on aborde enfin la question centrale : la décroissance est une question de comportement personnel et de responsabilité individuelle. Effectivement, concevoir la vie sous le seul angle du consommateur abreuvé de publicités à longueur de journée est « anthropologiquement » impossible. Mais avions-nous besoin de toi pour le deviner? Et surtout, Paul, était-il nécessaire de fonder un mouvement politique pour cela?

Alors, qu’est-ce que tu dirais de laisser tout simplement vivre les êtres humains tels qu’ils l’entendent (on dit aussi « librement »)? Mais peut-être penses-tu que la nature humaine imparfaite requiert tes Lumières, ta Supériorité de vue et ton plan quinquennal pour enfin s’accomplir pleinement?

Mais laissons ce ton sérieux, et concluons cet article sur une dernière citation de notre inimitable décroissant :

« Nous nous sommes dotés de deux outils :

  • une charte a minima -il ne faut pas le cacher, la décroissance c’est aussi une auberge espagnole…-,
  • et un logo pour assurer la visibilité du mouvement, l’escargot. »

Tenez-vous le pour dit : l’avenir sera long. Très long.

L’Eve future s’engage

septembre 15, 2010

La première fois que je rencontrai Dominique de Villepin, ce fut sur un étal de la FNAC. Son autoportrait trônait, tel un buste de César, probablement oublié par quelque lecteur que le poids du dit-ouvrage avait sûrement incité à oublier au beau milieu du rayon « politique étrangère » qui se trouvait alors être le plus proche de lui.

Je traversais une période difficile de ma vie : mes cheveux tombaient. Logiquement, lorsque je vis au loin la crinière magnifique, mon sang ne fit qu’un tour. Les yeux débordant de larmes, le coeur battant, les muscles de contractant, je me précipitai au rayon politique étrangère afin de pouvoir toucher de mes propres mains celui qui était déjà devenu, l’espace de quelques secondes, mon nouveau Messie. L’homme qui pourrait enfin combler le territoire vierge sur ma tête, délimité par cette tonsure dont je me rendis compte plus tard qu’elle exteriorisait sûrement le vide métaphysique qui m’habitait alors.

A peine rentré chez moi, je me mis à la lecture de l’ouvrage que je ne lâchai plus. Peu importait l’absence de conseil capillaire (bien qu’une marque de shampoing, voire une bonne adresse de coiffeur n’eut pas été de trop), je n’en étais plus là. Deux jours durant, je dévorai le livre qui semblait être, à première vue, une autobiographie romancée de Dominique (tu permets que je t’appelle Dominique?). Les pages s’enchaînant, j’imaginais Dominique, le sabre à la main, provoquer en duel l’émir du Qatar ou le président américain. Je le voyais sauter par-dessus les montagnes afin de délivrer la belle princesse Ingrid emprisonnée par l’horrible colombien Uribus dans sa jungle poisseuse.

Enfin, arrivé à l’apogée de son règne de gloire, je pleurai moi-aussi aux côtés de Mouammar et de Robert en écoutant l’indépassable discours prononcé à l’ANU. Mes voisins durent d’ailleurs me prendre pour un fou lorsque, à la fin du discours et alors que mes quelques cheveux se trouvaient projetés en plein ANU, à des milliers de kilomètres du reste de mon corps, je me mis à applaudir frénétiquement, emporté que j’étais par la gloire villepinienne!

Mais qui n’a pas lu son livre, ou écouté ses discours, ne peut saisir le sentiment qui étreint l’auditeur devant la prose développée par Dominique. Aussi, et non sans vous inviter à y adhérer, je vous livre la pertinente analyse de l’oeuvre villepinienne par un commentateur d’un grand site d’achat en ligne :

« En vérité le livre est un palimpseste: A la surface, les écrivains, leurs idées et leurs batailles sont présentés ; mais les conclusions principales brillent en dessous. Et c’est ça qui compte. De l’underground émerge un discours de valeurs. L’auteur accomplit un travail de conscience permanent formulé en pleine nuit. Ecrire un livre sur ses nuits blanches en tant que premier ministre est en soi un fait courageux. Ces nuits souvent solitaires et douloureuses sont en même temps les seules heures de réflexion, de silence et de paix, permises à un ministre. Indirectement DDV nous montre aussi sa méthode à confronter la politique quotidienne. »

Or, cette politique quotidienne qui étreint le coeur de l’homme tel un serpent, Dominique va y être confronté directement, sous la forme de l’infâme docteur Sarkozus. Originaire des lointains marécages de l’Est, le docteur Sarkozus s’est rendu maître d’un ministère stratégique, à partir duquel il ourdit un complot réfléchi de longue date : devenir tyran à la place du président. Armé de sa hargne, de sa méchanceté et de toute l’intelligence pernicieuse que lui donne son éducation plébéienne, Sarkozus ne va avoir de cesse de détruire celui qu’il pressent comme étant son seul ennemi sur la route du pouvoir : Dominique. Aussi va-t-il s’employer à monter des machinations toutes plus atroces les unes que les autres afin d’abattre le grand homme. Mais Dominique n’est pas homme à renoncer face à la vilenie et la méchanceté! Et surtout, il n’est pas homme à devenir méchant et à monter des machinations stupides et absurdes pour rendre les coups à son vicieux adversaire! Aussi, infâme tragédie, l’horrible docteur Sarkozus parvient-il à tromper le brave paysan français en lui instillant ses idées poisseuses qu’une nature trop faible et un esprit trop dégrossi n’ont pas réussi à déceler.

La gentillesse, cette fois, a échoué. Les Français sont décidément des veaux. Mais comme le disait le Général, éternelle source d’inspiration de Dominique : une bataille est perdue, mais la guerre ne l’est pas. Ainsi continue-t-il le combat, envers et contre tous, et malgré toutes les embûches que l’infâme tyran Sarkozus et ses immondes complices dressent sur son passage! Car le règne de la gentillesse et du bisou a trouvé son souverain. Car Dominique est le seul a pouvoir enfanter un monde sur lequel jamais plus la pluie ne tombera!

Aussi, parce qu’il faut être gentil, parce qu’il faut être solidaire, parce qu’il faut que Mahmoud, Robert et Hugo, ces braves représentants du monde libre, puissent enfin donner une voix à ceux qui n’en ont pas dans le respect de tous, parce que, enfin, il faut être bien coiffé, l’Eve future donne sa voix à Dominique. Elle vote pour un nouvel ordre mondial qui fasse prévaloir le droit et la justice, et ose enfin dire non à la guerre et aux pointes sèches!

Elle vote République Solidaire!

Du bon usage de l’histoire

février 22, 2010

Charles X jugé par contumace pour son rôle dans la colonisation de l’Algérie : coupable.

La République algérienne proteste contre l’absence du roi à son procès. « L’argument selon lequel Charles X serait décédé depuis 174 ans n’est de toute évidence qu’un grossier mensonge permettant à la France de protéger l’une des plus sinistres figures de son passé colonial » selon le ministre algérien de la justice qui souligne aussi que « cette affaire est un mauvais signe pour un pays qui veut soi-disant œuvrer pour le dialogue et le rapprochement des cultures ». Plusieurs figures de l’opposition, dont Arnaud Montebourg, soulignent que « ce manque de coopération avec la justice algérienne reflète la présence encore lourde du passif colonial en France, et risque encore d’apporter de l’eau au moulin de tous ceux qui promeuvent le choc des civilisations ». « Après, on s’étonne qu’il y ait des attentats » déclare même le leader du SPA qui s’interroge : « même si ces attentats son condamnables et odieux, on peut se demander qui en est réellement responsable : des gens que la pauvreté et le néo-colonialisme conduisent aux pires actions, ou le système libéral qui augmente chaque jour un peu plus les inégalités entre riches et pauvres dans le monde ? »

Interrogé par des journalistes de Radio Canada, Robert Badinter soutient la proposition algérienne : « malgré l’état délétère des restes du corps de Charles X, il était de notre devoir moral d’ancienne puissance coloniale de les confier à la justice algérienne afin que cette jeune nation puisse mettre un visage sur le nom de ce roi odieux ». Il souligne aussi que, malgré tous les efforts des générations présentes, « il est très difficile de nous cacher que la France a souvent commis des actes contraires aux droits de l’homme durant sa longue histoire. J’ai d’ailleurs suggéré au groupe parlementaire PS de déposer une proposition de loi qui condamnerait l’invasion de l’Algérie par Charles X, invasion qui serait désormais considéré comme un crime contre l’humanité ». « Ce sont des actions comme celle-là, conclu-t-il, qui nous permettent de promouvoir l’esprit de paix et de dialogue des cultures sans lequel le monde sombrerait inévitablement vers un choc des civilisations… ».

A la suite de cette affaire, le président Sarkozy a annoncé son intention de se rendre en Algérie afin de resserrer les liens entre les deux pays, et a parlé d’une action malheureuse à propos du refus du Quai d’Orsay de transférer en Algérie les restes de Charles X. A une question concernant ses promesses de campagne sur la repentance, le président a répondu qu’« il est inacceptable que des malentendus de ce genre remettent an cause le lien indéfectible qui existe entre nos deux pays. Que l’Algérie veuille retrouver sa dignité, quoi de plus normal ! Et ce n’est pas faire preuve de repentance que de dire cela » et il a conclu sur la preuve tangible de l’amitié franco-algérienne que constitue, selon lui, l’assignation commune par la France et l’Algérie de l’Italie, qui « devra quand même un jour, souligne le président de la République, assumer les nombreuses actions contraires aux droits de l’homme commises par la République et l’Empire romain sur le sol des anciennes provinces de Gaule et de Maurétanie ».

La source.

La pensée du jour

février 17, 2010

«En Languedoc-Roussillon, l’honneur des socialistes est d’avoir été clairs en refusant de considérer autre chose que leurs idéaux»

Bertrand Delanoé

Aidez Mahmoud!

février 11, 2010

Toi aussi, dans un esprit d’ouverture à l’autre et de dialogue des cultures anti-impérialiste, tu peux aider Mahmoud, le Monde Diplomatique et Thierry Meyssan à repérer les agents de la CIA infiltrés en Iran.

Pour cela, réponds aux questions suivantes :

Question 1

Cette affiche représente :

1. Une femme dénudée et couverte de tatouages. L’exemple même de la sous-culture impérialiste véhiculée par l’occident décadent et ses affidés sionistes.
2. Une femme dénudée et couverte de tatouages. Probablement un agent du Mossad ou de la CIA
3. Une femme dont l’attitude et la tenue vestimentaire reflètent une absence flagrante de dialogue avec la culture islamique et un manque total d’ouverture citoyenne envers les autorités iraniennes. C’est dommage!
4. Je ne sais pas. Mais quand même, si elle est libre, ce soir…

Question 2 :

Cette photographie représente :

1. Des suppots de Satan et de la décadence occidentale, défilant sous l’inspiration du Malin et qu’il faut écraser dans le sang. Allah reconnaîtra les siens.
2. Un vulgaire photoshop des impéralistes américano-sionistes. En fait, il n’y avait que 50 personnes, dont la moitié étaient des agents de la CIA.
3. Manifester contre le CPE, ça n’a qu’un temps. Tous ces pauvres gens ne comprennent pas que leurs actions nous empêchent de dialoguer sereinement avec le régime iranien. Ils feraient mieux de rentrer chez eux et de respecter les traditions culturelles de leur pays.
4. Et tout ça grâce à twitter, quand même, hein! Si c’est pas génial! C’est clairement l’effet internet! Je vous l’avais dit, hein!

Question 3

Cette photographie représente :

1. Le jugement d’Allah!
2. L’arrestation d’un agent de la CIA par les militants démocrates du président Ahmaninedjad. Où est le problème?
3. Des agents policiers maitrisant un sujet de toute évidence malintentionné à leur égard. Certes, ces agents n’ont pas l’air très amicaux, mais est-ce pour autant une raison d’agiter un sac à main potentiellement dangereux sous les yeux des agents de la force publique?
4. C’est quand même une atteinte aux droits de l’homme!

Question 4

Cette photographie représente :

1. Une chienne d’occidentale. Elle a pas fini d’en baver!
2. Une pôôôvre occidentale qui essaye de se faire passer pour une vistime des mééééchants musulmans. Dites, vous ne trouvez pas étrange qu’elle se soit rendu en Iran juste avant le début des actions menées par la CIA et le Mossad?
3. Certes, cette jeune étudiante paraît honnête. Mais tout de même, elle aurait du s’abstenir de participer à des actions hostiles envers le pouvoir en place, et qui ne facilitent pas la mission de dialogue des cultures qui est la sienne.
4. O… Et sinon, quand rentre-t-elle en France? Non, je dis ça comme ça…

Pour plus d’informations ou pour mener des dénonciations citoyennes et participatives, vous pouvez vous adresser aux sites suivants :
http://www.monde-diplomatique.fr/

http://www.voltairenet.org/

http://www.csa.fr/ (bon, celui-là, j’avoue, c’est pour le plaisir ;-)

Toi aussi, découvre ton complot!

février 10, 2010

Découvrir un complot, c’est bien, mais savoir comment être certain d’en découvrir un en toutes criconstances, c’est mieux. Pour cela, 10 règles de base existent :

1. prendre un évènement médiatique (éviter par conséquent de parler de l’Afrique, de Jean-Pierre Chevènement ou de la construction européenne).

2. essayer de comprendre pourquoi cet évènement s’est produit.

3. si cette raison ne correspond pas à sa propre grille de lecture, chercher les raisons cachées.

4. si les raisons cachées sont niées par les enquêteurs officiels, parler d’un complot qui vous empêche de découvrir la vérité.

5. Si les enquêteurs nient l’existence du complot, considérer qu’ils en font partie.

6. De manière générale, considérer toute personne allant contre les conlusions de votre enquête comme un agent potentiel du complot.

7. enquêter en évitant soigneusement le terrain (d’abord, parce que c’est moins cher, ensuite, parce que vous risquez de rencontrer des témmoins de l’évènement -potentiellement mélés au complot- qui pourraient chercher à influer sur votre enquête).

8. utiliser un vocabulaire scientifique. Cela fait plus sérieux. Eviter cependant d’en abuser afin de conserver le lectorat. De manière générale, essayer de rendre l’enquête agréable à l’aide de graphiques, de changements d’échelle, de montages d’images médiatiques (éviter les images d’archive et non-médiatiques qui n’accrochent pas suffisamment le public). Autoriser les commentaires en bas de page : le public fera le travail d’inquisition de modération lui-même.

9. éviter les références aux loups-garous, aux OVNI, aux Templiers et à Mein Kampf.

10. Donner les conclusions de l’enquête. Attention, le passage est délicat et demande une bonne maîtrise des phases précédentes, sans laquelle la suspension d’incrédulité ne fonctionne pas.

Maintenant, cher lecteur, tu es toi aussi un expert, et tu peux, comme Pierre Péan ou Thierry Meyssan, te lancer à la découverte de nouveaux complots!

Le Complot

février 10, 2010

Avant de commencer à lire cet article, cher lecteur, il est préférable que tu ais pris de ton temps (certes précieux, mais c’est ce dévouement qui fait de toi un lecteur de qualité) afin de regarder ce petit reportage. Dépêche-toi, ce n’est censé rester que sept jours!

Tel Aviv, date inconnue.
Un bureau assez vaste et sombre.
Un planisphère, surmonté d’un compas et un œil du triangle. Une faible source de lumière l’éclaire.
Au dessous, deux personnes assises.

– Bonjour, mon cher David

– monsieur

– je vous ai fait venir car l’Organisation a décidé de passer à l’acte demain.

– Enfin, je me demandais quand cela viendrait, monsieur!

– vous n’êtes pas censé vous demander quoi que ce soit, David…

– excusez-moi, monsieur

– des goys ont déjà été exécutés pour moins que ça!

– excusez-moi, monsieur!

– et arrêtez de vous excuser, on dirait un Allemand! hahaha!

– hahaha!

– ces pauvres Allemands… 50 ans qu’on les fait chanter avec nos camps de vacances en Pologne!

– c’est bien vrai, monsieur!

– Déjà un grand coup de l’Organisation, mon cher David.

– J’en sais quelque chose, mon grand-père y a participé!

– c’est vrai?

– il travaillait dans les services d’information de l’Organisation basés en Pologne. C’est lui qui a recruté les figurants pour la prétendue « libération des camps ».

– tiens donc! Vous êtes plein de surprise, mon cher David!

– merci, monsieur !

– hum… Faîtes-moi plaisir, David…

– oui, monsieur ?

– Evitez de prendre ça pour un compliment à l’avenir. Je n’apprécie généralement pas les surprises.

– …

– et l’Organisation non plus.

– bien sûr, monsieur.

– et ne vous ventez pas trop de votre grand-père : de nombreux figurants buvaient tellement en Pologne qu’ils avaient leurs appareils photo autour du coup lors de l’arrivée des Soviétiques.

– je ne savais pas, monsieur.

– et leur chemise à fleur.

– cela me surprend…

– pourquoi croyez-vous que nous avons demandé aux Soviétiques de tourner des films sur la libération des camps plusieurs mois après ?

– …

– hahaha ! Ne faîtes pas cette tête dépitée, mon cher David : demain sera un grand jour. Et vous serez aux premières loges pour assister à cela ! Tout est-il prêt de votre côté ?

– oui, monsieur. Les banques sont contactées, nos actionnaires ont revendu leurs parts et nos employés de la côte Est ont pris un jour de congé.

– bien.

– nous avons bien eu quelques problèmes du côté des agents navigants, mais rien qui ne se soit réglé rapidement…

– ah oui, ces agents qui refusaient de travailler un jour de Shabbat…

– oui, monsieur. C’est la raison pour laquelle nous avons du remettre l’opération de quelques jours.

– Refuser de participer à un jour historique pour notre communauté… ces réactionnaires sont une plaie pour l’organisation, je l’ai toujours dit !

– oui, monsieur.

– au moins, les rationalistes athées que nous employions pendant la guerre ne nous posaient pas ce genre de problèmes.

– certes.

– cela fait longtemps que je demande à l’organisation de revoir son processus de recrutement, mais en vain. C’est comme ces symboles !

– oui, monsieur ?

– ce compas et cet œil au triangle sont devenus bien trop banalisés! Vous rendez-vous compte, David, que la moitié des membres de l’Organisation ne sont même plus capables de dire ce que cela signifie ?

– c’est effrayant, monsieur !

– effrayant ? Non, ce qui est effrayant, ce sont les réponses que j’ai obtenues dans le sondage organisé par nos instituts, et qui affirme que la moitié de nos membres croient que le compas est un symbole maçonnique.

– …

– vous rendez-vous compte, un symbole maçonnique !!

– une honte, monsieur !

– une infamie ! Et je ne parlerai même pas de l’autre moitié qui y voyait une bonne idée de logo pour leur boutique !
je l’ai encore dit au premier ministre, tout à l’heure.

– monsieur ?

– je sens à votre ton que vous avez une question

– effectivement, si vous le permettez, j’aurai bien…

– allez droit au but, David, vous savez combien les préambules m’ennuient !

– eh bien, je ne sais rien de ce qui va suivre la journée de demain…

– haha ! Je vois, mon cher David, je vois… Vous savez pourtant que la bonne marche de cette Organisation et l’atteinte des Buts qu’elle s’est fixée dépend de sa capacité à conserver une opacité totale pour le commun des mortels.

– certes, monsieur

– et que cette opacité dépend de l’étroitesse du cercle instruit du déroulement des opérations.

– oui, monsieur

– aussi, en théorie, je ne puis répondre à votre question. Mais nous sommes la veille d’un jour historique, et vous nous êtes fidèles, mon cher David, tout comme votre grand-père et votre père !

– merci beaucoup, monsieur

– ne me remerciez pas, David. Ce secret, vous devrez le garder. Ce sera un poids plus lourd que ce que vous n’aurez jamais eu à porter.

– j’espère en être digne, monsieur

– digne ? Est-on digne de faire l’histoire sans que cela ne soit jamais connu de personne ?

– je l’ignore, monsieur

– moi aussi, mon cher David. Mais l’Organisation seule compte, comme me l’a répété le premier ministre tout à l’heure. Voyez cette carte, David. Repérez-vous Israël ?

– Bien entendu, monsieur.

– non, David, c’est faux.

– Monsieur ?

– personne ne repère Israël sur une carte du monde, à moins de le connaître déjà.

– …

– personne, alors que la Chine, l’Inde, la Russie se voient tout de suite ! Mais cela va changer à tout jamais ! Le premier ministre a placé l’armée en alerte. Après-demain, nous décrèterons la mobilisation générale et, d’ici une semaine, ce qui se faisait appeler le « monde arabo-musulman » n’existera plus. Pendant que nous nous occuperons sans risque des arabes, nos esclaves nord-américains envahiront l’Asie centrale, et, de là, une coalition formée par les îles Salomon, la Papouasie Nouvelle-Guinée et les commandos de manchots empereur des Kerguelen occuperons l’Inde, le Pakistan et la Birmanie. Enfin, nos services infiltrés dans le Parti Communiste Chinois provoqueront des tremblements de terre et des épidémies de rhume des foins qui mettront à bas toutes leurs grandes villes, pendant que Bernard-Henri Levy, le Modem et Arnaud Viviant s’empareront des principaux médias en Europe. D’ici deux mois, mon cher David, nous serons les maîtres du monde.

– C’est extraordinaire, monsieur

– n’est-ce pas ?

– et comment ferons-nous pour diriger les gens qui ne sont pas, enfin, vous savez…

juifs, mon cher David, ne tournez pas autour du pot !

– oui, monsieur

– eh bien, nos sages ont des plans pour eux, mais je doute que cela leur plaise… hahaha !

– hahaha !

– mais trêve de plaisanterie, revenons à notre sujet, et résumez-moi une dernière fois la première phase de la procédure, mon cher David.

– Bien sûr, monsieur. A 8h14, heure de Washington, le vol UA175 décollera…

Dictionnaire des idées modernes (II. La droite)

février 6, 2010

Bon sens : bien de chez nous. Il évite de voter communiste. Jacques Chirac a beaucoup fait appel à lui dans ses sketches.

Chirac (Jacques): humoriste. Il se distingue par un nombre de sketches impressionnants, la plupart issus des campagnes électorales qu’il menait en marge de son activité secondaire : la politique (voir « promesses de campagne »)

De Gaulle (Charles): grand homme. Malgré une certaine aisance intellectuelle, il devient général, puis président de la République. Savait répondre à des questions lors des conférences de presse (voir « journaliste »)

De Villepin (Dominique): courtisan ayant acquis une certaine notoriété. Croit être président de la République : ne le contrarier qu’à condition d’être prêt à l’écouter déclamer ses poèmes.

dialogue des cultures : blague chiraquienne. Son aspect outrancier n’a pas permis d’atteindre le seuil de crédibilité qui donnait aux autres blagues chriraquienne leur aspect ambigu, sinon provocateur, si bien que les spécialistes la considèrent comme mauvaise (voir « Chirac », « fracture sociale »).

giscardisme et modernité : courant de la droite libérale. Très vivace dans les maisons de retraite, il perd cependant de plus en plus de terrain ailleurs.

fracture sociale : blague chiraquienne, restée célèbre pour sa chute mal comprise de l’auditoire. (voir « Jacques Chirac »)

France denbas : espace où vit le gueux. Sa modeste pitance et ses coutumes ancestrales ne lui permettent pas pour l’instant de s’intéresser à la vie politique, mais cela viendra un jour. S’oppose à la France denhaut.

France denhaut : château, manoir ou résidence du maître. S’oppose à la France denbas.

France qui se lève tard : partie de la France qui n’a pas pu se lever ce matin. L’explication la plus probable est la diffusion inégale du radio-réveil sur le territoire français.

France qui se lève tôt : partie de la France dans laquelle est arrivé le radio-réveil. S’oppose à la France qui se lève tard.

Gaullisme : manière d’être, de vivre, de penser, d’agir, sans laquelle être un homme n’aurait pas plus de signification que pour un cochon, ne pas être d’Inde. Il existe différents types de gaullisme :
– le gaullisme authentique : disparu, bien que certains prétendent en avoir trouvé des traces résiduelles dans les catacombes parisiens ou les cimetières de Colombey-les-deux-églises.
– le gaullisme véritable : attitude gaulliste qui consiste à relire les mémoires de guerre du général, et à y trouver des indications sur la manière de gouverner un pays à l’aube du troisième millénaire. Certains prétendent y avoir trouvé des traces d’internet et de la conquête spatiale.
– le gaullisme moderne : courant du gaullisme qui entend renouveler le gaullisme au nom du gaullisme. Très critiqué par les autres gaullistes, qui entendent conserver au gaullisme son authenticité gaulliste sans laquelle, selon eux, le gaullisme ne serait plus le gaullisme.
– le gaullisme social : nom que l’on donne au courant qui courtise le peuple en l’absence de son roi.

immigration : le Mal. Synonyme : invasion, guerre interplanétaire, génocide.

immigré : agent du diable. Eventuellement, peut servir à remplir les clauses statistiques de reconduite à la frontière.

jeune : élément instable, imprévisible et potentiellement dangereux pour la vie en collectivité. Menacer. Si cela ne marche pas, offrir un jeu vidéo.

journaliste : ne jamais se laisser poser de questions. Si impossible, demander conseil à Xavier Bertrand.

Juppé (Alain) : maire de Bordeaux. Fréquente régulièrement TF1, France 2, France Culture, RTL, France Info, France Inter, RMC, la BBC, CNN et l’agence Chine Nouvelle afin de dire aux Français que malgré ses capacités surhumaines et son sens de l’Etat infiniment supérieur au locataire actuel de l’Elysée, homme d’ailleurs parfaitement méprisable et cas psychiatrique probable, il reste modeste, n’a aucune ambition à titre personnel, et qu’il ne tient à rien plus que de s’occuper du bien des Bordelaises et des Bordelais.

pouvoir (usure du) : lorsque la gauche revient au pouvoir.

Promesses (électorales) : forme d’humour propre aux campagnes électorales (voir « Jacques Chirac »)

Raffarin (Jean-Pierre) : assistant commercial pour une grande marque de café. A renoncé au bout de trois ans à faire croire qu’il était premier ministre. A permis l’émergence de concepts novateurs dans la vie politique française, parmi lesquels le « vrégen », la « positivattitude » et la « France-denbas ».

la terre : ne ment pas. En présence de caméras, parler autant que possible avec des paysans et évoquer ses origines rurales (voir « campagne électorale »).

Vrégen : synonyme de « gueux ». Son contact avec la terre, Lory et Johnny Haliday lui donne les aptitudes suffisantes à la compréhension d’un discours de Jean-Pierre Raffarin (voir « bon sens »). A noter que les origines du mot sont discutées, quoique probablement poitevines.

Dictionnaire des idées modernes (I. La gauche)

février 3, 2010

citoyen : mouvement politique se donnant pour but le triomphe de l’idéal. S’oppose à politicien.

Commentaire (web) : espace de liberté et d’accomplissement personnel. Permet de dénoncer anonymement son voisin Israël, Philippe Val et les libéraux.

Clientélisme : action qui consiste à mettre son autorité politique au service du peuple, et non au service de l’idéal (voir « idéal » et « morale »)

François Mitterrand : quatrième président de droite de la Vème République. En cours de canonisation.

Idéal : le Bien. S’en rapprocher autant que possible. Ceux qui ne cherchent pas à s’en rapprocher sont des socio-traitres ou des clientélistes.

Jack Lang : directeur markéting. A malheureusement raté sa vocation, ce qui illustre les problèmes de l’orientation dans le système scolaire français.

Jean-Luc Mélanchon : animateur de soirées dansantes. Donne parfois des opinions politiques : ne pas s’inquiéter, et applaudir à la fin (voir « Patrick Sébastien »).

Libéral : insulte très répandue (voir « libéralisme »).

Libéralisme : le Mal. S’oppose à l’idéal. Ceux qui s’en rapprochent sont corrompus par lui, et peuvent devenir des socio-traitres, voire des libéraux. En cas de soupçon, écrire un commentaire sur Rue89.

Morale : toujours gouverner avec elle. Peut néanmoins subir des entorses : dans ce cas, prendre un adversaire et l’accuser d’être un nazi (ou un clientéliste).

Nazi : appellation répandue, généralement péjorative (voir « Morale »)

Nicolas Sarkozy : en parler autant que possible. Il aime cela autant que vous.

Parti Socialiste : éviter d’être le premier à aborder le sujet dans une conversation. Si quelqu’un l’aborde malgré tout, éviter d’en parler sérieusement.

politicien : homme souillé par la pratique politique, et qui a perdu sa pureté. S’oppose à citoyen.

Pureté : la promouvoir lorsqu’elle est politique (voir « vraie gauche »). La combattre lorsqu’elle est raciale.

Social-traitre : homme politique pour qui la réduction du chômage et de la pauvreté est plus importante que la lutte contre le libéralisme. Dénigrer autant que possible.

Vraie gauche : partie de la gauche qui se rapproche le plus de l’idéal. Se considère généralement comme pure, en opposition aux socio-traitres.

Bien évidemment, cher lecteur, chère lectrice, tu es convié(e) à rallonger la liste suivant ton inspiration!