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Cycle villes européennes : Prague

septembre 9, 2010

Amsterdam et Prague. Deux villes européennes, deux villes que tout oppose : l’une, plongée dans la mer, regarde encore les pays lointains et exotiques, les océans interminables et la dure vie des marins sur les vaisseaux de bois. L’autre, posée au coeur du continent, laisse encore percevoir derrière les mornes vestiges du communisme, le luxe ostentatoire de son passé impérial.

Alors que le voyage pour Amsterdam se signalait par l’ennui des interminables plaines belges -pays heureusement très petit, l’arrivée en République tchèque est plus rocambolesque : une fois passé Nuremberg, le paysage change radicalement. Aux plaines du Bade-Wurtemberg succèdent désormais des montagnes couvertes de sombres forêts de conifères. Et l’adjectif « sombre » n’est pas rhétorique : le sommet des gigantesques pins (font-ils 40, 50 mètres?) est à ce point épais qu’il empêche toute lumière de filtrer. On croirait voir les elfes sortir de ces bois épais et s’étendre tranquillement dans l’or des champs de blé!

Une fois redescendues les montagnes de Bohème, et alors que nous nous attendions à parvenir dans une de ces régions recouvertes d’un noir linceul de cendres délicatement déposé par les cheminées de quelque conglomérat industriel soviétoïde, il fallu bien nous rendre à l’évidence : l’anticommunisme primaire de certains membres du groupe nous avait trompé. Non seulement la plaine bohémienne n’était pas toute entière transformée en zone interdite réservée aux stalkers de l’Education Nationale (ou aux ultimes membres du Parti Communiste Français), mais qui plus est, elle était plutôt accueillante, inondée de soleil et de panneaux publicitaires géants et de vie! Si bien qu’il ne nous restait plus qu’à ranger nos compteurs Geiger (qui ne donnaient que des taux de radioactivité 7 fois supérieurs à la norme, contre 50 selon le guide du routard) et à nous dévêtir des combinaisons anti-radiation, qui, il est vrai, commençaient à nous peser depuis la frontière allemande.

D’autant plus que (et là, les lecteurs ainés de ce blog qui voudraient tenter l’aventure bohémienne sont priés d’écouter attentivement), contrairement à une idée souvent répandue par les plus sudistes d’entre nous, il ne fait pas froid en Europe centrale. Il y fait même chaud. Très chaud! C’est donc armés de brumisateurs et de parapluies (à défaut d’ombrelles) que nous sortîmes de la voiture  afin de gagner le havre climatisé de l’hôtel…

… Peu avant d’en ressortir,  non sans avoir auparavant profité de la douche glacée de notre chambre afin d’affronter l’infernale chaleur du dehors (il est pourtant 22h!) mais aussi, force est de l’avouer, l’impressionnante beauté de la ville!

Car, trêve de plaisanterie : Prague est sans aucun doute l’une des plus belles villes du monde. Ce que je m’en vais montrer tout de suite, preuves à l’appui,

1. Le Château

La vieille ville sur la rive gauche de la Vltava (prononcer « Vltava ») est dominée par le Château, ancienne résidence des rois de Bohême aujourd’hui occupée par la présidence tchèque. En fait de « château », il s’agit d’un immense complexe de palais dominé en son centre par la splendide cathédrale Saint-Guy (photo ci-dessus : une peinture murale de la chapelle Saint Venceslas), et qui évoque le Kremlin tant par sa taille que par sa position dans la ville. A noter la légende praguoise selon laquelle il serait impossible d’accéder au Château, de nombreuses personnes étant mortes en tentant de le faire… Bien évidemment, le touriste ne doit pas écouter ces élucubrations!

2 la grande horloge astronomique

Edifiée alors que le géocentrisme régnait encore en maître, l’horloge de Prague permet de distinguer les mouvements de la lune et du soleil autours de la Terre. Son fonctionnement basé sur le système de Ptolémée reste d’ailleurs très obscur, et toute étude y fut interdite après qu’un groupe de scientifiques de l’université de Brno (prononcer « Brno ») se soit laissé mourir de faim  sans être parvenus à remporter le pari qu’ils avaient fait avec leurs collègues de Prague, pari selon lequel ils ne devaient pas se sustenter avant d’avoir pu lire la date du jour sur l’horloge astronomique. Leurs collègues de Prague, ayant appris la nouvelle, se seraient alors jetés d’une fenêtre par dépit, épisode resté célèbre sous le nom de défenestration de Prague.

3. Les églises


Après que la peste réformée eut été extirpée jusque dans les bas-fonds les plus sordides de la ville, il était nécessaire d’affirmer que Prague n’avait jamais cessé d’être la perle catholique de l’Empire, pure de toute influence protestante. Aussi les Habsbourg construisirent-ils de nombreuses églises baroques, toutes plus magnifiques les unes que les autres, comme l’église Saint-Nicolas que vous pouvez admirer sur la photo ci-dessus.

4. Le quartier juif

Prague s’est toujours montré tolérante, y compris envers les juifs! Aussi leur a-t-elle confié un quartier inondable sur la rive droite de la Vltava, dans lequel ils pouvaient construite toutes sortes de bâtiments propres à leur culture (bijouteries, banques, magasins de fourrure, synagogues). Attention : notre public sensible doit savoir que le port de la kippa est obligatoire pour pénétrer dans une synagogue, ce qui, bien entendu, n’est signalé à l’honnête non-juif qu’après le paiement du ticket d’entrée (non remboursable).

5. Les moyens de transport pragois

Trois moyens de transport coexistent à Prague :

1. le tramway : entièrement gratuit, le tramway accueille 20h sur 24 le voyageur qui ne doit pas se laisser intimider par l’apparence soviétoïde des rames. Les chauffeurs, en revanche, ont été récemment remplacés par des robots à l’apparence humaine, mais l’office des transports pragois assure qu’il n’y a aucun danger!

2. le cheval : alternative au tramway, il donne une plus grande liberté de mouvement mais présente un rapport coût/vitesse relativement défavorable depuis que la municipalité a interdit le galop en centre-ville. Aussi, nous conseillons plutôt :

3. la skoda : voiture typique de l’industrie bohémienne, la skoda fut longtemps surnommée en Europe de l’est « la lada du pauvre ». Il fallut attendre la fin du communisme pour que justice soit enfin rendue à cette voiture certes un peu bruyante, mais solide et ô combien attachante. Peu de gens savent par exemple que la skoda est capable de parcourir jusqu’à 250km sans aucun ennui mécanique. Il est loin le temps où les assurances exigeaients une assurance-vie avant de laisser leurs clients acheter une skoda! Et c’est aujourd’hui toute la fierté de l’industrie tchèque que de permettre aux Pragois de parcourir leur ville ou les charmantes campagnes de Bohème au volant d’authentiques modèles de collection 1968, 1977 ou 1984!

Prague est donc l’une des plus belles villes du monde. Joyau de l’architecture baroque, elle témoigne par ses monuments de son ancienne position de capitale impériale nichée au coeur de l’Europe, entre ces vingt nations qui coexistaient pacifiquement sous la douce férule des Habsbourg. Tout semble l’opposer à Amsterdam, cette capitale du futur, et pourtant telle est l’Europe, de tout temps partagée entre la construction continentale et l’appel du grand large, entre les monuments millénaires et les navires largués vers l’inconnu, entre le poids de l’histoire et la liberté du présent!

Et pourtant, ces deux faces d’un même continent, d’une même culture, forment bien un tout. Auquel j’appartiens, plus que jamais!

Cycle villes européennes : Amsterdam

septembre 8, 2010

Amsterdam et Prague. Deux villes européennes, deux villes que tout oppose : l’une, plongée dans la mer, regarde encore les pays lointains et exotiques, les océans interminables et la dure vie des marins sur les vaisseaux de bois. L’autre, posée au coeur du continent, laisse encore percevoir derrière les mornes vestiges du communisme, le luxe ostentatoire de son passé impérial.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que (du moins au départ de Paris) le voyage pour Amsterdam est une véritable sinécure. A vrai dire, le plus grand risque qui guette le conducteur vient de l’ennui mortifiant du paysage. Quoi d’étonnant à ce que, de Bouvines à Waterloo, tant de batailles se soient déroulées en cette morne plaine où nul obstacle ne bloquait les ambitions des rois ?

Une fois arrivé à Amsterdam, il faut bien se rendre à l’évidence : il y aura de l’eau. Beaucoup d’eau. C’est donc entre deux canaux que l’on se gare (gratuitement, les Pays-Bas n’exportant pas leurs PV vers la France : qui a dit que l’absence de construction européenne était une mauvaise chose?) peu avant de se rendre vers le centre-ville, guidés par d’autres canaux que nous pouvons suivre jusqu’à tomber sur un énième canal, à moins que l’avant dernier canal ne nous ait finalement conduit à la mer!
Mais c’est certainement la mauvaise foi du pied montagnard qui parle en moi, car selon ce plan de la « ville-centre » (dire : windebrük) au XVIIIème siècle, le plan des canaux obéit en fait à un ordre parfaitement rationnel.

Observez sur ce plan la manière dont les canaux entourent l’île centrale en formant une série de réseaux parallèles. Il faudrait être stupide, ou avoir absorbé des produits spécifiquement néerlandais, pour envisager de s’y perdre.

Mais à Amsterdam, il y a plus que de l’eau : il y a un port. Bon, certes, cela fait bien longtemps que le port d’Amsterdam n’en est plus vraiment un, mais on se rappelle, au détour d’une vieille frégate arborant fièrement l’étendard tricolore marqué de la VOC ou en passant près de la magnifique gare centrale construite en front de mer, la destinée maritime de la ville, et l’incroyable puissance que la minuscule Hollande a su en retirer, elle qui a pu tenir deux siècles durant la dragée haute à l’Espagne de Philippe II et la France de Louis XIV, avant que de s’ouvrir trop facilement aux glorieuses armées de la Révolution.

La puissance maritime fit aussi de la république des Provinces-Unies une société dépourvue d’aristocratie, et, par conséquent, très égalitaire pour l’époque. L’aspect général des maisons (qui se ressemblent beaucoup et refusent toute ostentation : nous sommes en pays protestant) comme l’absence d’architecture monumentale marque clairement cela. On cherchera en vain à Amsterdam l’équivalent des grands hôtels particuliers et des palais parisiens, ou d’une place Stanislas… Bien que dépourvue de cette architecture de grandeur qui fait la gloire des villes françaises, Amsterdam n’en reste pas moins une ville au charme immense bien qu’indéfinissable, car il est difficile de le relier à un « grand » monument, une « grande » place qu’il faudrait absolument visiter.

Mais Amsterdam, ce n’est pas qu’une grande histoire maritime, c’est aussi un présent… euh… spécial. Car il faut le dire, l’amateur de sensations fortes (ou plus douces, d’ailleurs) trouve à Amsterdam tous motifs d’être satisfait. Attention, cependant, car les produits, substances et biens immatériels susceptibles d’être consommés à Amsterdam peuvent s’avérer dangereux. Aussi, une petite classification s’impose, que nous ferons arbitrairement commencer du plus inoffensif pour l’achever au plus nocif des produits en vente libre à Amsterdam.

1. La mimolette


Sympathique formage néerlandais, la mimolette a la particularité de ne posséder ni odeur ni goût particulier. Accompagne généreusement vos repas, particulièrement lors de l’entrée, du plat de résistance et du dessert. Peut aussi être servi à l’apéritif.

2. le cannabis


Plante typique des Pays-Bas. Pousse dans des lieux extrêmement nombreux nommés « coffee-shop ». S’accompagne généralement de fumée et d’une odeur caractéristique. Suscite un grand engouement fêté durant la saison du cannabis, qui se déroule généralement durant toute l’année. malheureusement, la plupart des fumeurs de cannabis n’ont pas conscience de participer à une grande tradition néerlandaise, situation à laquelle l’office du tourisme tente de remédier.

3. la tulipe


L’autre plante typique des Pays-Bas, uniquement visible sous forme de sachets plastifiés (à l’exception de la saison des tulipes où les sachets libèrent provisoirement les fleurs). Attention : seuls les sachets comportant la mention « graine de tulipe du pays » contiennent effectivement des graines de tulipes. Les sachets non-identifiés contiennent généralement des graines d’autres espèces végétales (fougère, rhododendron, pavot). La dangerosité  relative de la tulipe vient de ce que certains tentent de la fumer : la mairie se déclare démunie devant ce nouveau phénomène.

4. la pute

La pute néerlandaise base son commerce sur la frustration. En effet, bien que largement plus attirante que son homologue des autres pays européens, elle se dissimule derrière une vitre qui lui permet paradoxalement de s’exhiber de manière bien plus provocante, suscitant ainsi chez l’Européen moyen une réaction pouvant l’amener à dépenser 30 euros pour dix minutes de sexe (compter par la suite 30 euros à la minute) afin de ne pas repartir frustré. A noter que la thèse selon laquelle les lumières rouges associées aux putes seraient dues à leur affiliation au Parti Communiste néerlandais reste discutée.

5. le vélo (aussi connu sous le nom de bicyclette)

Aux Pays-Bas, le vélo est un objet de la vie quotidienne. Il est de plus muni d’une arme extrêmement dissuasive vis à vis des autres usagers de la route : la sonnette. La sonnette a permis de libérer l’espace des pistes cyclables de piétons et autres objets encombrants. Cependant, des études ayant prouvé que l’usage immodéré de la sonnette provoquait chez les piétons de nombreuses crises cardiaques, voire des réactions de panique qui les conduisaient à se jeter dans les canaux, l’usage de la sonnette a depuis été sévèrement règlementé, avec plus ou moins de succès (en 2008, la sonnette était ainsi encore la troisième cause de mortalité aux Pays-Bas).

6. La croquette (en néerlandais, se dit windebrük)

Première cause de mortalité aux Pays-Bas, la croquette est un objet alimentaire non identifié. Les spécialistes discutent de son origine comme de son utilité réelle. Les « rationalistes » tenant de la thèse selon laquelle la croquette serait une arme de destruction massive des Pays-Bas s’opposent aux « mythologues » pour qui la croquette serait une subsistance des cultes sataniques entretenus par des sectes protestantes entre la fin du XVIème siècle et le milieu du XVIIème siècle. la croquette servirait selon ces derniers aux rituels de passage à l’âge adulte qui permet au garçon de témoigner de sa force virile et du dépassement de soi par l’ingestion d’une croquette entière!

C’est d’ailleurs après avoir survécu à l’ingestion d’une croquette (et après que son armée eut été anéantie par un bataillon de vélocypedistes hollandais) que Louis XIV décida de faire des Pays-Bas le territoire européen de la diplomatie : Utrecht, Rastatt, Nimegue, la Haye, autant de villes, autant de Traités de paix signés entre les grandes puissances européennes qui forgèrent sur ce minuscules bout de territoire le système diplomatique classique qui régit les relations internationales jusqu’en 1914!

Et c’est sûrement dans la continuité de cette tradition paneuropéenne qu’Amsterdam reste sûrement aujourd’hui l’une des villes les plus accueillantes qui soient, et qui le restera, du moins faut-il l’espérer

Sur ce, comme le disent les Néerlandais, windebrük à tous!

Engagez-vous!

mai 31, 2010

Tu es européen, tu es jeune, tu te sens concerné par l’avenir du monde, le sort des Palestiniens et la cuisine à l’huile, tu es plein d’énergie mais tu ne sais pas comment exprimer ton amour débordant pour les grandes causes de ce monde? Rejoins donc la Flotte de la liberté!

La Flotte de la liberté te permettra de voyager en Méditerranée (tous frais payés*) à la découverte de paysages sublimes. Embarque sur un bateau de la liberté, et vient sillonner la mer sur les traces des grands citoyens engagés du passé, d’Ulysse à Pythéas, à la découverte des subtiles sirènes de notre temps, qui accompagneront de leur chant béni**  la mission humanitaire de la Flotte.

A travers ses escales nombreuses, la Flotte de la liberté te donnera un vaste aperçu de cette mer aux enjeux si complexes et fascinants. A chaque escale, tu auras l’occasion de confronter ta révolte et ton écoeurement à la révolte et à l’écoeurement de tant d’autres européens, qui, comme toi, sont révoltés et écoeurés du capitalisme, de la faim dans le monde, de la cuisine au beurre et du sort réservé aux Palestiniens par l’Etat impérialiste et colonialiste d’Israël. Chaque rencontre contribuera ainsi à forger une opinion pro-palestinienne et une révolte contre le sionisme criminel qui te sera propre, et fera de toi un être exceptionnel, citoyen éclairé et conscient des enjeux de notre temps!

Ainsi, devenu un homme nouveau dans les embruns de la mer millénaire, tu débarqueras sur les plages de Gaza***, cette immense prison à ciel ouvert dans laquelle survivent un million de Palestiniens, enfermés là sans raison par l’hydre sioniste. Tu y seras accueilli avec joie par nos représentants sur place qui t’indiqueront les chambres d’hôtel réservées par nos soins. La durée du séjour sur place dépendant de notre cher organisateur, tu pourras en profiter pour offrir tes talents aux chers administrateurs et amis de Gaza, qui donnent jusqu’à la dernière goutte de leur sueur pour le réconfort et le soutien aux civils gazaouis victimes de l’oppresseur sioniste. Là-bas, tu découvriras une nouvelle forme d’entraide et de générosité qui te permettront d’oeuvrer dans le sens des valeurs critiques et populaires que tu auras appris à apprécier durant ton périple.

Citoyen engagé, rejoins-nous donc!

Ceci est un message promotionnel en faveur de l’association « une flotte pour la Palestine »****


* La direction décline toute responsabilité dans les frais supplémentaires éventuellement occasionnés par la situation politique de certaines escales. Prévoir devises (euro, dollar, sterling, yen, CFA, -éventuellement deutsche mark pour parer à toute éventualité) en cas d’immobilisation imprévue du navire pour cause de déroutement ou d’abordage, ainsi que des cartes au 1/50 000 en cas (très peu probable) d’échouage.
** prévoir des écouteurs pour les heures de prières, auxquelles la direction recommande d’ailleurs de participer quelques fois (voir la partie « ouverture culturelle » du guide de voyage, p. 7 à 9).
***  La direction décline toute responsabilité en cas de problème dans le débarquement. Lors d’un éventuel abordage, veuillez vous conformer aux règles de sécurité définies en pages 12 et 13 (paragraphes 1.5 à 1.9), ainsi que les suppléments « inconvénients de voyage » réservés aux cas d’abordages par des troupes manifestement hostiles. Nous rappelons aux aimables participants que le lancer de tomates, d’oeufs ou de tout objet contondant sur des troupes hostiles reste déconseillé par l’ensemble de nos guides touristiques.
**** Association à but non lucratif. Vous pouvez contacter nos différents services aux agences suivantes : Beyrouth, Gaza, Londres, Sarajevo, Shiraz, Teheran, Tripoli, Tyr.

Lâcheté des Américains…

avril 29, 2010

… cela n’arriverait jamais de ce côté-ci de l’Atlantique, où nos meilleurs dessinateurs ont le courage de représenter Benoît XVI en pédophile ou en nazi!

Pacifisme (II)

février 21, 2010

Pierre-André Taguieff dans son ouvrage sur Julien Freund – Julien Freund, au cœur du politique – relate un dialogue savoureux entre le philosophe Jean Hyppolite et Julien Freund lors de la soutenance de thèse de ce dernier, en 1965 à la Sorbonne.

Des années plus tôt, Hyppolite, penseur marxiste convaincu, avait révoqué Freund en des termes pour le moins expéditifs après avoir obtenu de lui les cent premières pages de sa thèse devenue célèbre, L’Essence du politique :

« Je suis socialiste et pacifiste. Je ne puis diriger en Sorbonne une thèse dans laquelle on déclare : Il n’y a de politique que là où il y a un ennemi.»

Freund déçu s’était alors tourné vers Raymond Aron qui accepta de prendre la relève. Le jour de la soutenance, Hyppolite attaqua sévèrement :

«Sur la question de la catégorie de l’ami-ennemi, si vous avez vraiment raison, il ne me reste plus qu’à aller cultiver mon jardin.»

Freund répliqua :

«Écoutez, Monsieur Hyppolite, vous avez dit […] que vous aviez commis une erreur à propos de Kelsen. Je crois que vous êtes en train de commettre une autre erreur, car vous pensez que c’est vous qui désignez l’ennemi, comme tous les pacifistes. « Du moment que nous ne voulons pas d’ennemis, nous n’en aurons pas », raisonnez-vous. Or c’est l’ennemi qui vous désigne. Et s’il veut que vous soyez son ennemi, vous pouvez lui faire les plus belles protestations d’amitiés. Du moment qu’il veut que vous soyez son ennemi, vous l’êtes. Et il vous empêchera même de cultiver votre jardin.»

Hyppolite répondit :

«Dans ce cas, il ne me reste plus qu’à me suicider.»

Taguieff cite ensuite le commentaire critique fait par Raymond Aron à propos de Hyppolite et rapporté par Freund :

«Votre position est dramatique et typique de nombreux professeurs. Vous préférez vous anéantir plutôt que de reconnaître que la politique réelle obéit à des règles qui ne correspondent pas à vos normes idéales.»

La source de cette anecdote.

La source des illustrations, qu’elle fait toujours du bien par où elle passe.

Aidez Mahmoud!

février 11, 2010

Toi aussi, dans un esprit d’ouverture à l’autre et de dialogue des cultures anti-impérialiste, tu peux aider Mahmoud, le Monde Diplomatique et Thierry Meyssan à repérer les agents de la CIA infiltrés en Iran.

Pour cela, réponds aux questions suivantes :

Question 1

Cette affiche représente :

1. Une femme dénudée et couverte de tatouages. L’exemple même de la sous-culture impérialiste véhiculée par l’occident décadent et ses affidés sionistes.
2. Une femme dénudée et couverte de tatouages. Probablement un agent du Mossad ou de la CIA
3. Une femme dont l’attitude et la tenue vestimentaire reflètent une absence flagrante de dialogue avec la culture islamique et un manque total d’ouverture citoyenne envers les autorités iraniennes. C’est dommage!
4. Je ne sais pas. Mais quand même, si elle est libre, ce soir…

Question 2 :

Cette photographie représente :

1. Des suppots de Satan et de la décadence occidentale, défilant sous l’inspiration du Malin et qu’il faut écraser dans le sang. Allah reconnaîtra les siens.
2. Un vulgaire photoshop des impéralistes américano-sionistes. En fait, il n’y avait que 50 personnes, dont la moitié étaient des agents de la CIA.
3. Manifester contre le CPE, ça n’a qu’un temps. Tous ces pauvres gens ne comprennent pas que leurs actions nous empêchent de dialoguer sereinement avec le régime iranien. Ils feraient mieux de rentrer chez eux et de respecter les traditions culturelles de leur pays.
4. Et tout ça grâce à twitter, quand même, hein! Si c’est pas génial! C’est clairement l’effet internet! Je vous l’avais dit, hein!

Question 3

Cette photographie représente :

1. Le jugement d’Allah!
2. L’arrestation d’un agent de la CIA par les militants démocrates du président Ahmaninedjad. Où est le problème?
3. Des agents policiers maitrisant un sujet de toute évidence malintentionné à leur égard. Certes, ces agents n’ont pas l’air très amicaux, mais est-ce pour autant une raison d’agiter un sac à main potentiellement dangereux sous les yeux des agents de la force publique?
4. C’est quand même une atteinte aux droits de l’homme!

Question 4

Cette photographie représente :

1. Une chienne d’occidentale. Elle a pas fini d’en baver!
2. Une pôôôvre occidentale qui essaye de se faire passer pour une vistime des mééééchants musulmans. Dites, vous ne trouvez pas étrange qu’elle se soit rendu en Iran juste avant le début des actions menées par la CIA et le Mossad?
3. Certes, cette jeune étudiante paraît honnête. Mais tout de même, elle aurait du s’abstenir de participer à des actions hostiles envers le pouvoir en place, et qui ne facilitent pas la mission de dialogue des cultures qui est la sienne.
4. O… Et sinon, quand rentre-t-elle en France? Non, je dis ça comme ça…

Pour plus d’informations ou pour mener des dénonciations citoyennes et participatives, vous pouvez vous adresser aux sites suivants :
http://www.monde-diplomatique.fr/

http://www.voltairenet.org/

http://www.csa.fr/ (bon, celui-là, j’avoue, c’est pour le plaisir ;-)