Cycle villes européennes : Amsterdam

septembre 8, 2010

Amsterdam et Prague. Deux villes européennes, deux villes que tout oppose : l’une, plongée dans la mer, regarde encore les pays lointains et exotiques, les océans interminables et la dure vie des marins sur les vaisseaux de bois. L’autre, posée au coeur du continent, laisse encore percevoir derrière les mornes vestiges du communisme, le luxe ostentatoire de son passé impérial.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que (du moins au départ de Paris) le voyage pour Amsterdam est une véritable sinécure. A vrai dire, le plus grand risque qui guette le conducteur vient de l’ennui mortifiant du paysage. Quoi d’étonnant à ce que, de Bouvines à Waterloo, tant de batailles se soient déroulées en cette morne plaine où nul obstacle ne bloquait les ambitions des rois ?

Une fois arrivé à Amsterdam, il faut bien se rendre à l’évidence : il y aura de l’eau. Beaucoup d’eau. C’est donc entre deux canaux que l’on se gare (gratuitement, les Pays-Bas n’exportant pas leurs PV vers la France : qui a dit que l’absence de construction européenne était une mauvaise chose?) peu avant de se rendre vers le centre-ville, guidés par d’autres canaux que nous pouvons suivre jusqu’à tomber sur un énième canal, à moins que l’avant dernier canal ne nous ait finalement conduit à la mer!
Mais c’est certainement la mauvaise foi du pied montagnard qui parle en moi, car selon ce plan de la « ville-centre » (dire : windebrük) au XVIIIème siècle, le plan des canaux obéit en fait à un ordre parfaitement rationnel.

Observez sur ce plan la manière dont les canaux entourent l’île centrale en formant une série de réseaux parallèles. Il faudrait être stupide, ou avoir absorbé des produits spécifiquement néerlandais, pour envisager de s’y perdre.

Mais à Amsterdam, il y a plus que de l’eau : il y a un port. Bon, certes, cela fait bien longtemps que le port d’Amsterdam n’en est plus vraiment un, mais on se rappelle, au détour d’une vieille frégate arborant fièrement l’étendard tricolore marqué de la VOC ou en passant près de la magnifique gare centrale construite en front de mer, la destinée maritime de la ville, et l’incroyable puissance que la minuscule Hollande a su en retirer, elle qui a pu tenir deux siècles durant la dragée haute à l’Espagne de Philippe II et la France de Louis XIV, avant que de s’ouvrir trop facilement aux glorieuses armées de la Révolution.

La puissance maritime fit aussi de la république des Provinces-Unies une société dépourvue d’aristocratie, et, par conséquent, très égalitaire pour l’époque. L’aspect général des maisons (qui se ressemblent beaucoup et refusent toute ostentation : nous sommes en pays protestant) comme l’absence d’architecture monumentale marque clairement cela. On cherchera en vain à Amsterdam l’équivalent des grands hôtels particuliers et des palais parisiens, ou d’une place Stanislas… Bien que dépourvue de cette architecture de grandeur qui fait la gloire des villes françaises, Amsterdam n’en reste pas moins une ville au charme immense bien qu’indéfinissable, car il est difficile de le relier à un « grand » monument, une « grande » place qu’il faudrait absolument visiter.

Mais Amsterdam, ce n’est pas qu’une grande histoire maritime, c’est aussi un présent… euh… spécial. Car il faut le dire, l’amateur de sensations fortes (ou plus douces, d’ailleurs) trouve à Amsterdam tous motifs d’être satisfait. Attention, cependant, car les produits, substances et biens immatériels susceptibles d’être consommés à Amsterdam peuvent s’avérer dangereux. Aussi, une petite classification s’impose, que nous ferons arbitrairement commencer du plus inoffensif pour l’achever au plus nocif des produits en vente libre à Amsterdam.

1. La mimolette


Sympathique formage néerlandais, la mimolette a la particularité de ne posséder ni odeur ni goût particulier. Accompagne généreusement vos repas, particulièrement lors de l’entrée, du plat de résistance et du dessert. Peut aussi être servi à l’apéritif.

2. le cannabis


Plante typique des Pays-Bas. Pousse dans des lieux extrêmement nombreux nommés « coffee-shop ». S’accompagne généralement de fumée et d’une odeur caractéristique. Suscite un grand engouement fêté durant la saison du cannabis, qui se déroule généralement durant toute l’année. malheureusement, la plupart des fumeurs de cannabis n’ont pas conscience de participer à une grande tradition néerlandaise, situation à laquelle l’office du tourisme tente de remédier.

3. la tulipe


L’autre plante typique des Pays-Bas, uniquement visible sous forme de sachets plastifiés (à l’exception de la saison des tulipes où les sachets libèrent provisoirement les fleurs). Attention : seuls les sachets comportant la mention « graine de tulipe du pays » contiennent effectivement des graines de tulipes. Les sachets non-identifiés contiennent généralement des graines d’autres espèces végétales (fougère, rhododendron, pavot). La dangerosité  relative de la tulipe vient de ce que certains tentent de la fumer : la mairie se déclare démunie devant ce nouveau phénomène.

4. la pute

La pute néerlandaise base son commerce sur la frustration. En effet, bien que largement plus attirante que son homologue des autres pays européens, elle se dissimule derrière une vitre qui lui permet paradoxalement de s’exhiber de manière bien plus provocante, suscitant ainsi chez l’Européen moyen une réaction pouvant l’amener à dépenser 30 euros pour dix minutes de sexe (compter par la suite 30 euros à la minute) afin de ne pas repartir frustré. A noter que la thèse selon laquelle les lumières rouges associées aux putes seraient dues à leur affiliation au Parti Communiste néerlandais reste discutée.

5. le vélo (aussi connu sous le nom de bicyclette)

Aux Pays-Bas, le vélo est un objet de la vie quotidienne. Il est de plus muni d’une arme extrêmement dissuasive vis à vis des autres usagers de la route : la sonnette. La sonnette a permis de libérer l’espace des pistes cyclables de piétons et autres objets encombrants. Cependant, des études ayant prouvé que l’usage immodéré de la sonnette provoquait chez les piétons de nombreuses crises cardiaques, voire des réactions de panique qui les conduisaient à se jeter dans les canaux, l’usage de la sonnette a depuis été sévèrement règlementé, avec plus ou moins de succès (en 2008, la sonnette était ainsi encore la troisième cause de mortalité aux Pays-Bas).

6. La croquette (en néerlandais, se dit windebrük)

Première cause de mortalité aux Pays-Bas, la croquette est un objet alimentaire non identifié. Les spécialistes discutent de son origine comme de son utilité réelle. Les « rationalistes » tenant de la thèse selon laquelle la croquette serait une arme de destruction massive des Pays-Bas s’opposent aux « mythologues » pour qui la croquette serait une subsistance des cultes sataniques entretenus par des sectes protestantes entre la fin du XVIème siècle et le milieu du XVIIème siècle. la croquette servirait selon ces derniers aux rituels de passage à l’âge adulte qui permet au garçon de témoigner de sa force virile et du dépassement de soi par l’ingestion d’une croquette entière!

C’est d’ailleurs après avoir survécu à l’ingestion d’une croquette (et après que son armée eut été anéantie par un bataillon de vélocypedistes hollandais) que Louis XIV décida de faire des Pays-Bas le territoire européen de la diplomatie : Utrecht, Rastatt, Nimegue, la Haye, autant de villes, autant de Traités de paix signés entre les grandes puissances européennes qui forgèrent sur ce minuscules bout de territoire le système diplomatique classique qui régit les relations internationales jusqu’en 1914!

Et c’est sûrement dans la continuité de cette tradition paneuropéenne qu’Amsterdam reste sûrement aujourd’hui l’une des villes les plus accueillantes qui soient, et qui le restera, du moins faut-il l’espérer

Sur ce, comme le disent les Néerlandais, windebrük à tous!

Manifeste pour un racisme vertueux

juin 6, 2010

On associe souvent racisme et antisémitisme.

A tort, selon moi : l’antisémitisme est un phénomène intellectuellement bien plus intéressant que le racisme.

Honnêtement, de nos jours, qui sont les racistes, les véritables racistes, capables de disserter des heures durant sur la classification des races suivant leur degré d’évolution tout en se contorsionnant pour prouver que Murakami, Rushdie ou Pouchkine sont bien des représentants purs de la race supérieure? Pouvez-vous en citer un seul? Pouvez-vous trouver un seul site honorablement raciste? (attention : je ne parle pas de cette banale xénophobie de PMU exposée à longueur de journée chez les neuneus de François Dessouche, et dont la seule activité intellectuelle semble consister à compter les racailles dans la banlieue du coin).

Réflexion faite, pourtant, j’en trouverais bien un. (ça va le MRAP, pas trop déçu?)

Et encore, Kemi Seba se revendique autant de l’antisémitisme que du racisme. Pire  : en abandonnant officiellement le suprématisme noir, il semble délaisser le racisme pour se recentrer sur le créneau antisémite. Un signe des temps.

Maintenant se pose évidemment la question : qu’est-ce qui rend l’antisémitisme si intemporel, et, osons le mot, si glamour?

Du laius inutile de réponses moralisantes (la « bête immonde » tapie en chacun de nous, la « connerie humaine ») ou auto-justificatrices (les juifs sont trop « repliés » sur eux-mêmes, ils instrumentalisent leurs malheurs depuis 25 siècles : la preuve, lisez la Bible XD mdr), on peut détacher une base de réflexion : le juif est un objet de projection. Mieux : il est la meilleure machine à fantasme jamais conçue.

Du philosémite à l’antisémite, chacun peut y aller de sa petite construction intellectuelle plus ou moins névrotique, l’un voyant dans « le juif » la réalisation parfaite de l’esprit internationalisé et détaché des basses contraintes nationales et territoriales des autres peuples, un modèle d’autant plus parfait qu’il est vacciné à jamais de la petitesse nationaliste et militariste par les gaz d’Auschwitz. L’autre, au contraire, voit dans le juif apatride l’horreur d’une humanité dépourvue de territoire et de conscience. Agissant par pur intérêt, le juif ignore la profondeur d’un sentiment et n’a de cesse de désirer ce qui lui manque. Etre du vide et de l’absence, il porte symboliquement le poids de tous les malheurs du monde.

Et c’est là, au sein même de ce double fantasme entretenu par le philo et l’antisémite que se niche Israël.

Qu’est-ce qu’Israël? Un Etat. Un Etat comme on n’en fait plus depuis des siècles (à part en Russie et -peut-être- aux Etats-Unis), plus attaché à sa souveraineté qu’un Louis XIV, à son armée qu’un Napoléon et à son territoire qu’un Français. Une construction politique du XXème siècle, mais qui semble sortie armée et casquée du XVIIème. Point donc de ces constructions politiques grotesques qui, des nationalismes arabes aux « chants d’espoir » socialistes ou fascistes en passant par les militarismes latino-américains, ont plongé par milliards les êtres humains dans l’arbitraire, la terreur et la démence.

Juste un Etat souverain au sens fort du terme, dont on ne juge pas la diplomatie avec les critères de Maastricht et de Rome, mais avec ceux de Westphalie, de Nimègue et de Vienne. Un Etat convaincu, contre toutes les leçons des Européens postmodernes, que la liberté et le droit ne se conservent qu’au fil de l’épée. Pire : un Etat qui, malgré son militarisme, n’en croit pas moins charnellement aux vertus de la démocratie, du droit et de liberté, et réussit tout autant à les mettre en pratique que n’importe quelle démocratie postmoderne soumise au diktat permanent de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, et cela va sans dire, infiniment mieux que la série brevetée d’Etats dégénérés issus des poubelles idéologiques du XXème siècle.

Pour le philosémite, postmoderne et éthéré, l’Israélien est donc la trahison de son idéal. Il est celui qui a renié son identité, ou, plus précisément, l’identité que le philosémite projetait en lui. Chaque minute de l’existence d’Israël est  une trahison. Chaque goutte de sang versée au nom de cet Etat est un crime plus épouvantable que le pire des génocides, raison pour laquelle la mort d’un seul Palestinien mérite plus d’attention que celle de millions de Coréens du Nord anéantis par leur propre gouvernement. Car, vous comprenez, d’un côté, il y a normalité : les dictatures tuent, c’est dans l’ordre des choses. En revanche, un Israélien tuant son prochain, voilà le seul Crime!

Et, vérifiant l’adage selon lequel il n’est pire ennemi qu’un idéaliste déçu, les philosémites sont peu à peu devenus les plus grands convoyeurs du fiel anti-israélien. Obsédés par Israël comme l’amoureux transi pour la femme tant aimée, ils ne cessent de la suivre, de l’épier, de lui accorder sans cesse une attention dont elle se passerait bien, la pauvre, mais qu’elle ne peut rejeter d’un revers de main, quoique
Bien entendu, Israël n’est jamais assez irréprochable, ses mots sont toujours trop tranchants, ses gestes n’ont jamais tant de grâce que lorsqu’ils nous sont destinés. Et ses amants, ses amants…!

Dans quel désespoir ces amoureux transis sont-ils de voir l’objet de tous leurs désirs convoler en justes noces avec ce qu’ils considèrent comme l’ennemi par excellence, cet (autre) Etat croyant encore aux vertus de l’histoire et de la liberté, cet Empire… Quels efforts ne font-ils pas pour remettre cette femme tant aimée dans le droit chemin! Combien de pétition, combien d’articles, combien de livres et de contributions! Et tout cela en vain…

Si bien qu’enfin, dérivant dans l’océan de sa mélancolie, le philosémite voit l’éternel objet de son amour quitter sa banale conversation sans même lui accorder un regard, ni un mot, et voguer vers d’autres rivages.

C’est le retour à la réalité, brutal. Finalement, cette grande indifférente, cette femme rebelle, méritait-elle mon amour? Et ce rival qui lui logea une balle dans la poitrine jadis, n’avait-il pas de bonnes raisons de le faire? Ne dissimulait-elle pas en elle les germes de la trahison et de la discorde? Cette femme tant aimée n’aurait-elle été que mensonge et dissimulation? Sa beauté, ses mots aiguisés pour séduire, sa grâce : autant de mensonges, développés au fil des ans par une créature dont les mots, comme autant de serpents, répandaient leur venin sur mes idéaux, une créature perverse et dangereuse, une traitresse, une abomination.

Arrivé à ce point, on pourrait se dire qu’il n’est pire chose que le philosémite puisse penser d’Israël, et qu’il ne pourra faire pire que de haïr cet Etat de 7 ou 8 millions d’habitants. Pourtant, il y a pire encore : le philosémite peut se convaincre qu’il se doit de sauver Israël d’elle-même [petit intermède : Israël doit-il être considéré comme un nom propre de genre masculin ou féminin? Dans l’attente d’une éventuelle réponse et dans l’intérêt de ce récit métaphorique, nous continuerons à employer le féminin].

Dès lors, la ridicule Flottille pour la paix prend tout son sens. Ainsi que la réaction européenne après l’abordage : « c’est donc qu’elle est à ce point diabolique? », ne vaudrait-il mieux pas qu’elle n’ait jamais existé…

L’antisémite est en apparence plus simple que le philosémite. Considérant Israël comme l’Etat juif, autrement dit l’abomination, il n’a de cesse de vouloir le délégitimer. Pour cela, il utilise les chambres à gaz, une création des juifs eux-mêmes qui n’hésitent pas, dans leur monstruosité, à inventer les histoires les plus abracadabrantes [on peut relire L’étoile mystérieuse pour s’en convaincre : tiens, étrangement, on en parle moins que de Tintin au Congo] pour arracher à la communauté internationale le bout de terre qui servira de base de départ à sa méthodique conquête du monde. On en baillerait presque si, au négationnisme, ne s’ajoutait le très rebattu complot juif intergalactique, qui, du Protocole des Sages de Sion au CRIF, en passant par l’Alliance martienne et le Modem, n’avait de cesse de comploter affreusement pour nous imposer, euh, on ne sait trop quoi, mais sûrement quelque chose de terrifiant et d’indiscible.

Bien évidemment, après Auschwitz, les antisémites n’obtiennent en Occident qu’une audience clairsemée. Ils prêchent donc dans le désert et profitent de la base de repli offerte par le monde arabo-musulman en attendant des jours meilleurs. Or, ces jours ont fini par arriver.

Car on rigole, on s’amuse, mais pendant ce temps, une ligne de convergence vient de s’établir entre philo et antisémites : pour sauvegarder leur idéal, Israël doit être anéanti. Le discours de la délégitimation de l’existence d’Israël triomphe désormais en Europe. La femme au port altier est rattrapée par l’ancien amoureux, qui tente vainement de dissimuler ses bouffées de ressentiment sous le masque du transport sentimental ou de la rationalisation absurde.

Cette convergence est facilitée par une double évolution dans la thèse du complot juif : d’une part, la focalisation malsaine et pleurnicharde des sociétés européennes sur Auschwitz semble accréditer la thèse antisémite selon laquelle les juifs imposent leur domination par l’appel à la mémoire torturée (et donc à la faiblesse) des Européens. D’autre part, les bons rapports entre Israël et les communautés juives américaine ou française, chacune structurée par des organisations représentatives (AIPAC et Crif), offre un point de fixation concret à la théorie du complot mondial, qui peut ainsi être rationalisée sans avoir recours aux ridicules Protocoles et autres Illuminatis.

Et cette convergence ne se masque même plus, désormais, les tenants de l’ancien philosémitisme participant sans remords aux opérations de propagande du Hamas. Certes, leurs cries d’orfraie dès lors qu’on les place face au fait accompli réussissent à tromper quelques bonnes âmes.

Mais point de faux-semblants pour l’Eve, cette première femme qui en a vu passer des antisémites, par convois entiers. Remettre en cause la légitimité de l’Etat d’Israël, c’est remettre en cause son droit à l’existence. C’est donc, pour ceux qui ont le courage de leur opinion, rejeter en toute conscience 7 millions de juifs à la mer. Comment donc, « nous ne voulons pas cela »? Tant de commentaires haineux sur rue89 et le monde.fr pour maintenant jouer les mijorées? Lâches que vous êtes! Inconséquents dans votre sentimentalisme pleurnichard comme dans votre haine rance!

J’en viendrais presque à croire que c’est l’inconséquence de ses ennemis qui sauvera Israël, bien plus que ses chars d’assaut!

Quant à moi, je m’en vais rêver à un retour du racisme. Un racisme beau, neuf et parfait, qui puisse tout à la fois convaincre le monde de l’éminente supériorité de la race blanche tout en se parant du masque de la vertu et du droit international.

Mieux, je m’en vais rêver d’une résolution de l’ONU promouvant la supériorité de l’Occident, et qui sera, je n’en doute pas, approuvée par les représentants des races dégénérées d’Afrique et d’Asie sans que cela ne pose le moindre problème aux si nombreuses -et si dévouées- bonnes consciences que compte l’Europe occidentale…

Pensée du jour

juin 2, 2010

« C’était comme dans un film de guerre »

Un passager grec, à propos de sa croisière en Méditerranée orientale.

Engagez-vous!

mai 31, 2010

Tu es européen, tu es jeune, tu te sens concerné par l’avenir du monde, le sort des Palestiniens et la cuisine à l’huile, tu es plein d’énergie mais tu ne sais pas comment exprimer ton amour débordant pour les grandes causes de ce monde? Rejoins donc la Flotte de la liberté!

La Flotte de la liberté te permettra de voyager en Méditerranée (tous frais payés*) à la découverte de paysages sublimes. Embarque sur un bateau de la liberté, et vient sillonner la mer sur les traces des grands citoyens engagés du passé, d’Ulysse à Pythéas, à la découverte des subtiles sirènes de notre temps, qui accompagneront de leur chant béni**  la mission humanitaire de la Flotte.

A travers ses escales nombreuses, la Flotte de la liberté te donnera un vaste aperçu de cette mer aux enjeux si complexes et fascinants. A chaque escale, tu auras l’occasion de confronter ta révolte et ton écoeurement à la révolte et à l’écoeurement de tant d’autres européens, qui, comme toi, sont révoltés et écoeurés du capitalisme, de la faim dans le monde, de la cuisine au beurre et du sort réservé aux Palestiniens par l’Etat impérialiste et colonialiste d’Israël. Chaque rencontre contribuera ainsi à forger une opinion pro-palestinienne et une révolte contre le sionisme criminel qui te sera propre, et fera de toi un être exceptionnel, citoyen éclairé et conscient des enjeux de notre temps!

Ainsi, devenu un homme nouveau dans les embruns de la mer millénaire, tu débarqueras sur les plages de Gaza***, cette immense prison à ciel ouvert dans laquelle survivent un million de Palestiniens, enfermés là sans raison par l’hydre sioniste. Tu y seras accueilli avec joie par nos représentants sur place qui t’indiqueront les chambres d’hôtel réservées par nos soins. La durée du séjour sur place dépendant de notre cher organisateur, tu pourras en profiter pour offrir tes talents aux chers administrateurs et amis de Gaza, qui donnent jusqu’à la dernière goutte de leur sueur pour le réconfort et le soutien aux civils gazaouis victimes de l’oppresseur sioniste. Là-bas, tu découvriras une nouvelle forme d’entraide et de générosité qui te permettront d’oeuvrer dans le sens des valeurs critiques et populaires que tu auras appris à apprécier durant ton périple.

Citoyen engagé, rejoins-nous donc!

Ceci est un message promotionnel en faveur de l’association « une flotte pour la Palestine »****


* La direction décline toute responsabilité dans les frais supplémentaires éventuellement occasionnés par la situation politique de certaines escales. Prévoir devises (euro, dollar, sterling, yen, CFA, -éventuellement deutsche mark pour parer à toute éventualité) en cas d’immobilisation imprévue du navire pour cause de déroutement ou d’abordage, ainsi que des cartes au 1/50 000 en cas (très peu probable) d’échouage.
** prévoir des écouteurs pour les heures de prières, auxquelles la direction recommande d’ailleurs de participer quelques fois (voir la partie « ouverture culturelle » du guide de voyage, p. 7 à 9).
***  La direction décline toute responsabilité en cas de problème dans le débarquement. Lors d’un éventuel abordage, veuillez vous conformer aux règles de sécurité définies en pages 12 et 13 (paragraphes 1.5 à 1.9), ainsi que les suppléments « inconvénients de voyage » réservés aux cas d’abordages par des troupes manifestement hostiles. Nous rappelons aux aimables participants que le lancer de tomates, d’oeufs ou de tout objet contondant sur des troupes hostiles reste déconseillé par l’ensemble de nos guides touristiques.
**** Association à but non lucratif. Vous pouvez contacter nos différents services aux agences suivantes : Beyrouth, Gaza, Londres, Sarajevo, Shiraz, Teheran, Tripoli, Tyr.

Au PS, on n’a pas d’idées, mais on a des Congrès.

mai 29, 2010

« Au PS, le vrai travail commence », a confié Martine Aubry lors de la dernière Convention du Parti. L’occasion de revenir sur l’un des coups de génie organisationnel du PS : le Congrès.

Le congrès consiste à appeler un certain nombre de congressistes, les délégués, à les réunir dans une grande salle (point trop grande non plus, il est important qu’elle paraisse remplie) afin qu’ils viennent écouter des discours ennuyeux. A la fin d’un discours, les gentils organisateurs des congrès circulent dans les rangs afin de réveiller les délégués qui ont alors l’occasion d’applaudir. Cela leur est d’autant plus aisé que la fin d’un discours indique en général la survenue de la pause petits-fours.

Puisqu’il faut bien justifier la tenue d’un congrès, autrement que par la qualité des petits-fours et les prospectus touristiques disponibles dans l’office du tourisme de la ville organisatrice, les socialistes organisent en général une dispute.
La dispute est un rituel du congrès socialiste. Elle se mène en général entre des équipes, nommés des courants. Chaque courant est formé par un leader, appelé camarade (parfois charismatique, mais souvent non, dans la mesure où le charisme participe à une individualisation malsaine de la politique qui tend à mettre en évidence un personnage au détriment de ses idées : on appelle ça la pipolisation) et animé par des gentils organisateurs, aussi appelés personnes de conviction. Il arrive parfois qu’un courant soit formé par plusieurs camarades, au cas où un homme de conviction accéderait à la position convoitée de camarade de courant, ou lorsque plusieurs camarades décident de fusionner les motions.

La motion est le texte proposé par un courant. Il est formé d’un assemblage de phrases, débute par une majuscule et se termine généralement par un point (il arrivait souvent qu’une motion se termine par un point d’exclamation lorsque la dernière phrase était « à bas le capitalisme ! » ou encore « non à la droitisation du parti ! »). La motion présente généralement des idées pour un projet de société. Elle est remise à la direction après avoir reçu l’aval des comités de conformité morale, écologique, éthique et citoyenne.

Une fois toutes les motions remises, la dispute commence entre la motion A, pour une société « antilibérale et écologiquement responsable, dans le respect des libertés citoyennes de chacun », la motion B, pour un monde « plus juste et écologiquement responsable, dans le respect des libertés citoyennes de chacun » et la motion C, pour une société « qui promeuve le développement durable et la responsabilité écologique et sociale de tous, dans un monde où le libéralisme soit au service des citoyens, et non le contraire ».

Les disputes sont ritualisées : chaque camarade de courant vient exposer sa motion devant les autres en faisant un discours ennuyeux, que chaque délégué aura pu parcourir auparavant à l’écrit, de même que les services de presse qui en profitent pour manger des petits-fours. La réussite du courant durant le congrès se mesure généralement à l’écoute du discours par les autres camarades, qui peuvent :
– écouter avec un sourire poli. C’est généralement bon signe.
– écouter en hochant la tête. C’est généralement bon signe.
– écouter en faisant des blagues avec leur voisin(e), dont tout le monde se demande si c’est une vraie blague, ou uniquement un effet de mise en scène destiné à faire jaser les services de presse afin que les petits fours ne disparaissent pas tous avant la fin du discours. Quoiqu’il en soit, c’est généralement bon signe.
– ne pas être présent, mais indiquer que cette absence est due à des raisons externes à leur propre volonté, qui n’a donc rien à voir avec la teneur du discours et la qualité de la motion proposée par le courant, qui obtient bien évidemment tout leur soutien. C’est généralement bon signe aussi.

Lorsque les discours sont passés, les gentils membres du parti, aussi appelés les militants, sont appelés à voter pour décider laquelle, de la motion A, de la motion B ou de la motion C est la plus proche de leur sensibilité politique. Une fois le vote passé et les résultats connus, une synthèse entre les trois motions est proposée par le grand leader du parti, aussi appelé premier secrétaire. La synthèse consiste à prendre des mots dans la motion A, la motion B et la motion C, afin de les mélanger pour donner une motion ABC. Suivant le vote des militants, la motion ABC sera déséquilibrée en faveur de l’une ou l’autre des motions originelles. Par exemple, si la motion A est arrivée en tête, la synthèse sera ABC. De même, si la motion B est arrivée en tête, la synthèse sera ABC. Le camarade à la tête du courant dont la motion est arrivée la première se voit attribuer une place de choix à la direction du parti, aussi appelée le secrétariat national.

Les militants sont appelés à voter pour approuver la motion de synthèse. Il est rare que la motion de synthèse soit refusée, dans la mesure où aucun gentil organisateur ne circule pour réveiller les militants avant le vote. Une fois adoptée, la motion ABC devient le programme du parti jusqu’au prochain congrès. Le programme sert à patienter une fois que les petits-fours sont terminés.
A la fin du congrès, les survivants décident de la date du prochain congrès. Les autres sont renvoyés dans leur cellule, aussi appelée section du Parti. Enfin, certains reviennent à la vie et chantent l’Internationale. En général, ils meurent aussitôt après.

La pensée du jour

mai 16, 2010

« Aller faire la mariole dans une manif anti-dictateur dans un pays comme l’Iran, faut vraiment être à la masse. Je ne suis pas sur qu’on ait fait une très bonne affaire… »

Milouzze, sur libe.fr, à propos de Clothilde Reiss

L’euro : un problème politique

mai 10, 2010

Dans son soucis de toujours donner le meilleur et la pointe de l’info à son lectorat, l’Eve Future tient à aborder en ce beau jour de printemps 2010 un décryptage de l’actualité européenne.

Bref résumé de la situation : l’incapacité de la Grèce à honorer ses dettes l’a conduite au bord du défaut de paiement depuis quelques mois, alors que le peu d’empressement des membres de la zone euro à venir à son secours entrainait une crise de confiance sans précédent des marchés financiers envers la monnaie unique européenne. Le climax de cette crise de confiance fut atteint la semaine dernière, à la fin de laquelle, après moultes chutes boursières et sueurs froides de dirigeants européens, ceux-ci se sont suffisamment ressaisis pour concocter un plan de sauvetage venu -in extremis- inaugurer l’ouverture des places boursières asiatiques en ce lundi 10 mai 2010. Tout est donc bien qui finit bien.

Sauf que.
Sauf que, encore une fois, l’Europe n’a pu prendre une décision qu’une fois placée au bord du gouffre.
Sauf que, encore une fois, la décision prise par l’Europe n’a pu l’être qu’une fois placée en dehors de toute règle de droit préétablie, dans la plus totale improvisation institutionnelle et diplomatique.

C’est là une manifestation supplémentaire de ce drame européen qui ne nous donne le choix qu’entre l’impuissance dans le respect du droit et l’efficacité au mépris de ce même droit. L’impuissance, nous la voyons à chacune de ces manifestations ridicules que l’on nomme « sommets européens » et qui, après maints discours plus surchargés de paix et d’ambition paneuropéenne les uns que les autres, accouchent immanquablement de souris diplomatiques dont chacun sait qu’elles seront à ce point rognées par chaque Parlement/référendum national, qu’elles nous apparaitrons rétrospectivement comme des éléphants…

Quant au mépris du Droit (à travers les règles de fonctionnement de l’UE), la présidence Sarkozy de l’UE (juillet-décembre 2008) nous en avait déjà donné un avant goût, qui vit le président louangé pour un bilan qu’il dut avant tout à sa capacité à s’affranchir des règles de fonctionnement et des Traités (voir son rôle lors de la guerre en Géorgie). Dans quel pays s’imagine-t-on un représentant politique vanté pour sa capacité à dépasser toutes les limites de son mandat ? Au Zimbabwé? Au Turkménistan? Point du tout : c’était en 2008, en plein continent européen, parmi les pays les plus développés et démocratiques qui soient.

D’une certain manière, cette dialectique des décisions difficiles et inacceptables finalement adoptées au mépris des règles communes fait penser au mode de fonctionnement de la république romaine, qui recourait à la Dictature dès lors qu’une situation d’urgence imposait des décisions rapides. A la différence que Rome ne recourait à la magistrature suprême qu’en cas de grand danger militaire, et non pas pour régler quelque petit différent financier…

Et justement, en a-t-on véritablement fini avec la chute de l’euro? Rien n’est moins sûr. En laissant la situation se dégrader au point que le monde a pu croire en l’explosion de la zone euro, les pays européens ont montré la mesure de leur incurie. Pire : ils ont prouvé à la face du monde que les intérêts nationaux restaient au fond plus important que le Bien Commun européen, même lorsque la faillite européenne risque d’entraîner dans son sillage celle des nations… La stabilité d’une monnaie étant affaire de confiance, qui pourra à nouveau croire en une zone monétaire qui n’en est pas une, puisqu’elle n’est pas dotée du pouvoir souverain qui, seul, peut disposer des leviers financiers et de la légitimité populaire qui lui permette de mettre en place une politique monétaire sans plonger les marchés dans l’affolement, ou conduire le peuple à la révolte.

Et ici, j’aimerai en venir à l’idée d’un prétendu « gouvernement économique européen », devenu le temps d’une crise le graal de certains décideurs européens. Nous passerons sur la joyeuse oxymore d’un « gouvernement économique » en régime libéral (Kafka semblent promu à un brillant avenir dans la bureaucratie européenne) pour en venir sans préambule au noeud du problème : un gouvernement, qu’il soit économique, social ou culturel (oui, à ce propos, vous voulez un contrôle de l’Etat sur le marché ou la fixation des salaires, moi, je veux un contrôle de l’Etat sur la radio, internet et les journaux : donnant-donnant, comme dirait Ségolène Royal ;-) ne peut être que soumis à un souverain, pour reprendre le vocabulaire hobbesien, c’est à dire à une instance qui légitimera les décisions de ce gouvernement auprès des peuples européens.

Pourquoi? Tout simplement parce qu’un peuple souverain n’accepte un gouvernement qu’à partir du moment où il est formé en son nom (Rousseau et Hobbes). Rappelons que le gouvernement du peuple souverain a pour rôle de perpétuer l’unité politique au-delà des clivages sociaux, économiques et culturels qui traversent le peuple (Freund). Cette perpétuation de l’unité ne peut elle-même s’accomplir qu’à l’aide de choix politiques réalisés au nom de l’ensemble du peuple, même s’ils le sont simplement par 51% des représentants de ce même peuple. C’est précisément la capacité d’un peuple à se soumettre aux décisions de la majorité -même limitée- qui décide de sa nature politique (d’où l’erreur de Rosenvallon : ce n’est pas du mode de scrutin, mais bien du « désir de collectif » et de son absence que proviennent les problèmes politiques européens). Ainsi, une minorité qui refuserait de se soumettre à la majorité (sous prétexte de se battre pour ses droits, par exemple) condamnerait la communauté politique dans son ensemble à la guerre civile, ou à l’impuissance -à l’impolitique, pour reprendre un terme de Freund.

Dès lors, tout gouvernement est essentiellement politique, et ce n’est que par extension de cette fonction première qu’il s’occupe d’affaires économiques ou sociales. Car les divisions économiques, sociales ou culturelles d’un peuple sont indépassables et ne peuvent être transcendées que par la décision politique : ce fut la grande leçon de Machiavel et -bien malgré eux- des marxistes. Aussi, prétendre mettre en place un gouvernement européen de l’économie sans avoir auparavant fondé la politique d’un Etat européen appuyé sur la souveraineté d’un peuple européen est une absurdité dans les termes.

Une absurdité qui pourrait nous mener loin : d’une part, dépourvu de toute capacité politique, ce gouvernement s’enfermerait dans une prise de décision à l’unanimité, dans la mesure ou l’adoption de la majorité supposerait une légitimité appuyée sur une souveraineté dont il ne dispose pas. Ainsi, ce gouvernement serait-il rapidement réduit à l‘impolitique, condamné à n’accoucher que de souris, comme le sont depuis leur début des Commission Européenne, Parlement Européen et autres machins européens (récemment, le Président et la ministre des Affaires Etrangères de l’Union) que l’on ne cesse d’ajouter depuis 1957 à l’interminable convoi des petits machins, et dont on espère sans doute que de leur petite nouveauté naîtra par magie une légitimité qui, bien évidemment, n’apparaît jamais…

D’autre part, se rendant bien vite compte de l’inefficacité de ce nouveau machin, il est probable que des pro-européens enthousiastes, tout à leur envie de faire progresser leur petit hochet européen sans apparemment comprendre que 50 ans de joujou européen ont lassé nombre des européens les plus enthousiastes, appelleraient bien vite à simplifier le processus de décision : autrement dit, à introduire de la majorité afin que les décisions soient prises rapidement. C’est bien, mais cela pose un problème de taille : les décisions sont prises, mais elles le sont dans le vide de l’absence de souveraineté. Dépourvues de toute légitimité auprès d’un peuple européen qui n’existe pas, elles sont donc vues, au mieux, comme sans intérêt, et au pire, comme les agressions caractérisées de l’ultralibéralisme, l’islam, l’étatisme bruxellois, l’impérialisme franco-allemand (rayez la mention inutile) contre les valeurs des nations européennes, chacune voyant bien entendu le danger suivant sa propre grille d’interprétation politico-culturelle.

Encore une fois, cette tentative de simplification des Institutions aboutirait à un référendum, donc à un ratage et à une (énième) délégitimation de l’idée européenne auprès des peuples : le circuit de 2005 recommencerait ad vitam aeternam, alimentant de sa trainée de frustrations les rêves exotiques de quelques nouvel-ancien populiste que les forces du Bien pro-européen se chargeraient de dénoncer, elles qui ont tout fait depuis plus de 50 ans pour éliminer la peste brune de l’Europe!

Pour conclure : peut-on espérer que l’euro, cette monnaie si critiquée, posera la question des conditions politiques propres à sa préservation? Et que derrière l’émergence d’un gouvernement économique se profile l’espoir d’un véritable gouvernement politique européen? La chose est peu probable, mais, bah, l’espoir fait vivre!

Au pire, nous pouvons penser, comme Napoléon, aux Romains et à leurs Dictatures! Comment, cela ne vous fait pas envie? Faignants que vous êtes!

S’ils sont sensibles

mai 8, 2010

Lâcheté des Américains…

avril 29, 2010

… cela n’arriverait jamais de ce côté-ci de l’Atlantique, où nos meilleurs dessinateurs ont le courage de représenter Benoît XVI en pédophile ou en nazi!

Des îles dans le ciel

avril 25, 2010

Source : Image Science and Analysis Laboratory, NASA-Johnson Space Center.